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samedi 15 février 2014

Arabe, musulman et pro israélien

Abdel Bioud dans le blog de Times of Israel
Adapté par Observatoire du Moyen Orient


Je sais, je sais, je sais ce que vous pensez déjà:'' oh mon Dieu, pas un autre edito sur le conflit israélo-palestinien, avec les mêmes vieux arguments éculés, repetés encore et toujours depuis 60 ans !''. Vous ne pourriez vous tromper d'avantage. Voyez plutôt.

Je m'appelle Abdel. Je suis né en Algérie et j'y ai vécu pendant un peu plus de dix ans. Pendant ce temps, j'ai eu le grand vivre une guerre civile brutale, où les islamistes (soutenus financièrement et moralement par le Hamas, l'Iran et l'Arabie Saoudite) ont essayé de s'emparer du pays pour imposer leur vision du monde à tout le monde. Mes amis et des membres de ma famille ont été tués et le pays a failli sombrer. 

Mes parents, qui à l'époque, étaient des cadres dirigeants, étaient également impliqués politiquement. Plus précisément, ils dirigeaient des partis politiques qui tentaient de debarasser la religion de la politique, et ce ,en plein milieu d'une insurrection islamique.

Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point leur situation personnelle et familiale est devenue plus problématique: menaces de mort régulières, porte à l'epreuve des balles dans notre maison, différents itinéraires et horaires pour se rendre au travail, et cetera. En somme, c'était l'enfer. Oh, vous ai je dit que je suis le vice-président pour la communication du groupe pro-israélien des étudiants de l'Université McGill ?  [NTDLR; Wikipedia : L’université McGill (en anglais : McGill University), située à Montréal au Québec, est une des universités les plus anciennes au Canada et parmi les meilleures universités au monde]
Maintenant, pourquoi? Pourquoi un gars qui est né dans un pays qui ne reconnaît même pas Israël en arrive à le soutenir? Ci-dessous je vous presente les arguments pour Israël du point de vue de quelqu'un qui a grandi et vécu dans un pays qui se définit arabe et musulman.
En tant que libertarien [anti-étatiste], la liberté individuelle, la liberté tout court, sont des valeurs qui me sont très chères.Donc, pour comprendre une situation, j'utilise ces deux valeurs comme principes directeurs pour faire la lumière sur ce qui se passe réellement. En appliquant ce filtre de la liberté au conflit israélo-arabe, voici ce qu'on constate:
Tous les pays arabes sont des dictatures. Autrement dit, au sommet, vous avez des familles régnantes de gangsters, qui utilisent leur monopole de la violence (par l'armée) pour tuer / emprisonner quiconque remet en question leur business-plan. Ce business-plan est le suivant:
1. Utiliser la force pour se maintenir au pouvoir et terroriser les humains désarmés.
2. Envoyer les enfants dans les écoles, toutes sous contrôle d'Etat pour les endoctriner sur quatre principes:
  • La famille régnante est grande (à la Kim Jung Il).
  • Leur pays est le meilleur.
  • La cause palestinienne fait partie de leur identité.
  • Gaver les enfants avec l'Islam qui pourra être un outil de contrôle (j'utilise le terme gaver de force parce que j'étais gavé moi même d'Islam à l'école du gouvernement algérien, et ce, dès le premier jour).
3. Pendant que les gens sont endoctrinés et vivent dans la peur, négocier un pourcentage sur les contrats concernant les ressources / la construction (Scandale SNC-Lavalin par exemple).

4. Profiter du pouvoir

 Il n'est pas surprenant que le resultat d'un tel mélange désastreux ne puisse être que le chaos. D'une part vous avez les familles indecentes au pouvoir qui tentent de voler autant d'argent que possible, tout en utilisant la violence contre leur propre peuple. D'autre part, vous avez le sous-produit de cette folie- les islamistes. C'est à dire, les personnes confuses qui ont eu leur vision de la réalité complètement déformée par le système dans lequel ils sont nés. Ce cercle vicieux se poursuit depuis des décennies. Le résultat a été le soi disant "printemps arabe" ou plutôt l'hiver arabe (c'est à dire que le sous-produit du système, les islamistes, prend le pouvoir). De toute évidence, ce cirque va se poursuivre pendant une autre décennie si ce n'est plus.

Maintenant, qu'en est-il d'Israël? Là, si vous êtes un citoyen, vos libertés fondamentales seront respectées. Vous pouvez vivre en paix, élever une famille, et envoyer vos enfants dans des universités compétitives et mondialement reconnues. Ce simple et basique respect de la dignité humaine l'a mis à des années-lumière devant tout État arabe. En tant qu'être humain qui cherche à vivre mieux et aller de l'avant , Israël est un choix logique. C'est le seul endroit au Moyen-Orient où votre potentiel peut s'exprimer pleinement. Sur la base des valeurs qu'il défend et ses principes fondateurs, Israël est une force du bien pour cette région et pour le monde. Et rappelez-vous, ce jugement ne vient pas d'un juif ou d'un israélien. Ça vient de quelqu'un avec un nom musulman et un visage arabe (qui semble pas trop mal d'ailleurs), qui a réellement vécu et a été élevé dans un pays arabe. Ce n'est pas comme si je ne connaissais pas ce que je décris et que je suis en train de fantasmer à des milliers de kilomètres, comme font la plupart des gens.
D'un point de vue individuel et rationnel, il est difficile de contrer ce que j'ai dit ci-dessus. Mais même dans ce cas, même si vous laissez tomber tout jugement rationnel et devenez "tribal" sur cette question, le peuple juif est le cousin ​​des Arabes!

Si vos cousins avaient été massacrés et subi la discrimination dans le monde entier (souvenez-vous du St. Louis, le navire rempli de réfugiés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a été détourné par le Canada et les États-Unis pour rentrer en Europe?), ne les accueilleriez vous pas les bras grand ouverts?
Les Juifs ont beaucoup souffert et les seules personnes au monde qui auraient dû les accueilli et les protéger  étaient leurs cousins, les Arabes.Et ce n'est pas comme s'ils avaient la possibilité de fuir vers un pays «juif» comme c'est le cas pour des pays qui s'affirment musulmans ou chrétiens. Ils n'étaient les bienvenus nulle part sur la planète terre. Comprenez vous pleinement l'ampleur de ce fait ?
La conclusion est la suivante: il s'agit d'une occasion historique de recommencer mais en partant cette fois du bon pied.
Une occasion d'écrire l'histoire telle qu'elle aurait dû l'être, depuis le début. Ne laissez pas passer cette occasion, vous pourriez ne pas en avoir d'autre.

mardi 21 janvier 2014

Les palestniens refusent au peuple juif le droit à un Etat

L'Editorial d'Evelyn Gordon dans le Commentary Magazine du 16/1/2014 met à nu le caractère irréaliste des efforts et de l'optimisme de John Kerry , le secretaire d'Etat américain qui tente de forcer la main aux israéliens et d'extirper des concessions aux conséquences catastrophiques.


Une Foi insensible à la réalité
Après que le scepticisme peu diplomatique du ministre de la défense israélien sur le processus de paix a suscité une mini crise diplomatique plus tôt cette semaine, le secrétaire d'État John Kerry a annoncé hier qu'il n'etait pas "découragé", expliquant: «Je crois fermement dans les perspectives de la paix."

En cela, Kerry n'est pas le seul: Toute une industrie est née autour de la conviction que la paix israélo-palestinienne est imminente, réalisable, et cette conviction n'est jamais "découragée" par les faits.

Par exemple  une recente enquête d'opinion a pour titre :

"La majorité des Israéliens (63%) et des Palestiniens (53%) soutiennent la solution à deux Etats."

Cela semble très prometteur, jusqu'à ce que vous lisiez les petits caractères. Et puis il s'avère que la plupart des Palestiniens n'acceptent pas une solution à deux Etats, ou du moins, pas dans les  termes que "tout le monde connaît." En fait, lorsqu'ils sont présentés avec les éléments de ce paquet que "tout le monde connaît", défini par ce que les experts appelent les paramètres de Clinton et l'Initiative de Genève, 53 pour cent des Palestiniens le rejettent, tandis que seulement 46 pour cent l'approuvent.

En outre, plusieurs clauses spécifiques ont été rejetées par les Palestiniens et par les Israéliens, même si les Israéliens ont approuvé l'ensemble des conditions à 54 pour cent contre  37 pour cent.

Par exemple, les Palestiniens sont opposés à la solution que "tout le monde connaît« pour diviser Jérusalem (Israël conserve les quartiers juifs, y compris le quartier juif de la Vieille Ville et le Mur occidental, tandis que les Palestiniens obtiennent les quartiers palestiniens, y compris le reste de la Vieille Ville et le Mont du Temple) par un énorme 68 pour cent contre 32 pour cent. C'est conforme à leur refus de longue date de reconnaître tout lien juif que ce soit avec Jérusalem. Mais les Israéliens l'ont également rejeté massivement à 56 pour cent contre 37 pour cent, conformément à leur opposition de longue date de céder le lieu le plus saint du judaïsme, le Mont du Temple. Cette opposition commune reflète également le fait que les deux côtés se rendent compte de la simple  impossibilité pratique de cette proposition (comme je l'ai expliqué ici).

Par une majorité encore plus grande, 71 pour cent à 28 pour cent, les Palestiniens s'opposent à l'idée d'un Etat palestinien démilitarisé (les Israéliens, sans surprise, la soutiennent). Pourtant, cette question a longtemps été reconnue par les médiateurs internationaux comme un élément de sécurité essentiel de tout accord possible.

Concernant les réfugiés, les enqueteurs ont réussi à élaborer une proposition rejetée par les deux parties. Les Palestiniens s'y sont opposés par une marge relativement étroite, de 52 pour cent contre 46 pour cent, ce qui m'a d'abord surpris: la plupart des sondages montrent une opposition palestinienne beaucoup plus forte à renoncer à leur rêve d'éliminer l'Etat juif en y réinstallation des millions de Palestiniens. Mais après avoir lu les petits caractères, j'ai compris pourquoi: Sur cette question, les enquêteurs ont évoité les paramètres de Clinton en faveur de l'Initiative de Genève, qu'aucun gouvernement israélien n'a jamais accepté ni n'acceptera.

