L'Orient le Jour
Dans un entretien diffusé par la Voix du Liban (100.5 FM), Mohammad Zouheir Siddiq, qualifié par les deux camps du 8 et du 14 Mars de « faux témoin » dans l'affaire de Rafic Hariri, est revenu à la charge, accusant frontalement la Syrie et le Hezbollah d'être derrière la série d'assassinats politiques qui se sont succédé au Liban.
Cette fois-ci M. Siddiq, qui affirme se trouver aux Pays-Bas, a étayé ses affirmations par une « preuve concrète », à savoir un enregistrement sonore de la voix, selon lui, de Maher el-Assad, frère du président syrien Bacher el-Assad. Dans l'enregistrement, qui a été diffusé lors de l'entrevue, l'on entend, toujours selon Siddiq, Maher el-Assad parler d'une réunion urgente, « pour exécuter l'opération », réunion à laquelle se seraient joints, affirme-t-il, Hussein Khalil, le conseiller politique du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, et le responsable de la sécurité au parti, Wafic Safa. Dans cet enregistrement, selon Siddiq, l'on entend également Maher el-Assad affirmer : « Nous allons avoir sa peau », dans une allusion directe,selon Siddiq, à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Siddiq a promis de fournir l'intégralité de l'enregistrement devant le Tribunal spécial pour le Liban.
Gebran Tuéni, Pierre, Samy et Nadim Gemayel
Mais les révélations faites par Mohammad Zouheir Siddiq ne s'arrêtent pas là. Le « faux témoin », qui met en garde Hassan Nasrallah et Bachar el-Assad soulignant que « leur heure est arrivée », affirme notamment avoir pris connaissance de la liste syrienne des cibles visées par les assassinats politiques, déclarant qu'il savait à l'avance que Gebran Tuéni allait être assassiné et qu'il l'avait mis en garde l'avant-veille de l'assassinat, alors que le député se trouvait à Paris, tout comme il avait prévenu la commission d'enquête internationale. Toujours selon lui, l'ordre de tuer Gebran Tuéni avait été donné par les Syriens. M. Siddiq affirme que la liste des personnalités à assassiner comprend également les noms de Samy et Nadim Gemayel. Figurait également sur la liste le nom du chef des Kataëb, Amine Gemayel. Toutefois, certaines personnalités libanaises, alliées de la Syrie, ont conseillé, selon Siddiq, qu'il fallait plutôt éliminer Pierre, son fils, qui représentait une figure emblématique et charismatique au sein du parti Kataëb. Mohammad Zouheir Siddiq a accusé l'ancien responsable Kataëb, Karim Pakradouni, d'avoir fourni à des membres du Parti syrien national social (PSNS) des informations sur les déplacements de Pierre Gemayel, ce qui a facilité son assassinat.
À la question de savoir pourquoi il n'avait pas confié toutes ses informations à la commission d'enquête internationale, ou au Tribunal spécial pour le Liban, l'invité a affirmé avoir pris peur le jour où il a découvert que l'une des traductrices arabes auprès des enquêteurs du TSL était un agent de la Syrie, affirmant avoir des enregistrements de sa voix, révélant son lien avec les autorités syriennes. Cependant, a ajouté Mohammad Zouheir Siddiq, tout ce que je révèle actuellement devrait être une information judiciaire à l'adresse du Tribunal spécial pour le Liban.
Évoquant l'enregistrement sonore de sa propre voix en compagnie de Saad Hariri diffusé il y a quelques semaines par la NTV, Mohammad Zouheir Siddiq a indiqué que l'entretien a été coupé et des passages ont été travestis, invitant la chaîne en question à rediffuser la totalité de l'enregistrement pour respecter la fidélité de ses propos, ceux de Saad Hariri et de Wissam el-Hassan.
Le « faux témoin » a enfin assuré que « la vérité sera révélée tôt ou tard », promettant d'autres enregistrements et preuves à venir. Il a notamment parlé d'une vidéo qu'il va bientôt livrer aux télés libanaises, dans laquelle on voit des officiers syriens en train de rouer de coups de pied le fameux Abou Adass, l'islamiste qui avait revendiqué l'assassinat de Rafic Hariri dans un enregistrement vidéo, indiquant qu'Abou Adass avait refusé tout au début de collaborer avec les services syriens.
Au cours de l'entretien avec la VDL, Mohammad Zouheir Siddiq a démenti à plusieurs reprises avoir perçu des sommes d'argent pour ses témoignages, affirmant que ses conditions financières sont précaires et qu'il n'a même pas réussi à inscrire ses enfants dans des écoles privées. Il a également affirmé que les Syriens avaient essayé de le soudoyer en lui offrant via un intermédiaire qu'il avait rencontré à Marbella en Espagne la somme de cinq millions d'euros afin qu'il cesse d'accuser le régime syrien des assassinats commis au Liban. Siidiq ajoute que la rencontre a été filmée et enregistrée par les enquêteurs du TSL.