Selon ce plan, Israël cède son droit de déterminer le nombre de Palestiniens qu'il laisse entrer sur son territoire, pour s'engager à accepter le nombre moyen accepté par d'autres Etats-dont certains, comme la Jordanie, ont accordé la citoyenneté à des millions de Palestiniens. Par conséquent, il a recueilli moins d'opposition palestinienne que la version habituelle, qui laisse à Israël de décider combien il accepte de Palestiniens. Mais, sans surprise, les Israéliens ont rejeté de façon décisive cette proposition (50 pour cent contre 39 pour cent).


Enfin, il ya la qustion la plus importante de toutes: même "après la création d'un Etat palestinien indépendant et après le règlement de toutes les questions en litige" les Palestiniens ont quand même rejeté "la reconnaissance mutuelle d'Israël comme l'Etat du peuple juif et de la Palestine comme l'Etat du peuple palestinien ", par une majorité de 56 pour cent contre 43 pour cent. Bref, même une fois toutes les autres questions «résolues», les Palestiniens refusent toujours de reconnaître le droit du peuple juif à un Etat bien à lui.

Alors qu'est-ce que cela signifie exactement losrqu'on constate que les Palestiniens "soutiennent une solution à deux Etats"?

La même chose que cela a toujours signifié, comme l'a révélé le sondage, inhabituellement honnête, de 2011: pas deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, mais deux états servant de tremplin à l'élimination ultime d'Israël. C'est pourquoi ils insistent sur la réinstallation des millions de Palestiniens en Israël, c'est pourquoi ils rejettent tout lien juif à Jérusalem, et c'est pourquoi ils ne peuvent pas reconnaître Israël comme "l'Etat du peuple juif."

Et tant que cela reste vrai, la conviction de Kerry dans "les perspectives de paix» est vraiment «messianique», mais il était imprudent de la part de Moshé Yaalon de l'avoir dit.

samedi 11 janvier 2014

Israël, premier Etat-Nation indigène moderne

Par Ryan Bellerose sur Isaelycool

Je suis un indien de la tribu des Métis du Nord de l'Alberta, Canada.

Mon père, Mervin Bellerose était le co-auteur de la loi sur les Métis de 1989, qui a été adoptée par la législature de l'Alberta en 1990 et a renforcé nos droits fonciers. J'ai fondé l'organisation « Canadiens pour la Responsabilité », un groupe de défense des droits indigènes ; de plus, je suis un des organisateurs et participants du mouvement «Nous ne sommes plus passifs » dans la ville de Calgary.

D'autre part, je suis un sioniste.
(voir sa vision d'Israël sur Koi de 9 en Israël)

Voici pourquoi les juifs sont un peuple indigène d'Israël et pourquoi les Palestiniens ne le sont pas.


Le statut d'indigène 

Pour commencer, nous devons reconnaître qu'il n'y a pas de règle stipulant qu'une terre ne peut avoir qu'un seul peuple autochtone. Ce n'est pas une operation à somme nulle dans laquelle si un groupe est considéré autochtone un autre ne l'est pas. Dire que les juifs sont un peuple autochtone n'exclut pas la possibilité que les palestiniens le soient eux aussi.

Cependant, il y a des règles très claires pour identifier un peuple autochtone. C'est un peu complexe mais peut se résumer à la liste de caractèristiques ci-dessous, développé par l'anthropologue José R. Martínez-Cobo (ancien rapporteur spécial de la Sous-commission sur la prévention de la discrimination et protection des minorités des Nations Unies).

Cette liste a été élaborée parce que les droits des autochtones commencent à être respectés à travers la planète. Cette reconnaissance est extrêmement importante pour nous, les autochtones, qui ne devons pas permettre aux non-autochtones de faire de fausses déclarations, qui finiraient par nuire à nos propres droits.

Israël est le premier État indigène moderne du monde: la création et la déclaration de la nation souveraine d'Israël marque la première fois dans l'histoire où un peuple autochtone a réussi à reprendre le contrôle de ses terres ancestrales et de construire un État-nation. En tant que tel, c'est extrêmement important pour les populations autochtones à la fois de le reconnaître et de le soutenir, c'est un excellent exemple à imiter par nos peuples.

Voici les critères de Martinez-Cobo dans Wikipedia :

Bien qu'il n'existe pas de définition universellement acceptée de la notion de peuple autochtone, celle proposée par José Martinez Cobo, rapporteur spécial de l'ONU, en 1987, est aujourd'hui communément utilisée. Elle se base sur trois critères fondamentaux4 :
  • Continuité historique de caractéristiques telles que
    • L'occupation des terres ancestrales ou d'au moins une partie de ces terres ;
    • l'ascendance commune avec les premiers occupants de ces terres ;
    • la culture commune ou certaines de ses manifestations ;
    • la langue ;
    • l'implantation dans certaines parties du pays ou dans certaines régions du monde ;
    • d'autres facteurs pertinents.
  • Auto-identification en tant qu'autochtone
  • Pour un individu, appartenance à un groupe autochtone, revendiquée à la fois par l'individu et le groupe auquel il appartient.
Passons maintenant aux Juifs. Ces critères s'appliquent t-ils dans leur cas ?
  • Leurs terres ont été occupées, d'abord par les Romains, puis par les Arabes au VIIe siècle.
  • Ils partagent des ancêtres communs avec les précédents occupants ainsi que c'est démontré par plusieurs études génétiques.
  • Leur culture peut être liée indiscutablement au Levant, où elle s'est développée dans ce qui est maintenant connu comme "la culture juive." Bien que les différentes communautés juives ont des traditions légèrement différentes, ils partagent tous la même culture de base, et ce socle commun reste inchangé. Ils ont ressuscité leur langue traditionnelle, et alors que beaucoup parlent encore le yiddish et le ladino, l'hébreu est redevenu leur langue principale.
  • Ils ont des liens spirituels avec la terre, qui joue un rôle important dans leurs traditions en tant que peuple.
Malgré tous les arguments sur les juifs "européens", en fait ils répondent à tous les critères énoncés par M.  Martínez-Cobo. Même si Israël est le premier État indigène moderne, il y a toujours des terrains qui sont occupés par des étrangers en Judée et Samarie. Ce sont leurs terres ancestrales et, beaucoup estiment qu'elles devraient être rendues à l'autodétermination des peuples autochtones.

Maintenant, voyons l'autre côté.

Les Palestiniens ont ce qu'on appelle des «droits de présence de longue date», et bien que ce sont des droits légitimes, ils ne l'emportent pas sur les droits des autochtones. La nature même de la «présence de longue date» signifie que bien qu'ils vivent quelque part depuis une longue période, ils n'ont pas le droit d'occuper des peuples autochtones et de les contrôler.
L'argument que les Palestiniens sont des autochtones est erronné pour plusieurs raisons.
  • Environ 50% pour cent des Arabes palestiniens peuvent remonter plus loin que leurs grands-parents dans l'arbre généalogique. Beaucoup d'entre eux descendent d'Arabes qui sont venus après la Première Guerre Mondiale au Levant, à la suite des britanniques, pour construire des infrastructures.
  • La grande majorité des Palestiniens sont des musulmans arabophones, la langue arabe est originaire de la péninsule arabique, de même que la religion musulmane. Le lieu les plus sacré de la religion musulmane n'est pas dans le Levant, mais dans la ville de La Mecque, située dans la péninsule arabique. Ils n'ont pas de culture spécifiquement palestinienne qui soit complètement palestinienne, en tout cas pas avant les années 1960, en fait, avant cela, la majorité d'entre eux s'identifiaient simplement comme "des arabes" ou comme des "Sud-Syriens."
  • Certains Palestiniens partagent des ancêtres communs avec les peuples autochtones, mais ni ils ne suivent les traditions indigènes ni ils s'identifient aux peuples autochtones. Ils ne partagent ni leur religion ni leur langue. Un lien de sang ne suffit pas pour transmettre le statut d'autochtone.
  • Les Arabes du Moyen-Orient ont absorbé (digèré) plusieurs populations autochtones, mais aucun groupe ne peut devenir indigène en absorbant les peuples autochtones. Au contraire, ils ont conquis l'ensemble de la région pour y répandre leur propre langue, coutumes et religion. C'est un fait historique.
Vous pourriez demander maintenant, pourquoi est-ce important? C'est important pour les peuples autochtones parce que nous ne pouvons pas accepter l'argument selon lequel les conquérants peuvent devenir indigènes. Si nous, avec d'autres peuples autochtones, laissons utiliser cet argument, alors nous abandonons nos propres droits.
Si les conquérants peuvent devenir indigènes, alors les Européens blancs qui sont venus sur mes terres autochtones en Amérique du Nord pourraient maintenant prétendre être indigènes. Les Européens blancs qui sont allés en Australie et en Nouvelle-Zélande pourraient maintenant prétendre être des indigènes. Si nous, même une fois, laissons utiliser cet argument, les droits des autochtones sont soudainement dévalués et dénués de sens. C'est un peu particulier, que ceux qui se reclament des «droits autochtones» palestiniens sont généralement ceux qui ont peu de compréhension de l'histoire, et aucune compréhension de la vérité derrière les droits des autochtones.

Si vous rencontrez l'argument selon lequel les conquérants d'une région peuvent en devenir eux-mêmes indigènes, en vertu de la conquête, dirigez ceux qui l'affirment vers cet article, et aidez les à comprendre non seulement que c'est un mauvais argument - mais qu'il est dangereux pour tous les autochtones.

jeudi 30 mai 2013

Oh Seigneur, achète moi une nouvelle femme

Joumana Haddad
Voici un édito poignant de Mme Joumana Haddad décrivant l'horreur de la polygamie,  publié par le journal Libanais Now ! Lebanon que je vous traduis ici: 

Oh Seigneur, achète moi une nouvelle femme. 
* jeu de mots avec la chanson anti-consumériste de Janis Joplin : "Oh Lord won't you buy me a Mercedes Benz " (+/- Seigneur achète moi une Mercedes Benz)  que vous pouvez écouter ici


Imaginez que vous êtes une femme. Imaginez que vous tombez amoureuse d'un homme, ou du moins, que vous l’appréciez, ou que simplement, vous le considérez comme un mari potentiel. Imaginez qu'il vous demande en mariage, et que vous (ou vos parents, selon le contexte), dites oui. Vous vous mettez en ménage, vous lui donnez deux, trois ou cinq enfants, vous lavez ses chaussettes sales, lui faites des petits plats et le servez et essayez d'être la meilleure épouse qui soit. Parce que, c'est ce que fait une «bonne» épouse.

Maintenant, imaginez que, quelques années après, votre mari bien-aimé, qui est financièrement à l'aise, décide d'avoir une nouvelle épouse. Tout comme quelqu'un voudrait une nouvelle voiture. Il ne divorce pas de vous. Non, c'est bien pire que cela. Il veut vous garder. Et maintenant vous devez le partager avec une autre femme. Vous détestez les entrailles de cette autre femme, et elle aussi déteste vos tripes . Mais vous êtes obligées de vivre ensemble. Si vous êtes suffisamment chanceuse, il construira un nouvel étage pour elle au-dessus du vôtre. Et vous n'aurez pas besoin de voir constamment la jubilation rayonner sur son visage à chaque fois qu'elle vous regarde. Mais chaque nuit, alors qu'il revient du travail, vous entendez ses pas d'abord dans l'escalier puis devant votre porte puis au dessus. Il passe la nuit avec elle, mange sa nourriture, il dort dans son lit à elle - qui est une femme plus jeune, plus fraîche, plus jolie - et vous souhaiteriez que votre cœur cesse de battre sur le champ, parce que vous ne pouvez pas supporter d'avantage de souffrance. Mais vous le supportez, jour après jour, et vous apprenez à devenir insensible. Et votre unique moment de gloire ou de vengeance arrivera le jour de l'arrivée de l'épouse numéro trois, avec le troisième étage au-dessus des deux précédents. C'est alors que celle qui vous a remplacée apprend enfin ce que signifie être mise de côté comme un balai inutile, une serpillière sale pleine de trous oubliée dans un coin du placard sous l'évier de la cuisine ...

Ce n'est pas un scénario imaginaire. C'est la réalité de nombreuses femmes au Liban et dans d'autres pays arabes. Le triste cas de la femme libanaise qui s'est récemment suicidée parce que son mari a décidé de prendre une seconde épouse n'est qu'un exemple parmi de nombreuses histoires qui ne font pas la une dans les médias. Je me souviens d'un gars de mon village du sud (Yaroun) qui avait construit une maison de quatre étages et avait une épouse installés à chaque étage. Il était riche, il semblait parfaitement normal. Vous voyez, le prophète a permis aux hommes musulmans quatre épouses à la condition qu'ils soient en mesure de leur rendre justice: "Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille) ". (Coran 4:3). Pourtant, le concept de «justice» ici, tel qu'il est interprété dans de nombreux hadiths (comme celles de Bukhari), signifie spécifiquement  être en mesure d'assurer financièrement le confort de quatre épouses. Il n'y a aucune prise en compte des besoins émotionnels ou physiques des femmes, ni de leur droit d'être traitées équitablement. Ils sont la propriété de l'homme. Tant que vous pouvez assumer " l'entretien " de vos biens, vous êtes encouragé à en «acquérir» d'autres.

Un prétexte constant pour justifier la polygamie est la forte libido de certains hommes, pour qui une femme ne suffit pas.
Alors, ils se marient avec plus d'une femme afin d'éviter de devenir "adultère": quelle manière géniale de rendre l'adultère Halal !

 Et n'oublions pas le fait que Dieu avait donné à Muhammad une permission spéciale d'épouser autant de femmes comme il le désirait: «Ô Prophète! Nous t'avons rendue licites tes épouses à qui tu as donné leur mahr (dot), ce que tu as possédé légalement parmi les captives [ou esclaves] qu'Allah t'a destinées, les filles de ton oncle paternel, les filles de tes tantes paternelles, les filles de ton oncle maternel, et les filles de tes tantes maternelles, - celles qui avaient émigré en ta compagnie, - ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, pourvu que le Prophète consente à se marier avec elle : c'est là un privilège pour toi, à l'exclusion des autres croyants. Nous savons certes, ce que nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et des esclaves qu'ils possèdent, afin qu'il n'eût donc point de blâme contre toi. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »(Coran 33:50). Comme c'est commode pour Muhammad, qu'Allah a voulu dire exactement ce qui servait les intérêts du prophète et ses besoins sexuels, que ce soit la polygamie ou la pédophilie.

Les musulmans ne sont évidemment pas les seuls à pratiquer la polygamie à ce jour. Il y a aussi des sectes polygames aux États-Unis, parmi lesquels les fondamentalistes mormons. Le patriarcat est universel, ainsi que le mépris pour les besoins et les sentiments d'une femme. Mais n'oublions pas que cette dernière est souvent coupable elle-même, puisque vous trouverez beaucoup de femmes qui jugent que la polygamie est acceptable, et même un devoir car «Allah l'a dit « , elles nient ainsi leur dignité et le droit d'être traitées de manière égale et équitable. L'Auto-immolation et le sacrifice sont une partie intrinsèque du caractère d'une «bonne» épouse.

En attendant, de nombreux maris arabes continueront d'acheter de nouvelles épouses, aussi longtemps qu'Allah en sera le revendeur, et tant qu'il est un si bon vendeur.

Suivez Joumana Haddad sur Twitter @ joumana333

Joumana Haddad est l'auteure de nombreux livres, parmi lesquels "I Killed Scheherazade.» Son dernier livre, "Superman est un Arabe - Sur Dieu, le mariage, les hommes machos et autres inventions désastreuses» (Westbourne Press, Londres, 2012) qui est maintenant disponible en librairies libanaises et sur Amazon.

vendredi 7 décembre 2012

Le vote de l'ONU a rendu Abbas plus intransigeant

Dans les accords d'Oslo, Yasser Arafat s'est engagé , en tant que president de l'OLP , seule organisation representative du peuple palestinien  à négocier entre autres les frontières du futur Etat Palestinien.

Puisqu'il fallait une négociation sur les frontières c'est qu'elles ne sont pas encore determinées. Certes la base est la ligne de cessez le feu de 1948 (dite "ligne de 67") , qui n'est nullement une frontère internationale recnnue,  avec des échanges de territoires et des garanties pour la sécurité d'Israël  (valée du Jourdain , espace aérien, ligne des crêtes etc.) . Tant que la frontière n'est pas determinée par des négociations , les territoires sont  contestés puisqu'ils n'appartiennent à personne. Les implantations sur ces territoires sont légitimes. D'autant plus que s'il le faut, on peut les démanteler , comme Israël l'a fait  déjà  à Gaza et en Judée et Samarie.
De plus Arafat et avec lui le peuple palestinien s'est enagé expressement à ce que "aucune des parties ne prendra d'initiative ni de mesure de nature à modifier le statut de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en attendant les négotiations sur le Statut Permanent"

ou en V. O. :
"Neither side shall initiate or take any step that will change the status of the West Bank and the Gaza Strip pending the outcome of the Permanent Status negotiations.”[1][2] "

En demandant un statut d'Etat non-membre, Abbas, le successeur d'Arafat ,  ne respecte pas l'engagement écrit. Cette initiative n'est pas un pas vers la paix , d'ailleurs Abbas n'a nullement tendu la main à Isräël dans son discours à l'ONU . Discours plein d'accusations ou dominait le mot aggression et occupation, Abbas à même taité l'auto defense d'Israël suite à plus de 600 roquettes en 11 mois , d'aggression sur son peuple!
Abbas n'a pas proposé à Israël de négocier sans condition. Bien au contraire , depuis le vote de l'ONU il est devenu encore plus intransigeant, traitant les implantations israëliennes "d'agression" , il semble que pour lui comme pour beacoup de palestiniens c'est l'existence même d'Israêl qui est une "aggression".

Israël a réagi aprés ce vote calamiteux, où les démocraties amies d'Israël (à part de rares exceptions) se sont jointes à des pays aussi peu repectueux des droits des peuples que , par exemple, la Russie , la Chine le Soudan, la Syrie , l'Iran , Cuba et la Corée du Nord.  L'élaboration de plans d'une implantation dans la zone dite E1 ont été approuvés. Les plans prevoient une route assurant une continuité entre les territoires palestiniens -  notez le bien , c'est  juste un plan , pas la construction elle même qui à été approuvé.
La viabilité de la future Palestine n'est pas en danger contrairement à ce qu'affirment les responsables palestiniens.

Aucun pays n'avait convoqué les representants de la "Palestine" suite au tir de plus de 600 roquettes sur Israël. Ils l'ont fait aprés l'approbation de l'établissement d'un plan de construction dans la zone dite E1  -  juste l'approbation de l'élaboration d'un plan!

Les pays arabes doivent comprendre que leurs actes ont des consequences: s'ils font la guerre et qu'ils la perdent ils ne peuvent pas pretendre qu'il ne s'est rien passé. En 48, 67 et 73 ils ont attaqué Israël avec des velleités génocidaires et ils ont perdu (Les égyptiens sont persuadés qu'ils ont gagné la "guerre d'Octobre" , peut êtr  qu'un jour on leur dira la vérité!) , les territoires conquis dans une guerre défensive sont la proprieté légitime du pays attaqué.