Prié de dire pourquoi les forces politiques au Liban, les forces du 8 et du 14 Mars le considèrent comme étant un faux témoin, il a répondu en affirmant qu'il a été le premier à parler de la Mitsubishi, le véhicule qui se trouvait sur les lieux de l'assassinat de Rafic Hariri, le premier à avoir déterminé la quantité d'explosifs utilisés, qui, a-t-il dit, est la même quantité utilisée lors de la reconstitution du crime en France, le premier à avoir certifié que l'explosion a eu lieu en surface alors que tout le monde affirmait qu'elle était souterraine, le premier également à avoir indiqué qu'Abou Adass n'était pas le kamikaze. « Si tout ce que j'ai affirmé n'est pas vrai, alors je serais effectivement un faux témoin », a-t-il répliqué. Et de s'engager à se pendre en public si les propos qu'il vient de révéler n'étaient pas vrais.
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vendredi 18 février 2011
jeudi 27 janvier 2011
Qui est Majib Miqati, le premier ministre libanais?
Commentary Magazine Michael J. Totten - 26/01/2011 - 6:56 PM
Ainsi, le Hezbollah l'a fait. Le Premier ministre libanais Saad Hariri a été remplacé par Najib Miqati, un homme présenté comme un leader de "compromis" qui est trés loin d'être un membre du Hezbollah, mais qui est d'accord néanmoins avec le Hezbollah sur les quelques sujets - qui importent le plus.
Miqati dit qu'il est un centriste indépendant qui n'est pas d'accord avec le Hezbollah autant qu'il n'est d'accord avec personne au Liban. Je le crois, effectivement, tant qu'il fait allusion au nombre de choses qu'il n'est pas d'accord avec sur le Hezbollah. Il s'agit d'un sunnite et donc évidemment pas une pom-pom girl pour les intérêts sectaires chiites que defend le Hezbollah. Il n'y a aucune chance qu'il approuve l'idéologie régnante du gouvernement iranien du velayat-e faqih, le système théocratique totalitaire que le Hezbollah aimerait imposer sur le Liban s'il en avait la force - ce qui n'est pas le cas.
Miqati est un homme d'affaires milliardaire et n'adhere pas, même de loin, à la paranoïa grotesque du Hezbollah sur le capitalisme mondial qui est selon eux , un complot machiavélique juif américain.
Cependant ce que fera Miqati , est de sauvegarder "la résistance", comme il l'a promis - ce qui signifie qu'il ne demandera pas au Hezbollah de remettre ses armes aux autorités - qui est l'une des deux seules choses Hezbollah exige de lui. La seconde est répudier le Tribunal spécial des Nations Unies pour le Liban.
Tout le monde s'attend maintenant à ce que le tribunal inculpe le Hezbollah pour l'assassinat de l'ancien Premier ministre sunnite Rafik Hariri, un événement qui peut gravement endommager de façon permanente la reputation du Hezbollah dans le monde arabe à majorité sunnite, même si le Hezbollah a un sunnite disposé à lui fournir une certaine legitimité.
Le Hezbollah a aussi besoin, et il l'obtiendra , de la même chose du président du Liban le chrétien Michel Suleiman.
Tout le reste que feront ces deux leaders en leur qualité officielle n'a aucune importance du point de vue du Hezbollah.
Le Liban ne va pas probablement jamais ressembler à Gaza, qui est sous le contrôle complet d'une armée terroriste islamiste. Le regne du Hamas sur ce territoire assiégé en talibans virtuels de la Méditerranée orientale, mais les Libanais feront sauter laur pays dans une guerre civile plutôt que de se soumettre à quelque chose comme ça. Le Hezbollah le sait, tout comme les Syriens et les Iraniens. Ils savent aussi, ou du moins pensent qu'ils savent, qu'ils peuvent intimider le reste du pays dans la soumission sur les deux points les plus cruciaux de son ordre du jour, celles qui donnent au Hezbollah la latitude de faire ce qu'il veut dans les zones à majorité chiite qu'il ne contrôle directement.
Nous sommes sur le point de savoir si c'est vrai. Nous allons également savoir si'l reste vrai qu'Israël prendra des gants la prochaine fois, en cas de guerre.
Ainsi, le Hezbollah l'a fait. Le Premier ministre libanais Saad Hariri a été remplacé par Najib Miqati, un homme présenté comme un leader de "compromis" qui est trés loin d'être un membre du Hezbollah, mais qui est d'accord néanmoins avec le Hezbollah sur les quelques sujets - qui importent le plus.
Miqati dit qu'il est un centriste indépendant qui n'est pas d'accord avec le Hezbollah autant qu'il n'est d'accord avec personne au Liban. Je le crois, effectivement, tant qu'il fait allusion au nombre de choses qu'il n'est pas d'accord avec sur le Hezbollah. Il s'agit d'un sunnite et donc évidemment pas une pom-pom girl pour les intérêts sectaires chiites que defend le Hezbollah. Il n'y a aucune chance qu'il approuve l'idéologie régnante du gouvernement iranien du velayat-e faqih, le système théocratique totalitaire que le Hezbollah aimerait imposer sur le Liban s'il en avait la force - ce qui n'est pas le cas.
Miqati est un homme d'affaires milliardaire et n'adhere pas, même de loin, à la paranoïa grotesque du Hezbollah sur le capitalisme mondial qui est selon eux , un complot machiavélique juif américain.
Cependant ce que fera Miqati , est de sauvegarder "la résistance", comme il l'a promis - ce qui signifie qu'il ne demandera pas au Hezbollah de remettre ses armes aux autorités - qui est l'une des deux seules choses Hezbollah exige de lui. La seconde est répudier le Tribunal spécial des Nations Unies pour le Liban.