Les incitations à la haine et à la violence contre les juifs sont endémiqes dans les médias arabes en énéral et palestiniens en particulier, cela a des conséquences , à l'êre d'internet le monde peut le voir  et  se rendre compte qu'il n' y a aucune volonté de paix chez les palestiniens. Les israeliens doivent aller de l'avant, il y a une crise du logement à Jérusalem . L'extension des implantations sont la conséquence de l'intransigeance palestinienne qui veut imposer via l'ONU les frontières et la capitale.

dimanche 2 décembre 2012

La ménace de la Cour Penale Internationale est largement exagerée pour Israël

 Jonas Jermie Bob du JPost a écrit cet édito que j'ai adapté:

La couverture médiatique israélienne a parfois - et selon les pires estimations - dépeint cet événement - le statut d'Etat observateur de l'ONU de la Palestine- comme un tsunami juridico-diplomatique qui pourrait emporter les dirigeants israéliens, les soldats et les colons à la Cour pénale internationale.

De hauts responsables gouvernementaux, actuels et anciens ainsi que d'autres commentateurs juridiques, qui ont parlé sous condition d'anonymat en raison de la sensibilité de la question, affirment que  la menace est exagérée. Ils disent que l'idée fixe, popularisée par certains porte-parole palestiniens, des poursuites contre Israël à la CPI pour tout - allant des colonies jusqu'a l'empoisonnement supposé de Yasser Arafat, que beaucoup considèrent comme tiré par les cheveux - est trés exagerée.

La froide réalité de ce que pourrait signifier pour les Palestiniens une plainte à la CPI est bien mons apocalyptique pour Israël.

Il est vrai que le représentant à l'ONU de "la Palestine" se déplacera des sièges des observateurs pour s'asseoir avec les autres Etats dont les noms commencent par un "P" et que, dans le système des Nations Unies , il sera probablement admis à de nombreuses organisations.

Mais la CPI, comme il est dit sur son site Web, n'est pas une organisation des Nations Unies.
Il s'agit d'un organe judiciaire qui est totalement indépendant politiquement et financièrement.
De plus, si  cela ne prend que trois ans au procureur de la CPI pour décider ou non d'ouvrir une enquête formelle, sans parler de déposer un acte d'accusation, de toute façon, tout cas réel à la CPI pourrait facilement prendre de huit à 10 ans, et il n'est pas sûr du tout que la cour condamne Israël.

Donc, beacoup de bruit pour pas grand chose.

Même certains commentateurs juridiques pro-palestiniens  disent qu'aller devant la CPI, en supposant que les obstacles considérables à l'accès, soient surmontés, serait une grossière erreur tactique. Certains d'entre eux ont admis qu'ne fois que les choses passent des médias à la justice, les Palestiniens sont nettement désavantagés: toutes les accusations de crimes de guerre contre les Israéliens auraient à passer par le crible des questions très complexes et non-manichéenes, comme la proportionnalité et par le déchiffrage d'une situation militaire très spécifique sans aucun moyen de prouver l'intention de commetre un crime de guerre.

En revanche, les attaques aveugles contre des civils par les roquettes palestinienness, les attaques suicides, les fusillades et autres actes terroristes sont des crimes de guerre sans équivoque dont l'intention est évidente, selon les sources.

En outre, généralement la CPI ne s'implique pas si un pays conduit lui-même l'enquête sur sa propre action, selon Israël c'est le cas, y compris le contrôle judiciaire anormalement fréquent d'Israël par la Haute Cour de justice du pays - [institution totalement independante].

Alors que cela peut prévenir l'instruction par la CPI contre Israël, les Palestiniens n'ont qu'une fraction  des mécanismes d'auto-instruction juridiques d'Israël, ce qui les rend , là encore, une cible bien plus facile pour la CPI qu'Israël, selon les mêmes sources.

Pour résumer, les sources disent que le procureur aurait condamné les criminels de guerre palestiniens longtemps avant que ne soit terminé le processus compliqué du passage au crible des éléments de preuve contre les Israéliens.

Les sources, y compris les responsables et commentateurs des deux bords, pro-Israël et pro-palestiniens , disent aussi qu'il pourrait être «suicidaire» pour la CPI de patauger dans le conflit le plus politisé de l'histoire.
Ils font valoir qu'à long terme la légitimité de la cour est plus importante que toute enquête individuelle, quel que soit le mérite enventuel de l'affaire.

En outre, la CPI a travaillé dur pour obtenir l'implication américaine dans les années d'après-Bush (l'ancien président américain s'est opposé à la CPI alors que les Etats-Unis a été impliquée dans des guerres multiples et des politiques anti-terroristes controversées ), et il n'y a pratiquement pas de doute que la coopération s'arrêtera totalement si la CPI a des cas contre des Israéliens.
De nombreux autres pays clés en Europe pourrait également retirer leur appui à la CPI et le Royaume-Uni a conditionné son soutien à la candidature palestinienne à l'absence de pursuites devant la CPI. La France a elle aussi affirmé que se tourner vers la CPI serait contraire au processus de la paix.

Contrairement à l'Assemblée générale des Nations Unies,  l'Assemblée des États Membres, l'organe législatif de la CPI, essaie de fonctionner par consensus, souvent avec la règle de la majorité des deux tiers.

Les sources estiment également que le nouveau Procureur de la CPI, Madame Fatou Bensuda s'intéresse moins aux médias que l'ancien procureur Luis Moreno-Ocampo, qui, tout en refusant l'accès des Palestiniens à la CPI, a passé beaucoup de son temps dans les journaux sur cette question.

Mme Bensuda a été décrite par plusieurs sources, y compris certains qui la connaissent personnellement, comme étant plus axée sur les questions juridiques professionnels et avant tout sur la protection permanente de la CPI.

Une question bien importante pour Mme Bensuda,  est la question de savoir si la CPI peut obtenir des condamnations pour viol en masse sans le témoignage des victimes en justice .
Les sources disent que ces questions importantes pour Mme Bensuda seraient noyées instantanement  dans le ciirque médiatique qui  suivrait une affaire contre des Israéliens.


Dans l'ensemble, les sources disent qu'Abbas n'a obtenu qu'un moment au soleil médiatique, pas une réele victoire juridique.

Les sources conseillent aux Palestiniens qui courent vers l'entrée de la CPI:  Faites attention à ce que vous demandez.

vendredi 23 novembre 2012

Piliers de défense, premier bilan

Le bilan de l'opération piliers de défense a plusieurs plans, militaires et  politiques : internes , régionales et internationales.

Tout d'abord le bilan Militaire:
Guysen TV et Times of Israel Le porte-parole de Tsahal a fait un premier bilan de l'opération "Pilier de défense".

1 500 sites terroristes ont été ciblés, 19 chefs terroristes éliminés, 980 rampes de tirs de roquettes détruites, 30 centres de commandement de premier ordre, 140 tunnels de contrebande d'armes, 66 tunnels utilisés pour des activités terroristes, 42 salles d'opération et bases du Hamas, 26 sites utilisés pour la fabrication et le stockage d'armes, des dizaines de rampes et de sites de lancement de roquette à longue portée.
Parmi les leaders terroristes éliminés se trouvaient :
-Ahmed Jabari, chef de la branche militaire du Hamas
-Habes Masmah, parmi les dirigeants de la police du Hamas
-Ahmed Abu Jalal, chef de la branche militaire du Hamas dans le centre de la bande de Gaza
-Khaled Shaer, un des commandants des forces anti-tanks du Hamas
-Osama Abdul-Jawad, un leader des cartels d’armement du Hamas dans le sud de de Gaza
-Ramez Harb, un leader du Jihad islamique, membre de la brigade de la ville de Gaza.
-on dénombre environ 177 morts palestiniens en tout dont 120 terroristes et selon Israël 20 victimes des tirs "trop courts" des roquettes palestiniennes. Il y a 900 blessés. Il faut souligner que les jihadistes de Gaza n'ont construit aucun abri pour les civils préférant enterrer les rampes de lancement des missiles. Ils aiment mieux en effet la mort à la vie...Ou plutôt , ils ne voient dans chaque mort qu'une arme médiatique très précieuse (encore meilleure si c'est un enfant ou un bébé) , alors à quoi bon protéger les boucliers humains?

1506 roquettes ont été tirées de Gaza
-152 sont tombées sur...Gaza ou ne sont pas parties
-875 dans des terrains vagues (soit 58%)
-421 ont été interceptées par "dôme de fer" (avec un taux de succès de 84%)   et
-  58 seulement ont explosé dans des agglomérations israéliennes.

Aucune roquette n'a explosé dans Tel Aviv, la cible symbolique visée par les jihadistes qui ont diminué la charge explosive (allant parfois jusqu’à la supprimer complètement ) pour augmenter le rayon d'action de leur engins.

6 israéliens sont morts et 240 sont blessés. La population a gardé un calme parfait et a rejoint les abris prévus par les normes de construction de tout bâtiment ou dans des abris publiques. Le système d'alerte "code rouge" à fonctionné parfaitement , détectant chaque obus ou roquette et déterminant instantanément sa direction pour n'alerter que les populations menacées.

Le Hamas comptait sur son arme secrète  le missile iranien Fajr5 avec lequel  ils comptaient surprendre Israël, frapper Tel Aviv ou ...la troisième ville sainte de l'Islam-Jérusalem. Le Fajr5 devait terroriser le coeur d'Israël , marquer l'opinion publique internationale et mettre le Hamas sur la selle de Champion du monde musulman à l'image du héros de l'oumma, Saladdin.

Le Hamas ne s'attendait pas à la destruction rapide et quasi totale de ses réserves de roquettes de longue  portée sur lesquels ils comptait faire durer les hostilités et obliger Israël à entamer une opération terrestre avec son lot de victimes civiles -  excellents pour la propagande-  et les possibilités de tuer ou mieux d'enlever des soldats israéliens. L'idée était aussi de faire rompre les traités de paix avec l’Égypte et la Jordanie.