Tout le monde s'attend maintenant à ce que le tribunal inculpe le Hezbollah pour l'assassinat de l'ancien Premier ministre sunnite Rafik Hariri, un événement qui peut gravement endommager de façon permanente la reputation du Hezbollah dans le monde arabe à majorité sunnite, même si le Hezbollah a un sunnite disposé à lui fournir une certaine legitimité.
Le Hezbollah a aussi besoin, et il l'obtiendra , de la même chose du président du Liban le chrétien Michel Suleiman.
Tout le reste que feront ces deux leaders en leur qualité officielle n'a aucune importance du point de vue du Hezbollah.
Le Liban ne va pas probablement jamais ressembler à Gaza, qui est sous le contrôle complet d'une armée terroriste islamiste. Le regne du Hamas sur ce territoire assiégé en talibans virtuels de la Méditerranée orientale, mais les Libanais feront sauter laur pays dans une guerre civile plutôt que de se soumettre à quelque chose comme ça. Le Hezbollah le sait, tout comme les Syriens et les Iraniens. Ils savent aussi, ou du moins pensent qu'ils savent, qu'ils peuvent intimider le reste du pays dans la soumission sur les deux points les plus cruciaux de son ordre du jour, celles qui donnent au Hezbollah la latitude de faire ce qu'il veut dans les zones à majorité chiite qu'il ne contrôle directement.
Nous sommes sur le point de savoir si c'est vrai. Nous allons également savoir si'l reste vrai qu'Israël prendra des gants la prochaine fois, en cas de guerre.
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vendredi 21 janvier 2011
Les camps se cristallisent au Liban pour la nomination du prochain premier ministre. Omar Karamé est le candidat du Hezbollah et de la Syrie.
Le Nouvel Observateur
Le leader druze Walid Joumblatt s'est rangé vendredi du côté du camp du Hezbollah dans la crise politique libanaise, un soutien qui pourrait être déterminant dans les tractations en vue de nommer un nouveau Premier ministre après la chute du gouvernement de Saad Hariri.
"Je confirme la position de mon parti de se tenir aux côtés de la Syrie et de la Résistance [nom de code politiquement correct au Liban pour le Hezbollah]", a dit M. Joumblatt lors d'une conférence de presse, en référence au puissant mouvement chiite Hezbollah. Il a précisé que cette décision était motivée par son désir de préserver la stabilité du Liban.
Onze ministres du camp du Hezbollah ont démissionné le 12 janvier du gouvernement d'union, provoquant sa chute, après de longs mois de bras de fer avec le camp du Premier ministre Saad Hariri au sujet du tribunal de l'ONU chargé d'identifier et de juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.
Sur les 128 députés, le bloc parlementaire de M. Joumblatt compte 11 élus (dont cinq appartenant à son parti), celui du Hezbollah 57 et celui de Saad Hariri 60.
Pour imposer son candidat au poste de Premier ministre, le Hezbollah a besoin de 8 voix en plus des 57 qui lui sont assurées. Mais le ralliement de M. Joumblatt ne signifie pas que les 10 autres députés de son bloc le suivront.
Le mouvement chiite est opposé à un nouveau mandat de Saad Hariri, mais ce dernier a confirmé jeudi sa candidature "en dépit des intimidations". Le Hezbollah et ses alliés devraient présenter pour candidat Omar Karamé, déjà Premier ministre à deux reprises.
Le président de la République, Michel Sleimane, doit entamer lundi des consultations avec les groupes parlementaires sur la nomination d'un Premier ministre.
Le Liban est divisé depuis des mois au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), soutenu par le camp Hariri mais discrédité par le Hezbollah, qui s'attend à être mis en cause dans l'assassinat.
Tentant en vain depuis des mois d'obtenir de Saad Hariri qu'il désavoue le TSL, il a prévenu qu'il se "défendrait" contre toute mise en cause.
M. Joumblatt a pour sa part accusé le TSL de chercher à semer la discorde: "Le tribunal est devenu un instrument de destruction et s'écarte de la voie de la justice pour devenir le lieu de tous les marchandages."
Il a par ailleurs expliqué s'être mis d'accord avec le président syrien Bachar al-Assad, qu'il a rencontré récemment, pour que la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement désavoue le TSL.
Ahmad Fatfat, député du camp Hariri, a affirmé que sa coalition ne participerait pas à un gouvernement dirigé par le Hezbollah et ses alliés: "Dans l'hypothèse d'une victoire de l'autre camp, je ne pense pas que nous allons participer à un tel gouvernement".
La déclaration de M. Joumblatt intervient au lendemain de la décision de la Turquie et du Qatar de suspendre leur médiation. L'Arabie saoudite, qui soutient le camp Hariri, avait elle aussi annoncé auparavant qu'elle abandonnait sa médiation avec la Syrie, qui appuie le Hezbollah.
Dans tout le pays, la peur gagne la population, pour qui cette crise ravive le spectre des violences confessionnelles de mai 2008, quand des combats entre sunnites et chiites avaient fait une centaine de morts et mené le pays au bord de la guerre civile.
Face à cette situation, la France a exhorté vendredi tous les partis libanais à "bannir les violences" et à "préserver l'unité, la stabilité et la souveraineté du Liban".
Le leader druze Walid Joumblatt s'est rangé vendredi du côté du camp du Hezbollah dans la crise politique libanaise, un soutien qui pourrait être déterminant dans les tractations en vue de nommer un nouveau Premier ministre après la chute du gouvernement de Saad Hariri.
"Je confirme la position de mon parti de se tenir aux côtés de la Syrie et de la Résistance [nom de code politiquement correct au Liban pour le Hezbollah]", a dit M. Joumblatt lors d'une conférence de presse, en référence au puissant mouvement chiite Hezbollah. Il a précisé que cette décision était motivée par son désir de préserver la stabilité du Liban.
Onze ministres du camp du Hezbollah ont démissionné le 12 janvier du gouvernement d'union, provoquant sa chute, après de longs mois de bras de fer avec le camp du Premier ministre Saad Hariri au sujet du tribunal de l'ONU chargé d'identifier et de juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.
Sur les 128 députés, le bloc parlementaire de M. Joumblatt compte 11 élus (dont cinq appartenant à son parti), celui du Hezbollah 57 et celui de Saad Hariri 60.
Pour imposer son candidat au poste de Premier ministre, le Hezbollah a besoin de 8 voix en plus des 57 qui lui sont assurées. Mais le ralliement de M. Joumblatt ne signifie pas que les 10 autres députés de son bloc le suivront.
Le mouvement chiite est opposé à un nouveau mandat de Saad Hariri, mais ce dernier a confirmé jeudi sa candidature "en dépit des intimidations". Le Hezbollah et ses alliés devraient présenter pour candidat Omar Karamé, déjà Premier ministre à deux reprises.
Le président de la République, Michel Sleimane, doit entamer lundi des consultations avec les groupes parlementaires sur la nomination d'un Premier ministre.
Le Liban est divisé depuis des mois au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), soutenu par le camp Hariri mais discrédité par le Hezbollah, qui s'attend à être mis en cause dans l'assassinat.
Tentant en vain depuis des mois d'obtenir de Saad Hariri qu'il désavoue le TSL, il a prévenu qu'il se "défendrait" contre toute mise en cause.
M. Joumblatt a pour sa part accusé le TSL de chercher à semer la discorde: "Le tribunal est devenu un instrument de destruction et s'écarte de la voie de la justice pour devenir le lieu de tous les marchandages."
Il a par ailleurs expliqué s'être mis d'accord avec le président syrien Bachar al-Assad, qu'il a rencontré récemment, pour que la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement désavoue le TSL.
Ahmad Fatfat, député du camp Hariri, a affirmé que sa coalition ne participerait pas à un gouvernement dirigé par le Hezbollah et ses alliés: "Dans l'hypothèse d'une victoire de l'autre camp, je ne pense pas que nous allons participer à un tel gouvernement".
La déclaration de M. Joumblatt intervient au lendemain de la décision de la Turquie et du Qatar de suspendre leur médiation. L'Arabie saoudite, qui soutient le camp Hariri, avait elle aussi annoncé auparavant qu'elle abandonnait sa médiation avec la Syrie, qui appuie le Hezbollah.
Dans tout le pays, la peur gagne la population, pour qui cette crise ravive le spectre des violences confessionnelles de mai 2008, quand des combats entre sunnites et chiites avaient fait une centaine de morts et mené le pays au bord de la guerre civile.
Face à cette situation, la France a exhorté vendredi tous les partis libanais à "bannir les violences" et à "préserver l'unité, la stabilité et la souveraineté du Liban".
lundi 17 janvier 2011
Le moment de vérité de Saad Hariri . Analyse géopolitique de l'histoire récente du Liban
Middle East Forum (MEFORUM) par Hilal Khashan
Middle East Quarterly
Hiver 2011, p. 65-71
Les développements récents au Liban ont montré que les conditions préalables à la restauration de sa souveraineté ne sont pas encore matérialisées. La disparition de la «Révolution du Cèdre» et la fragmentation de la "Coalition du 14 Mars" ont remis le pays à l'ère de la domination syrienne. La crise associée à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et la formation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) donnent encore une autre démonstration flagrante que le pays reste une victime de l'empiètement régional et que la loyauté de ses dirigeants restent aussi sectaires que jamais .
Tragédie et Espoir
Dans le contexte de l'intensification des tensions régionales, Assad veut récupérer la situation de prédominance régionale à travers la réparation des relations avec l'Arabie Saoudite-gravement endommagés suite à l'assassinat d'Hariri.
L'assassinat de Hariri dans une puissante explosion le 14 Février 2005, a choqué et attristé beaucoup de Libanais, en particulier les sunnites, qui ont vécu un sentiment de perte personnelle profonde. En dehors des Libanais, les arabes et les dirigeants du monde ont exprimé l'exaspération devant la mort prématurée d'une figure politique autonome dominante et self made man . La Place des Martyrs à Beyrouth, , où Hariri a été enterré en dehors de la mosquée al-Amin adjacente, est devenu un lieu de ralliement pour ceux qui pleurent l'ex-Premier ministre et d'autres qui voulaient exprimer leur consternation face à la présence militaire Syrienne au Liban pendant 29 ans. Les rassemblements quotidiens, la plupart du temps par les partisans de la "mouvement du futur", les Forces libanaises et le Parti phalangiste, donna bientôt naissance à ce qu'on a appelé la Révolution du Cèdre. Les pressions intérieures ont assuré la mise en œuvre de la résolution 1559 du Conseil de la sécurité de l'ONU de Septembre 2004, qui, entre autres, a demandé le retrait de toutes les troupes étrangères du Liban. [1] Couplé avec accusations généralisées sur le rôle de Damas dans l'assassinat, principalement émanant de la méfiance du président Bachar al-Assad aux connexions de Rafik Hariri avec l'Ouest et avec l'Arabie Saoudite couplée avec le mécontentement d'Hariri avec la pression syrienne de l'époque pour donner au président Emile Lahoud un troisième mandat-Ces accusations ont fait paniquer l'inexpérimentés politiquement président Assad.