Israël a démontré l'excellence de son renseignement :la plupart des silos du Fajr5 ont été identifiés et détruits ainsi que les allées et venues du chef militaire du Hamas , tué dés le début de l'opération.
Le système "dôme d'acier" a fonctionné avec un taux de réussite très élevé , boostant le moral israélien. Cela n'a cependant pas permis de continuer à vivre normalement - les civils devaient malgré ce système courir se mettre à l'abri. La vie économique et sociale a été très perturbée voire arrêtée dans les ville du sud d'Israël comme à Ashdod, Beer-Sheva, et Sderot.

Le Hamas n'a donc pas atteint la majorité des objectifs qu'il s'était fixé.





Sur le plan de la politique internationale le bilan est très positif pour Israël: mis à part les états hostiles comme la Turquie, la communauté internationale n'a , pour une fois, pas pratiqué la dialectique de l’équilibre, en mettant dos à dos les belligérants, mais à clairement affirmé que l'initiateur du conflit était le Hamas avec ses tirs de roquettes-plus de 700 entre Janvier et la riposte israélienne de Novembre.

Même le président islamophile des USA, Obama, a clairement affirmé le droit d'Israël à se défendre selon les modalités de son choix. La communauté internationale a été bien obligée de reconnaitre les efforts extraordinaires d'Israël d’épargner les civils palestiniens, efforts contrastant avec le ciblage délibéré et aveugle des civils israéliens par le Hamas qui a dirigé ses roquettes exclusivement sur des villes. Le faible nombre des morts - 177  en tout - comparé au nombre des cibles visées - plus de 1500 - a démontré que l'objectif premier d'Israël n’était pas de tuer mais de détruire le matériel et l’infrastructure des jihadistes. 
C'était sans doute aussi le plan de Netanyahou - de frapper fort et de s'arrêter vite pour éviter de voir augmenter le nombre de tués. Ce n'est pas l’Égypte ni la pression internationale qui ont retenu Israël. Les Israéliens n'ont jamais eu pour objectif d'entrer dans Gaza, ce qu'a affirmé explicitement  le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman.

En se servant des civils (et des journalistes) comme boucliers humains, en ne visant  que des civils et en attaquant un bus à Tel Aviv (sans oublier le spectacle macabre d'un cadavre trainé par une moto du Hamas dans les rues de Gaza)  le Hamas a confirmé à l'opinion internationale qu'il était une organisation terroriste, lui ôtant toute chance de trouver dans un avenir proche de devenir un interlocuteur fréquentable.

Le faible nombre de de tués à permis à l'Egypte, le plus important pays du monde arabe , de garder la face sans rompre la paix avec Israël. La coopération avec les égyptiens  au niveau diplomatique et du renseignement s'est poursuivie sans encombre et a abouti à l'arrêt des hostilités.




Sur le plan intérieur israélien il n'y aura pas de changements  importants: les sondages donnaient  le tandem Netanyahou - Lieberman largement gagnants aux législatives anticipées.
Lieberman a confirmé son statut d'homme d'état sérieux et pragmatique - il a remercié le président égyptien  Morsi  pour son rôle positif dans la négociation d'une trêve.

Faute de réels morts et de chaos en Israël, le Hamas a été obligé,  de mentir à sa population, pour la galvaniser et fanfaroner, en inventant des informations farfelues: l’aéroport international Ben Gourion a été fermé, Tel Aviv a été touché , un f16 israélien a été abattu, les israéliens ont quémandé une trêve car ils ont été battus à plates coutures par les valeureux jihadistes.

Le bilan initial de l'opération piliers de défense est très positif pour Israël.

Globalement , au prochain round, inévitable, Israël aura d'avantage les mains libres pour déloger le Hamas de Gaza.

lundi 19 novembre 2012

Le parti Republicain doit abandonner les concepts erronés de Bush et rejeter la politique de l'apaisement avec les djihadistes d'Obama

Carline Glick a brillament décrit dans le National Revew les failles conceptuelles des néoconservateurs et des démocrates, dans la politique étrangère des Etats-Unis.

(larges) extraits:
Dans l'élection présidentielle américaine, Israël est sans aucun doute le plus grand perdant aprés le peuple américain lui-même. La politique étrangère du président Obama est fondée sur la fausse notion  que les Etats-Unis et Israël sont eux mêmes les principales causes de l'antipathie du monde islamique vers eux. En conséquence, le président Obama a favorisé le mouvement islamiste anti-américain, génocidaire et antisémite des Frères musulmans et a facilité son accession au pouvoir en Egypte, en Tunisie ainsi que sa montée en puissance au Moyen-Orient. De plus, Obama a épargné et courtisé  le régime islamiste de l'Iran et lui a permis de continuer de travailler sur l'arme nucléaire.


Pendant les années Bush, le camp soi-disant néoconservateur a cru qu'il avait trouvé le moyen de convaincre un électorat américain, dominé par les médias de gauche, pour soutenir la projection de la puissance américaine dans le monde islamique. Ils pensaient et affirmaient que le but des guerres en Irak et en Afghanistan était de libérer du joug de gouvernements autoritaires les musulmans, par ailleurs tolérants et ouverts au monde. Ainsi les néoconservateurs ont mis en avant un argument qui évitait aux républicains un plaidoyer difficile pour la victoire.

Encore plus destructrice, la campagne des néo-conservateurs pour faire adopter la démocratie par le monde islamique, a nécessairement ignoré les pathologies culturelles et sociales qui font que  l'idéologie la plus importante et la plus populaire parmi les musulmans sunnites est le dogme totalitaire des Frères musulmans.

L'accent mis par les néoconservateurs sur la démocratisation, les a  aveuglés sur le fait que les alliés autoritaires et problématique comme Moubarak étaient souvent les seuls alliés possibles pour les États-Unis. Pour finir, l'idée des néoconservateurs que l'aspiration à  la démocratie et à la liberté est universelle a conduit à leur échec dans des endroits comme l'Irak et l'Egypte et a empêche les États-Unis d'utiliser ses ressources à bon escient. Si tout le monde est comme nous, alors il n'ya aucune raison d'inculquer les voies de la liberté. Il n'y a aucune raison de militer pour les droits des femmes. Il n'y a aucune raison de soutenir financièrement et politiquement les faibles forces démocratiques naissantes ni de reporter les élections jusqu'à ce que la balance se soit suffisamment penchée en faveur des forces modérées compatibles avec les intérêts américains. Il n'ya aucune raison pour soutenir les minorités chrétiennes. Il n'ya aucune raison d'insister sur la normalisation des relations entre des pays comme l'Irak post-Saddam et Israël.

Au lieu de cela, les élections ont été perçues comme une panacée. Donnez au monde arabe le droit de voter et tout ira bien. En l'occurrence, le résultat a été tout le contraire. Les Palestiniens ont élu le Hamas - leur branche locale des Frères musulmans. Les Égyptiens et les Tunisiens ont élu les Frères musulmans.

L'idée eronnée de l'administration Bush, que les masses de la part du monde islamique partagent les valeurs du peuple américain a conduit aussi à d'autres problèmes . Tout d'abord, aveuglés par cette idée, Bush et ses conseillers n'arrivaient plus à faire la distinction entre Israël et ses voisins ce qui les a amené à adhérer et à soutenir totalement un Etat palestinien.

Cette approbation est arrivée alors même qu'il devenait incontestable que les Palestiniens, avec leur addiction au terrorisme, leur soutien au djihad, leur anti-américanisme et antisémitisme génocidaires, sont l'incarnation de toutes les pathologies de l'ensemble du monde arabe. Si vous croyez qu'Israël ne vaut pas mieux que les Palestiniens, alors il n'y a qu'un pas avant de conclure qu'il est juste d'affaiblir Israël et de renforcer les Palestiniens.


Perdant de vue ce qui fait d'Israël l'allié stratégique le plus proche de l'Amérique , l'administration Bush l'a relégué à la catégorie incertaine de «bon ami», envoyant au monde arabe le message que les Etats-Unis ne sont pas un allié fiable et qu'ils sont profondément confus au sujet de leurs intérêts sur la scène mondiale . Si c'est le soi-disant  "processus de paix" qui est le principal  objectif de l'Amérique dans la région, il s'ensuit que les États-Unis devraient favoriser ses pires ennemis au détriment de son allié le plus proche.


Et en effet, en soutenant le retrait d'Israël de Gaza en 2005 et en insistant sur un cessez-le-feu israélien dans la guerre de 2006 au Liban contre le Hezbollah, les Etats-Unis ont, de fait, aidé leurs pires ennemis. Dans la bande de Gaza, ils ont favorisé la création d'un Etat djihadiste qui a depuis contribué à la transformation du Sinaï en une base d'opérations djihadistes, ils ont encouragé les Frères musulmans en Egypte et en Jordanie. Et ils ont facilité la prise de contrôle du Liban par le Hezbollah - en fait par l'Iran.

Le fait que le parti républicain n'a pas reconsidéré les hypothèses mal fondées de la politique étrangère de Bush envers le monde islamique a conduit inévitablement à l'adoption par Romney des mêmes hypothèses dans la campagne électorale.Par conséquent, son adhésion à l'importance d'un État palestinien et à l'abandon de Moubarak par Obama  a rendu impossible pour Romney d'établir une distinction pertinente entre la politique étrangère d'Obama et la politique étrangère qu'aurait suivi  Romney lui-même s'il était élu.


Il ya deux raisons pour lesquelles il est essentiel aujourd'hui pour le parti républicain et pour le mouvement conservateur de réévaluer leurs positions sur la politique étrangère ,de préciser et d'affirmer les differences entre leurs positions et celles de l'administration Obama.

Premièrement, même si nous ne pouvons pas dire exactement comment se développera la politique d'apaisement d'Obama avec les jihadistes , sa trajectoire est claire, inévitable, et dangereuse pour l'Amérique. Lorsque les dangers seront devenus évidents pour le public américain, les républicains devront avoir une vision et un plan clairs et distincts de la politique étrangère américaine. S'ils n'y parviennent pas, ils ne nuiront pas seulement à eux mêmes. Ils nuiront à la nation américaine.