La Syrie sort sans-gêne
Le gouvernement libanais-pro syrien d'Omar Karamé a rapidement présenté sa démission [2] et a été remplacé le 19 avril 2005, par un gouvernement d'union nationale provisoire chargée de superviser les élections nationales en un mois. Trois semaines après l'assassinat de Rafic Hariri, Assad a succombé à des pressions venant du Liban et de l'Ouest et a annoncé son intention de retirer les 16 000 troupes syriennes du Liban avant la fin du mois d'avril.
Le 8 Mars, le Hezbollah a orchestré une manifestation pro-syrienne dans le centre de Beyrouth, qui a attiré environ 700 000 supporters,six jours plus tard la large coalition anti-syrienne avait répondu avec un-plus-gros rassemblement de plus d'un million dans le même quartier. Ces grands démonstrations de force ont donné naissance à deux formations politiques diamétralement opposés , la majorité anti-syrienne , la "Coalition du 14 Mars» et la pro-syrienne "coalition du 8 Mars." Comme le premier groupe a pris l'initiative et a poursuivi une position pugnace anti-syrienne , son rival s'est contenté de maintenir un profil bas tout en même temps en parlant des "sacrifices syrienne au Liban." [3] Les sunnites et les maronites Anti-Assad ont agressé dans leur colère des malheureux travailleurs syriens dans le pays. Beaucoup d'entre eux sont devenus "les victimes de crimes, y compris les passages à tabac, les vols qualifiés, la mise à feu des tentes où ils vivent [d], et même des assassinats." [4]
Les dirigeants de la Coalition du 14 Mars, en particulier le leader druze libanais, Walid Joumblatt, et Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, ont lancé une campagne de diffamation cinglante contre le régime syrien en général et le président Assad en particulier. Appelant Assad "le tyran de Damas», Joumblatt a déclaré: «Ce garçon contrôle de la vie des gens à Damas et il tue des gens libres au Liban. "Si le tribunal est entravé nous serons tous Nawaf [un druze qui a assassiné l'ancien président syrien Adib Chichakli. en 1964]. " [5]
Dans une de ses nombreuses attaques contre le régime syrien, Hariri a accusé Assad de faire infiltrer des extrémistes islamiques au Liban "afin de répandre le chaos et commettre des actes terroristes ciblant les officiers de l'armée et les civils." [6] S'dressant au peuple syrien, Hariri a dit: «Votre franchise et l'amour fraternel pour nous contraste avec la ruse du régime et de la tactique de la tromperie." [7] Il a décrit Qasr al-Muhajerin (palais présidentiel de Assad) comme Qasr al-Mutajerin («palais des marchands). [ 8]
Tribunal spécial pour le Liban
L'assassinat de Rafic Hariri a généré un bouleversement politique qui a secoué la communauté sunnite et gravement compromis l'accord Ta'if de 1989, qui avait terminé 15 ans de guerre civile du Liban.
Depuis, les auteurs de crimes politiques au Liban ont rarement été traduits en justice en raison de la faiblesse et l'inefficacité des systèmes policier et judiciaire du pays, le cabinet Karamé a succombé à la lourde pression du public , dirigé par la famille Hariri, et a décidé d'impliquer l'ONU dans l'enquête contre ceux qui ont planifié, financé et exécuté l'assassinat.
Une mission d'enquête des Nations Unies est arrivé au Liban pour les questions de fond, et le 7 avril 2005, le Conseil de sécurité a formé une Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies (UNIIIC) afin de sonder l'assassinat de l'ancien Premier ministre . [9]
Le rapport préliminaire de l'enquêteur des Nations Unies, Detlev Mehlis, en Octobre 2005 a fourni des preuves mettant en cause de hauts responsables syriens et libanais dans l'assassinat. [10] Deux mois plus tard, son rapport de suivi apportait un éclairage supplémentaire sur les auteurs possibles du crime, basé sur l'interrogatoire de nouveaux témoins, l'enquête sur la scène d'explosion, des conversations téléphoniques interceptées, et des dossiers de la sécurité intérieure des Forces libanaise . [11] Immédiatement après la publication du deuxième rapport, le gouvernement libanais a demandé à l'ONU une aide à l'établissement «d'un tribunal à caractère international pour juger les les auteurs présumés . " [12] Le 30 mai 2007, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1757 de mettre en place un Tribunal spécial pour le Liban dans le cadre de l'obligatoire chapitre VII [13] après que le gouvernement libanais divisé n'avait pas accordé son autorisation ni attribué un statut au tribunal. , les dirigeants syriens ont considéré le STL comme une violation de la souveraineté du pays, et le Hezbollah l'a condamné comme un complot sioniste. [14]
L'ascension de l'Iran et ses mandataires arabes
Pendant ce temps, les guerres américaines en Afghanistan (2001) et l'Irak (2003) créateur avaient débarrassé le patron du Hezbollah-la République islamique d'Iran de ses deux ennemis jurés, les talibans dans l'est et Saddam Hussein à l'ouest. Le bourbier qui a suivi dans les deux pays a effectivement mis fin de confinement de l'Iran, Téhéran permettant d'exercer un pouvoir suprême en Irak, en particulier par la majorité chiite au pouvoir , et d'établir une présence importante en Afghanistan, en particulier dans les zones non-Pachtounes. Le résultat indécis de la guerre de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah offre une plus grande impulsion à l'Iran pour la prééminence régionale comme en témoigne sa quête continue d'un programme nucléaire controversé au mépris des résolutions du Conseil de sécurité et de l'intensification des sanctions internationales.
L'influence du Hezbollah a également fait un bond à la suite de la guerre de 2006. Pendant la guerre, il a accusé le puis-Premier ministre libanais Fouad Siniora de collusion avec Israël, et en Novembre 2006, les cinq membres chiites du cabinet Siniora ont présenté leur démission pour protester de son intention de signer le projet de plan de l'ONU pour la création de la STL. En Décembre, le Hezbollah et ses alliés au sein du mouvement chiite Amal, en collaboration avec le mouvement de l'ancien président Michel Aoun le Courant Patriotique Libre a organisé une manifestation prolongée dans le centre de Beyrouth et a campé devant le bureau de M. Siniora pendant plusieurs semaines. En mai 2008, le Hezbollah a envahi l'ouest de Beyrouth et la forteresse de Joumblatt sur la montagne du Chouf, obligeant le gouvernement à revenir sur sa décision d'interdire les réseaux de communication fixes du Hezbollah et de chasser le chef chiite de l'aéroport international de Beyrouth.
Dans les territoires palestiniens, Damas et Téhéran ont utilisé leur influence pesante avec le Hamas pour faire échouer toutes les tentatives de parvenir à la réconciliation palestinienne, ce qui complique les négociations de paix israélo-palestinien, et donne à l'alliance irano-syrienne d'une arme de négociation supplémentaire dans la politique au Moyen-Orient.
Les gains régionaux de l'Iran ont également menacé la stabilité du Conseil de coopération du Golfe (CCG). La proximité géographique, la présence d'un grand nombre d'immigrants iraniens sur la rive arabe du Golfe, et l'incapacité apparente des pays du CCG à incorporer de façon adéquate leurs populations chiites dans le système politique et le tissu de la société ont offert à l'Iran une occasion unique de collaborer avec ces communautés au détriment de leurs homologues sunnites.
Au Koweït, les tensions sectaires ont monté à la suite de la montée de l'intégrisme sunnite avec les chiites qui ont des doutes quant à la capacité de la famille régnante pour assurer leur sécurité collective et personnelle. Les Chiites saoudiens sont encore essentiellement quiétiste même s'ils sont peu susceptibles de rester insensibles aux vents du changement qui soufflent dans les pays voisins, y compris une insurrection Huthi au Yémen.
En effet, les Saoudiens, qui pendant des années redoutaient un réveil chiite venant de l'est et au nord, récemment se sont trouvés aux prises avec une nouvelle menace venant du sud. Au cours de l'été 2009, les forces armées saoudiennes ont été entraînés dans une confrontation militaire difficile avec les autorités iraniennes soutenant les Huthis, qui ont occupé une série de lieux frontaliers avec l'Arabie saoudite. Couplé avec la menace permanente domestique d' al-Qaïda les problèmes de succession non résolus, l'élite dirigeante de l'Arabie saoudite a été confrontée à des problèmes sur tous les fronts.
Vengeance de la Syrie
Dans ce contexte de fortes tensions régionales, Assad essaye de récupérer la position dominante régionale pour son pays, réparer les relations avec l'Arabie saoudite-gravement endommagée suite à l'assassinat de Rafik Hariri par l'appui à Riyad dans sa lutte contre la Huthis et corriger tranquillement le déséquilibre des rapports de force de la Syrie avec l'Iran. Il a calculé que, tout comme la position affaiblie de la Syrie vis-à-vis de l'Iran provient d'une série de développements intempestifs (notamment l'exode syrienn du Liban), ainsi d'isolation croissante de Téhéran a augmenté son besoin de de Damas la pan-arabe , afin de légitimer ses empiétements régionaux. En outre, compte tenu de son emplacement stratégique, la Syrie a été vitale pour le maintien de la ligne de vie iranienne pour le Hezbollah.
La stratégie de Bachar cherche à imiter le rôle joué par son défunt père après le déclenchement de la guerre Iran-Irak en 1980. Alors, Hafez al-Assad avait convaincu les états nerveux du GCC qu'il allait utiliser ses bons offices auprès de Téhéran pour préserver leur intégrité territoriale et de prévenir tout debordement de la guerre sur leur territoire. Près de trente ans plus tard, conscient de la pénétration iranienne en Irak et ayant perdu confiance dans la capacité des États-Unis pour les protéger, les Saoudiens ont redécouvert les mérites du régime Assad.