Deuxièmement, aujourd'hui et dans les mois et années à venir, il y aura beaucoup d'introspection au sein du parti républicain et le mouvement conservateur sur ce qui s'est passé dans les élections de 2012. Et avec cette introspection viendra l'inévitable tentation d'adopter la politique d'apaisement des démocrates dans le but de courtiser les différents electeurs - les ménagères des banlieues, par exemple, et peut-être des communautés musulmanes du Michigan, du Tennessee, du Minnesota, et d'autres États.

Mais les républicains doivent comprendre que, bien que ce soit tentant, il s'agit d'une recette pour des  défaites électorale à répétition. Car les Démocrates seront toujours et indefiniment être en mesure d'apaiser plus que les républicains. Et ces élécteurs qui veulent que le gouvernement américain apaise nos ennemis voteront toujours pour eux. Si les républicains veulent revenir au pouvoir dans un avenir prévisible, il leur faut  établir courageusement  une distinction entre eux-mêmes comme le parti de la victoire et les démocrates comme le parti de la défaite.

mercredi 17 octobre 2012

Obama ne comprend pas les bases des relations protecteur-protégé

Jonathan Spyer est chargé de recherche senior au Centre de recherche mondiale en affaires internationales (Global Research in International Affairs Center)  et est chroniqueur au Jerusalem Post. Vous pouvez acheter son premier livre , "The Rise of the Israel-Islamist Conflict " sur Amazon. Il  est entré en Syrie par deux fois depuis le début de l'insurrection.

Voici un extrait d'une interview par Michael J Totten un journaliste-baroudeur  free lance qui a séjourné dans des nombreux endroits instables et/ou hostiles : le Liban ( y compris l'enclave du Hezballah) , la Tunisie, l'Egypte, la Libye, l'Iraq en pleine guerre...

Michael J Totten : Qu'est-ce que ne comprend  précisément pas le président Obama ? 
Il sait sûrement que le Moyen-Orient est une region beaucoup plus rude que l'Europe et l'Amérique du Nord. Quoi d'autre doit il comprendre en dehors de cette évidence?  Que lui diriez-vous s'il vous accordait son attention pendant quelques minutes?

Jonathan Spyer: Je voudrais essayer de lui expliquer la dynamique des relations protecteur-protégé dans notre région  Je voudrais lui expliquer que vos protégés n'ont pas besoin de vous aimer, ils ne veulent pas que vous leur fassiez un baise -main...


Obama fait le baise main au roi d'Arabie Saoudite par hamed64

....et ils n'ont même pas vraiment besoin de savoir que vous les respectez ni que  vous êtes en empathie avec eux (même s'ils ont besoin que vous fassiez un geste à cet égard.)


Ce qu'ils doivent savoir, c'est que s'ils ont ennuis (et ils en auront) vous allez les soutenir et les aider de tout votre possible. S'ils pensent que vous ne voulez ou ne pouvez pas le faire, ils ne voudront pas être votre protégé. Ils préféreront être le protégé d'un autre protecteur (probablement votre ennemi ou un rival) qui sera prêt à le faire.

 En conséquence, la valeur de votre monnaie stratégique va rapidement décliner.

À l'heure actuelle, le résultat net de la perte par Barak Obama de l'Egypte / Tunisie / Yémen et la non-perte par l'Iran / Russie / Chine de la Syrie, est que la crédibilité américaine en tant que protecteur est faible . Obama semble surtout dangereux pour ses amis, un peu moins pour ses ennemis, la mort de Ben Laden, nonobstant. Cela rend les alliés nerveux et les ennemis heureux.
Ce n'est pas bon.

En particulier, les alliés les plus vulnérables (les monarchies du Golfe) sont très nerveux en effet, et cherchent à s'organiser indépendamment car ils ont l'impression que l'Amérique est actuellement absente. Le problème est que ces pays sont trop faibles pour réussir seuls. C'est ce que l'on constate maintenant en Syrie, par exemple, qu'ils ne sont pas de taille contre Assad.

Donc le résultat final de l'erreur conceptuelle d'Obama est que l'alliance menée par l'Iran, qui reste de loin l'ennemi le plus puissant et dangereux dans la région, résiste bien, tandis que ce qui ressemblait à une alliance régionale menée par l'Amérique n'existe plus vraiment.

C'est, à mon avis, la conséquence directe du fait que le président américain n'à pas saisi les règles de base du comportement d'un protecteur dans l'espace hobbesien (Selon le philosophe Hobbes  l'homme un être mû principalement par la crainte et le désir ) du Moyen- Est.

Donc, si j'avais quelques minutes c'est ce que je lui dirais. Mais je lui dirais cela sans beaucoup d'illusion, car je suis sûr qu'il ne voudrait pas l'entendre.

Expert de l'ONU : il faut cesser les sanctions contre l'Iran et désarmer Israël

Hillel Neuer, directeur général de UN Watch,  réagit à un article par Richard Falk, expert à l'ONU et activiste gauchiste, dans lequel Falk maintien qu'il était juste de soutenir la révolution islamiste en Iran.

Falk termine sur le présent en affirmant que les USA sont guidées par les intérêts israéliens, que la seule solution est un moyen Orient sans armes nucléaires - israéliennes inclus et qu'il ne faut ni attaquer l'Iran ni imposer des sanctions économiques qui selon lui stabilisent le régime de Téhéran. En somme il faut qu'Israël détruise unilatéralement ses armes ?!?


17 OCT. 2012

Richard Falk, expert à l'ONU, justifie son article « Faire confiance à Khomeini » (1979) dans le New York Times

Par Hillel Neuer

Alors que l'AIEA et la communauté internationale se concentrent de plus en plus sur la menaçante course à la bombe nucléaire du gouvernement iranien, un nouvel article sur la révolution de 1979 par Richard Falk, rapporteur permanent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les « violations israéliennes des fondements et des principes du droit international », nous rappelle une fois de plus la façon dont il a été un promoteur clé aux Etats-Unis de l'établissement du régime fondamentaliste. 
Et la façon dont il reste aujourd'hui absolument impénitent.

Quelques jours après que l'ayatollah Khomeini eut pris le pouvoir en 1979, Falk, dans un billet d’opinion publié dans le New York Times intitulé « Faire confiance à Khomeini», rassurait le monde que «sa représentation comme fanatique, réactionnaire et colporteur de grossiers préjugés semble certainement et heureusement fausse ».


L’entourage de Khomeini, écrivait Falk, avait « un historique notable de souci pour les droits de l'homme ». En effet, le «nouveau modèle de révolution populaire » de l'ayatollah offrait au monde « un modèle désespérément nécessaire de gouvernance humaine pour un pays du tiers-monde ».

Sa longue réflexion sur les actions de l’ayatollah qui menèrent à la révolution arrive à l’heureuse conclusion que le jugement de Falk avait toujours été complètement justifié:

« Je continue à croire que, malgré les dangers de la politique visionnaire, elle est notre seul espoir, en tant qu'espèce, de créer un avenir juste et durable pour l'humanité ».


Falk veut nous faire croire que son approbation de Khomeini était tout à fait sensée car elle était «authentique» et fondée sur sa « meilleure compréhension » à l'époque:

« Je suis enclin à penser que ma réponse aux événements en Iran, dans leurs différente phases, était authentique, reflétant ma meilleure compréhension des événements en cours et ajustant mes évaluations au fil des périodes. Je préfère ce point de vue, même rétrospectivement, à l'indifférence à l’endroit du régime oppressif du Shah, tout en sachant que le changement drastique, surtout dans un pays doté d'abondantes réserves de pétrole, est presque assuré d'être un chemin semé d'embûches. Aurais-je dû être immédiatement plus méfiant à l’endroit de l'ayatollah Khomeiny et des dimensions islamiques de la révolution? Probablement, mais ce n'était pas clair à l’époque ... »

Pas clair à l'époque? Pas pour Falk, peut-être. Mais pour d'autres, c’était très clair. Peu de temps après l’article « Faire confiance à Khomeini » de Falk, Anthony Lewis du Times écrivait un article intitulé « Faire confiance aux illusions ».

Les assurances de Falk, déclarait Lewis, étaient «exceptionnellement stupides ». Son analyse était « déformée », ajoutait-il. «Personne n’aurait dû s'attendre à ce que l'Iran sous l'ayatollah Khomeini soit confortable, libéral ou stable ».

La folie entraîne des conséquences et des légions d’Iraniens et d’Iraniennes brutalisés, torturés et violés par la République islamique continuent de payer le prix de ce que Richard Falk et d'autres ont contribué à installer.

Comme à son habitude, Falk trouve le moyen d'insérer à la fin de son retour sur 1979 une attaque contemporaine contre Israël et les Etats-Unis, tout en ignorant complètement la course de l'Iran à la bombe nucléaire et - en dépit du fait qu’il soit un expert de l'ONU – toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et les rapports accablants de l'AIEA sur les activités furtives, illégales et inquiétantes de l’Iran, qui aujourd’hui menacent la paix du monde.

Pour en savoir plus sur Richard Falk, cliquez ici.

Traduit par David Ouellette (CERJI/CIJA)

dimanche 14 octobre 2012

Egypte : la nouvelle constitution fonde un état islamo-fasciste

Sherif Younis est maître de conférences en histoire moderne égyptienne et européenne à l'Université de Helwan, et un traducteur professionnel. Je l'ai adapté ici:

(Cet article a été publié en arabe dans l'hebdomadaire Egypt indépendant  et a été traduit en anglais   par Dina Zafer.)

Le Fascisme dans notre constitution

L’élément le plus important dans le projet de la Constitution en cours de finalisation par l'Assemblée Constituante est la définition de la citoyenneté - qui est un citoyen?

Le projet de Constitution définit comme citoyen en premier lieu celui qui est musulman et seulement en second lieu celui qui est né au pays.