L'ambassadeur d'Arabie Saoudite à Damas a confirmé le rétablissement des relations entre les deux pays suite à la visite du roi Abdallah à Damas en Octobre 2009, déclarant que "la communication régulière et les relations spéciales existant entre le gardien des lieux saints et le président Assad sont des exemples à imiter pour d'autres dirigeants arabes . " L'ambassadeur a ajouté que "les fruits des relations entre les deux pays sont distingués ... se reflétant positivement, en particulier en Irak et au Liban."
Walid Joumblatt, dont le père a été assassiné en 1977 par des libanais en fait par procuration au compte de la Syrie, ont rapidement compris les implications de l'entente naissante syro-saoudienne. Il s'est enfui de la Coalition du 14 Mars dirigée par Hariri peu de temps après les élections parlementaires de 2009 , a cessé de critiquer le régime syrien et ses alliés libanais, et même émis un «excuses sans ambiguïté à la Syrie», à la station satellite al-Jazeera TV .
Se rétracte sa critique au vitriol d'Assad, M. Joumblatt a expliqué que le langage de charretier qu'il avait utilisé pour décrire le président syrien était erroné, car il a parlé à l'impulsion du moment pendant les jours difficiles qui ont suivi l'assassinat de Hariri. [15] Il a suivi cette ligne en adoptant la position du Hezbollah au sujet d'une enquête internationale sur l'assassinat: «Je souhaite que la STL n'ait pas existé, et il vaut mieux pour la justice de dénoncer les faux témoins." [16]
Les excuses de Joumblatt à la Syrie et la volte-face de son parcours politique ont envoyé un message sans équivoque, mais qui donne à réfléchir à Hariri qui avait échoué à former un cabinet jusqu'à ce que le roi Abdallah d''Arabie Saoudite a intercédé en sa faveur auprès d'Assad. Ce n'est qu'après que Hariri ait reçu une invitation officielle à se rendre à Damas, cinq mois après que son Coalition du 14 Mars avait remporté une majorité parlementaire claire, que l'opposition a accepté de rejoindre son cabinet en Novembre 2009. Même alors, les Saoudiens ont continué à faire pression sur Hariri pour ceder aux demandes syriennes, affirmant qu'il y avait des limites claires à leur influence et que Riyad et Beyrouth doivent accepter un rôle plus important pour Damas dans les affaires de son petit voisin. [17]
Ces limites se sont manifestées tant au Liban et en Irak. Bien que les Saoudiens avaient soutenu les coalitions de Saad Hariri et l'ancien Premier ministre irakien Iyad Allaoui, aucun d'eux n'a réussi à former un cabinet sur la base de la majorité parlementaire qu'ils ont obtenu dans les urnes. Selon les paroles de M. Allaoui: «Il est illogique de s'attendre à des efforts de l'Arabie saoudite,de l'Egypte, de la Syrie réussissent à éliminer les obstacles sur la route de la formation du cabinet irakien." [18]
Les Saoudiens ont également rappelé à Hariri que l'arrivée à Beyrouth du roi Abdallah en Juillet 2010 à bord du même avion que le président syrien Assad avait pour but de souligner l'acquiescement de Riyad à al supériorité du rôle de Damas au Liban. [19] Dans un entretien avec le quotidien al-Sharq al- Awsat appartenant à l'Arabie Saoudite, Hariri s'est excusé auprès de la Syrie pour l'avoir accusé du meurtre de son père. "Accuser Damas de l'assassinat était une erreur, dit-il. "Les faux témoins ont induit en erreur l'enquête, et ils ont causé du tort à la Syrie et au Liban. [Ils] ont ruiné la relation entre les deux pays et politisé l'assassinat." [20] les concessions d'Hariri, aussi douloureuse qu'elles étaient, ne semblent pas satisfaire Assad, qui voulait rien de moins que la capitulation inconditionnelle du premier ministre.
En conséquence, en Octobre 2010, un tribunal syrien a émis des mandats d'arrêt contre trente-trois personnes, principalement des membres de l'équipe administrative de politique et Hariri, pour avoir prétendument induit en erreur l'enquête de Mehlis. Le général de Brigade Jamil al-Sayyed, ancien chef de la sécurité libanaise et un des plus grands hommes de la Syrie au Liban, qui avait déposé la plainte sous-jacente des mandats, est allé jusqu'à remettre en cause Hariri "à passer un test au détecteur de mensonge pour savoir s'il se tenait derrière les témoins qui ont donné un faux témoignage "qui a conduit à l'emprisonnement de Sayyed pendant quatre ans. [21] Compte tenu de ses liens étroits avec Assad, qui lui a donné un accueil personnalisé à chaque fois qu'il s'est rendu à Damas, il est inconcevable que Sayyed oserait un attentat contre M.Rafik Hariri sans le feu vert du président syrien.