Avec  cette conception de la citoyenneté, l'Etat vise à contrôler, à diriger les idées des citoyens leurs positions et croyances. L'Etat vise à figer ces croyances et à produire des citoyens standardisés.
Les femmes, en particulier, sont largement exclues de la Constitution, tandis que les concepts de base de la créativité et de la rébellion, ainsi que la révolte, sont en grande partie niés.

Les membres de l'Assemblée constituante ne sont ni stupides ni le feignent.

Ils sont inspirés par les vieilles conception d'un Etat qui modèle la nation afin que le peuple se conforme à l'identité pré-supposée. Pour eux, c'est cela l'essence du patriotisme et de la liberté. Cette conception est essentiellement un héritage du nassérisme, adopté par les Frères musulmans et par les nationalistes radicaux.

L'idée de stipuler une identité fixe prédéterminé pour l'État vise essentiellement à produire un état répressif.

Et c'est une idée qui se contredit , elle donne à penser qu'une certaine identité existe - qu'elle soit islamique ou égyptienne - et qu'il faut en même temps la protéger des "distorsions" ou des " Influences étrangères» .
Cette conception divise finalement la nation d'une part en un  "peuple autochtone", qui est perçu comme porteur de l'identité authentique de l'Etat, et d'autre part les étrangers et les traîtres.

L'Etat, avec ses outils de répression, est censé enseigner aux gens leur identité, qui est aussi, paradoxalement, censée être inhérente. De cette façon, la suppression par l'état de la liberté et du pluralisme devient l'essence de sa propre compréhension de la liberté - et c'est là que réside la contradiction dans ce projet de constitution. Par conséquent, le chapitre initial sur l'identité de l'État restreint la liberté avant même d'atteindre le chapitre des libertés.



Nous allons maintenant discuter de certains articles de la Constitution proposées afin de mieux comprendre les passages problématiques et leurs conséquences en Egypte après le soulèvement du 25 Janvier.


Article 1: La République arabe d'Egypte est un Etat unifié, sa souveraineté est indivisible.

Elle est dotée d'un régime démocratique qui repose sur les principes de la shura [consultation], le pluralisme et la citoyenneté, pour qui tous les citoyens ont des droits et des devoirs égaux.

Le peuple égyptien fait partie de la nation Arabe et Islamique, il insiste sur ​son appartenance au bassin du Nil, le continent africain et leurs couloirs asiatiques.
Le principe de la choura est un concept ambigu, et dire que la démocratie dépend de la choura - ce qui est une idée vague, même dans la jurisprudence islamique - ouvre la porte la restriction de la démocratie.

Mais compte tenu de la composition islamiste de l'Assemblée constituante, cette ambiguïté peut avoir été intentionnelle.

Article 5: La souveraineté n'appartient qu'au peuple seul, le peuple est la source des pouvoirs. Le peuple exerce la souveraineté et la protège  il préserve l'unité nationale de la manière déterminée par la constitution.
Il convient de noter ici que certains membres de l'assemblée ont suggéré que l'article stipule que la souveraineté appartient à Dieu seul, qui l'a donné à la nation pour l'exercer, et que le peuple est la source des pouvoirs. La variation sur l'article proposé par certains membres est le reflet de l'esprit général qui domine le chapitre sur les composantes fondamentales de l'état. Ce chapitre suggère que l'État jouit d'une autorité sur le Créateur, et que l'Etat , au nom du peuple, a renoncé la souveraineté au Créateur, de sorte que cette souveraineté, qui est exaltée dans une perspective religieuse, a un espace concret géographique dans laquelle le le peuple peut exercer leur souveraineté.

C'est un pas de géant vers la création d'un état religieux. En pratique, qui aurait l'autorité dans cet état religieux? Selon la rumeur il y ait une tendance au sein de l'assemblée d'accorder ce pouvoir à l'université islamique d'Al-Azhar. Mais si, en fait, une telle chose est votée, les islamistes des différents courants se démèneront pour contrôler cette institution, car celui qui contrôle Al Ahzar contrôlerait la société et l'état religieux. En outre, en prenant des références en dehors du contexte du concret et du vérifiable - en  accordant la souveraineté à Dieu - nous allons en fait jeter les bases d'un état fasciste.

Le problème n'est pas tant avec l'article en question, c'est le fait qu'il tente d'embellir d'autres articles dans le même chapitre.


Article 9: L'entité divine est sacro-sainte, et le sont donc aussi les entités des Messagers de Dieu et de ses Prophètes, les épouses du Prophète et des Califes Justes.
 La stipulation de protéger les prophètes et les messagers suppose que l'État est un état réligieux, plus précisément sunnite - porte atteinte à la notion de citoyenneté et d'égalité mentionnée ci-dessus. Cet article révèle un désir de la part de l 'assemblée constituante de saper la citoyenneté et la liberté d'expression, étant donné que des œuvres poétiques et littéraires se réfèrent souvent a ces figures et à l'entité divine.


Article 12: La famille constitue le fondement de la société, elle trouve ses piliers dans la religion, la morale et le patriotisme. L'Etat et la société doivent préserver l'identité religieuse et morale de la famille et les valeurs qui déterminent son identité, ils travaillent au maintien de sa cohérence et stabilité,  ils les protègent.
L'hégémonie de l'État sur l'identité de la famille est une forme d'ingérence dans la vie privée qui atteint le niveau du fascisme, et ouvre la porte à un conflit politique sur l'utilisation des outils de l'Etat pour déterminer le point essentiel de l'identité et de l'imposer.Les valeurs familiales et éthiques sont un concept relatif et changeant, il est inimaginable d'avoir un modèle prédéterminé, à moins que ce soit dans le cadre d'un régime nazi ou fasciste.

Par exemple, certaines familles égyptiennes permettent que leurs filles aillent à l'étranger pour travailler ou étudier, tandis que d'autres ne le permettent pas.Et il y a quelques décennies la majorité des familles égyptiennes n'auraient pas permis à leurs filles de voyager seules .

L'éthique et le concept de la religion sont variables et historiques. Cet article nous montre pourquoi  l'idée elle même de l'identité de l'Etat est problématique.


Article 14: L'Etat garantit que les femmes établiront un équilibre entre leurs devoirs envers la famille et leur travail dans la société, il garantit également que les femmes sont traitées comme les égales des hommes dans les domaines politique, social, culturel et économique de la vie, tout en respectant les décisions de la charia islamique.


Alors que le principe que les décisions islamiques deviennent la principale source de la législation a déjà été retirée de l'article 2 de la Constitution, sa réapparition ici pourrait menacer le principe d'égalité.

Certaines fatwas autorisent le mariage des mineures, par exemple, beaucoup d'entre elles ont été émises dans des temps anciens ou des lointaines décennies. Est-ce que ces fatwas seront toujours valides?  Les femmes ne doivent pas devenir les victimes de ces défauts.


Article 15: L'Etat et la société se sont engagés à préserver et à protéger l'éthique, à enraciner les authentiques traditions égyptiennes, la discipline religieuse exaltée, le patriotisme, les valeurs éthiques, l'héritage historique et de la civilisation de la nation, les mœurs générales et la culture arabe, ainsi que la conservation des monuments et des réserves naturelles dans les limites de la loi et de l'ordre public.


 L'Etat s'engage à suivre ces principes et de les enraciner. L'idée d'avoir une identité prédéterminée, essentiellement islamiste  pour l'Etat et ses habitants est contenue dans cet article.

Quel que soit le type d'identité, affirmer cette identité dans la Constitution indique dés le début indique  que la Constitution fait autorité parce qu'elle confie à l'Etat le soin de déterminer l'éthique, les traditions et l'héritage appropriés , et de les sauvegarder. Pourtant, cette vision est illusoire, puisque les valeurs et les traditions ont des significations différentes dans différentes parties du pays.

Plus alarmant encore, toutefois, ces principes permettent l'émergence d'une force de police d'éthique pour surveiller et contrôler ce qui est vaguement défini comme étant l'éthique et les normes.

Cela cautionne l'émergence d'une «police des justiciers des mœurs" par des groupes radicaux tels que le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, où de citoyens ordinaires se porteraient volontaires pour terroriser leurs concitoyens, conformément à des définitions officielles ou officieuses de l'éthique et des normes appropriées .

Globalement, les articles constitutionnels ci-dessus supposent que l'état est supérieur à la population, et doit donc inculquer une certaine éthique dans la société, qui sont, dans certaines perceptions de ce chapitre constitutionnel  " issus de la volonté divine."

Et enfin ici l'état est conçu comme celui qui reflète «la volonté d'une nation» et qui n'exprime pas la «volonté du  peuple." Cette compréhension traite la nation comme un organisme externe aux personnes, qui surpasse les civilisations et a ses racines dans le passé, et qui cherche à être présent dans le futur.

C'est exactement la base du fascisme et du nazisme. 

jeudi 11 octobre 2012

"Israël n'est pas le pire ennemi du monde arabe, ce sont ses gouvernants


Gerard Fredj a adapté et publié sur le blog de Gad, un article d'Abdulateef al-Mulhim publié dans Arab News sous le titre :"Israël n'est pas le pire ennemi du monde arabe, ce sont ses gouvernants".
 Extrait (lisez le texte intégral , il en vaut la peine!) :


" Quel est le coût réel de la non reconnaissance d'Israël de 1948 et pourquoi, au lieu de cela, les états arabes n'ont-ils pas dépensé cet argent dans l'éducation, la santé ou les infrastructures? 
 La question la plus sérieuse qu'aucun peuple arabe ne veut entendre est de savoir si Israël est vraiment un ennemi pour le monde et le peuple arabes". 
L'auteur explique qu'il a décidé d'écrire cet article après avoir vu les images des ravages des guerres et des attentats en Libye, au Yemen en Syrie, mais aussi observé le sous développement dans des régions entières du monde arabe. 
"Ce que j'ai vu dans ces images, c'est que les atrocités et les destructions ne sont pas le fait d'un ennemi extérieur. La misère, les tueries et les destructions sont le fait de ceux qui sont supposés protéger l'unité de ces pays et leur population, ajoutant : "alors la question est de savoir qui est vraiment l'ennemi du monde arabe?". 
L'auteur poursuit :"les vrais ennemis du monde arabe sont la corruption, l'absence d'éducation, l'absence de politique de santé, le manque de respect pour la vie humaine; les dictateurs du monde arabe utilise le conflit israelo-arabe pour opprimer leur propre peuple.  
Leurs atrocités sont de loin plus terribles que toutes celles des guerres israélo-arabes".

vendredi 20 juillet 2012

Islamisme : la troisième phase de l'histoire politique arabe contemporaine


L’avènement de l'islamisme constitue la troisième phase de l'histoire politique arabe moderne.

La Phase I, c’était les monarchies semi-coloniales de la première moitié du XXème siècle, dominées par la France et la Grande Bretagne.

La Phase II, c'était l'ère du nationalisme arabe : laïque, socialiste, anti-colonial et anti-clerical sur le modèle égyptien de la révolte de 1952 des officiers libres. Le vecteur du nationalisme arabe était la dictature militaire initiée par Gamal Nasser. Il portait l'étendard du Pan-Arabisme allant jusqu’à abandonner le nom "Égypte " pour  "République Arabe Unie" en unissant son pays à la Syrie en1958.
Cette expérience absurde qui a duré 3 ans devait être le début de la grande unification arabe qui n’est évidemment jamais arrivée.
Nasser a persécuté les islamistes férocement. Ses successeurs, Moubarak  et les Baathistes, iraquiens (Saddam Hussein) et Syriens (les Assad). Ils figuraient à leurs yeux l'antithèse réactionnaire au modernisme arabe.

Mais le soi-disant modernisme des dictateurs nationalistes arabes s'est avéré une faillite. C'était des régimes corrompus, semi-socialistes, bureaucratiques qui ont abandonné les citoyens à la pauvreté, l'indignité et  la répression.

Ce n'est pas une révolution Facebook mais le début d'une révolution islamiste. Surgissant des ruines du pan-arabisme , les Frères Musulmans proposent d'en finir avec les problèmes et la marginalisation du monde arabe. Le slogan tant martelé  : "la solution c'est l'Islam " emporte tout sur son passage.

Pour le moment, cet islamisme est modéré, comme en Turquie. Soit par ses racines comme au Maroc et en Tunisie, soit par contrainte externe comme en Égypte, où les militaires se considèrent les gardiens d'un état laïque à l'instar de l'armée turque pendant les 80 ans, entre Ataturk et Erdogan.

L'islamisme peut se radicaliser, alors il échouera et provoquera un autre véritable Printemps Arabe. L'Islam radical ne résout rien. La répression, la régression sociale et les conflits civils le démontrent en Afghanistan, au Soudan et en Iran.

Il n'est pas impossible qu'il s'adapte à la modernité, accepte l'alternance du pouvoir avec les laïques et aboutisse ainsi à une authentique forme de démocratie arabo-islamique. Peut être.

La seule certitude est que nationalisme arabe est mort et que son successeur est l'islamisme.
La sagesse commence avec la reconnaissance de cette dure réalité.

mercredi 4 juillet 2012

En laissant Navi Pillay dénigrer Israël à l'ONU, Obama trahit Israël

Anne Bayefsky a publié ce réquisitoire contre le président Obama et surtout contre Mme Navi Pillay, Haut commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies, dans le National Review :

Aujourd'hui, à l'Organisation des Nations Unies, l'administration Obama trahit Israël.

Pour la première fois, le Conseil de sécurité a invité le Haut Commissaire pour les droits de l'homme à "informer" le Conseil spécifiquement sur les péchés fantasmés d'Israël. Bien que les États-Unis aient un droit de veto, cette décision extraordinaire a la pleine approbation américaine, malgré le fait que la tribune globale sera offerte à Mme Navi Pillay, une célèbre militante anti-israélienne.

En outre, l'action soutenue par les Américains souligne la profonde faiblesse du président Obama sur la scène internationale. Il s'avère que son accord pour parrainer une session de dénigrement d'Israël aux plus hauts niveaux, était un compromis pour que le haut-commissaire rende compte devant le Conseil au sujet de la Syrie.

Le Conseil de sécurité n'a pas agi sur la Syrie depuis la résolution du 21 Avril 2012, qui a envoyé des observateurs non-armés regarder l'effusion de sang. La France voulait une séance d'information sur la Syrie par le haut-commissaire afin de générer plus de bruit. Le Pakistan, Membre du Conseil, a dit non, sauf si Israël était lui aussi mis au pilori. Les Russes ont aussi dit non, sauf si on parlait de la Libye. La Russie cherche à utiliser le désordre dans ce pays afin d'entraver des mesures plus strictes contre la Syrie.

À ce moment dans le jeu diplomatique, l'administration Obama aurait pu insister pour qu'Israël ne soit pas sacrifié, en monnaie d'échange, pour accorder l'attention voulue au carnage syrien. Au lieu de cela, ils ont cédé, acceptant un spectacle qui met la Syrie et Israël moralement à un niveau équivalent.

Seule réserve de l'équipe d'Obama ? La situation syrienne sera discutée le matin tandis que le rapport sur Israël aura lieu dans l'après-midi afin que les séances d'information - par la même personne - soient étiquetées "deux" réunions, ainsi le compromis sera moins visible. Susan Rice, ambassadeur d'Obama à l'ONU, pourra ensuite courir devant les caméras avant la session de l'après-midi et prétendre que l'examen du cas de la Syrie par le Conseil était un "succès".

La trahison d'Israël est particulièrement scandaleuse à la lumière de ce que l'administration américaine sait de Mme Navi Pillay. Elle est la responsable de l'ONU qui s'est interrogée, dans les heures suivant sa mort, sur la légalité de la mise à mort d'Oussama ben Laden . C'est elle qui a fait la promotion et qui a milité le plus pour la conference et la déclaration "anti raciste" [anti-israélienne] de Durban. Elle est l'aficionado des droits de l'Homme qui est restée collée à sa chaise à la conférence - pendant que les démocraties quittaient la salle en masse - lorsque le président iranien Ahmadinejad mettait en doute la véracité de l'Holocauste.

Le mois dernier, quand Pillay a demandé un renouvellement de son mandat en tant que haut-commissaire, l'administration a fait pression (inefficace) contre elle, en partie justement à cause de son biais anti-Israëlien. Mais un mois plus tard, les responsables d'Obama l'accueillent dans le saint des saints de l'ONU en tant qu'expert sur l'injustice en Israël et légitiment son message.

La conférence de Mme Pillay est éminemment prévisible. En Juillet 2010, lorsque elle a été invitée à s'adresser au Conseil de sécurité sur le thème général de la "protection des civils" partout dans le monde, elle n'a proféré que deux réquisitoires, et les deux ont été dirigés contre Israël. Elle a "prié instamment" le Conseil de forcer Israël à lever le blocus de Gaza - au mépris des conséquences évidentes sur les droits de l'Homme en cas de la création d'un dépôt d'armes iranien sur la Méditerranée. Et elle "a exhorté" le Conseil à soutenir l'infâme rapport Goldstone.

Novembre dernier, lorsqu'on lui a demandé d'informer le Conseil sur "la protection des civils dans les conflits armés", elle a placé les accusations "d'actes de violence perpétrés par les colons israéliens" au côté de l'impunité pour les "exécutions sommaires, viols et tortures" en Côte d'Ivoire, "la violence brutale" affectant "des dizaines de milliers" en Syrie, et "la torture systématique" en Afghanistan.

Quant à la brûlante nécessité de plus de séances d'information par Pillay, la dernière fois que le Conseil de sécurité a été informé en détail sur la "question palestinienne" était il y a 13 jours le 19 Juin 2012. En fait, des séances d'information détaillées du Conseil sur la question, y compris la condamnation rituelle d'Israël par les "experts de l'ONU" et par une série de dictatures, sont déjà organisées tous les mois.

Par conséquent offrir à Mme Pillay le podium du Conseil de sécurité pour attaquer Israël, doit être mis en parallèle avec le verbiage du président Obama pour sa réélection. Les électeurs sont préoccupés à juste titre par la symbiose du président avec l'ONU. Ainsi, les fonctionnaires de l'administration sont envoyés pour rassurer les électeurs juifs dans les États-clés comme la Floride, très précisément sur le sujet de la réponse d'Obama à la diabolisation d'Israël à l'ONU.

Voici Esther Brimmer, secrétaire adjoint au Bureau des affaires des organisations internationales, parlant à un groupe juif de Miami-Dade et de Broward, comtés de Floride le 24 Avril 2012 : "Notre engagement diplomatique... à l'ONU, est enraciné dans un engagement ferme du président Obama à soutenir Israël dans toutes les instances des Nations-Unies... Notre engagement à défendre Israël aux Nations Unies, à la fois dans la lutte contre les actions anti-israéliennes et à s'opposer à ceux qui cherchent à élargir les plates-formes anti-israéliennes à l'ONU, reste fort."

Et voici Susan Rice ambassadeur à l'ONU dans une synagogue de Boca Raton, en Floride, le 10 mai 2012 : "Pas un jour ne se passe - pas un seul - où mes collègues et moi ne travaillons dur pour défendre la sécurité et la légitimité d'Israël à l'ONU... Le président Obama a insisté sur le fait que les États-Unis se doivent d'être clairs : Le traitement reçu par Israël de l'ensemble des instances des Nations-Unies est inacceptable. Les efforts visant à réduire petit à petit la légitimité d'Israël se sont heurtées à l'opposition sans faille des États-Unis. "

Il n'en est rien.

- Anne Bayefsky est directrice de l'Institut Touro des droits de l'Homme et de l'Holocauste.