En effet, les préoccupations au sujet de mises en accusation de Damas par le STL semblent avoir disparu, sentant comme que l'affaire de assassinat de Rafic Hariri est sensiblement moins importante. Cela a à son tour laissé le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, craindre que Assad pourrait le laisser affronter le tsunami du tribunal spécial pour le Liban seul. " [22] Muhammad Raad, un parlementaire du Hezbollah , a exprimé la crainte de son organisation quand il a carrément dit au président libanais Michel Suleiman, «Nous n'avons pas d'agents qui peuvent passer quatre ans en prison, nous n'avons personne qui peut passer ne serait ce que quatre secondes en prison." [23]
C'est dans ce contexte que l'on devrait évaluer l'insistance d'Assad que Hariri dénonce le STL. Il est important pour Bachar de continuer à convaincre les Iraniens qu'il est en mesure d'obtenir des concessions des Saoudiens et de leurs alliés en Irak et au Liban, car autrement il pourrait perdre sa position auto-attribuée de conciliateur régional. De même, conformément à son nouveau rôle d'apaisement avec Damas et le Hezbollah, M. Joumblatt s'est porté volontaire pour prétendre qu '«il [était] pas besoin d'un tribunal qui mène aux effusions de sang." [24]
Hariri a déjà parcouru un long chemin à faire des concessions, et il est peu probable qu'il défie ses patrons d'Arabie Saoudite. Après tout, l'Irak et le Golfe Persique signifie beaucoup plus pour le roi Abdallah que d'accuser les assassins de Rafic Hariri. Les éléments essentiels sont en place pour régler l'impasse entre STL Hariri d'une part et Damas et le Hezbollah de l'autre. Compte tenu de la nature confessionnelle de la politique libanaise, tout doit être résolu sur la base du consensus, ce qui signifie un arrangement. L'activité en cours pour calmer la crise repose ainsi sur les moyens de trouver une formule qui satisfera le Hezbollah, tout en permettant de sauver la face du Mouvement du Futur et de Hariri.
Pour trouver la formule gagnante, les puissances régionales tentent la quadrature du cercle en ce qui concerne les principaux obstacles: 1) de la STL et les actes d'accusation à venir; 2) les mandats d'arrêt syriens, et 3) les charges de faux témoins.
Le compromis émergents semble consister en une annulation syrienne des mandats d'arrêt, couplé avec l'abandone par le Hezbollah des accusations de faux témoins, et Hariri critiquant l'affaiblissement par le rapport de l'ONU du Hezbollah qui est un «mouvement de résistance".
Le Premier ministre tentera très probablement d'éviter une dénonciation personnelle des actes d'accusation, mais ne va pas autoriser les fonctionnaires du gouvernement de coopérer avec la STL, donc effectivement cela rendra les actes d'accusation sans valeur. Comme Joumblatt a récemment suggéré, Hariri pourrait se contenter de trouver la vérité sur les assassins de son père sans les traduire en justice. Pendant ce temps, le Hezbollah peut continuer à dénoncer le STL et de prétendre qu'elle équivalait à rien de plus qu'une conspiration américano-israélienne. Cela permettra à toutes les parties au Liban pour interpréter les actes d'accusation lors de la publication, conformément à leurs intérêts sans rallumer la guerre civile.
Défaite de la bataille pour la souveraineté
Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré que la clé de la souveraineté du Liban reste dans la volonté de la Syrie pour échanger des missions diplomatiques avec son voisin. Lorsque en 2009 Damas a finalement accepté d'ouvrir une ambassade dans la capitale libanaise, Sarkozy se vantait que cette réalisation était de «son propre fait, et que ses politiques ont réussi." [25]
Sarkozy et les politiciens aux vues similaires à l'Ouest, , qui pensent que dialogue avec la Syrie qui va mettre fin à son isolement sera un incitatifs suffisant pour l'inciter à quitter le Liban, ont tout à fait tort. Damas semble avoir une fixation constitutionnelle sur son petit voisin. Désireux de bénéficier d'un statut de puissance régionale pour leur pays, les dirigeants syriens ont longtemps considéré le Liban comme partie intégrante et légitime de leur patrimoine.
Pour leur part, les Saoudiens sont soucieux de contenir divisions régionales entre chiites et sunnite et semblent prêts à abandonner la souveraineté du Liban à cette fin, compte tenu que le pays est "un prix de guerre nécessaire pour résoudre les crises régionales plus importantes pour eux." [ 26] De même, la position géostratégique du Liban offre un cadre idéal pour ses voisins proches et lointains à étendre leur influence régionale et de défier l'Occident et Israël, tout en profitant de cet état mou. Les Libanais ne ratent jamais une occasion de se plaindre que leurs voisins ne les laissent pas seuls. Mais le fait que les dirigeants sectaires du Liban ne savent pas comment faire de la politique sans avoir un sponsor étranger témoigne de la triste vérité que les racines de l'absence de souveraineté du pays sont principalement internes et sont ancrées dans son anachronisme, le système politique confessionnel.
[1] "The Situation in the Middle East," UNSC resolution 1559, Sept. 2, 2004.
[2] CNN News, Feb. 28, 2005.
[3] Voice of America, Mar. 8, 2005.
[4] Agence France-Presse, Mar. 14, 2008.
[5] Ya Libnan (Beirut), Dec. 28, 2006.
[6] The Daily Star (Beirut), Sept. 29, 2008.
[7] Al-Riyadh, Aug. 18, 2006.
[8] Ibid.
[9] "Report of the International Independent Investigation Commission Established Pursuant to Security Council Resolution 1595 (2005): Chronology of Events, Mid-2004-September 2005," (Mehlis report), United Nations, New York, p. ii.
[10] BBC News, Oct. 21, 2005.
[11] Ya Libnan, Dec. 20, 2005.
[12] "Handbook on the Special Tribunal for Lebanon," International Center for Transitional Justice, New York and Beirut, Apr. 10, 2008, p. 9.
[13] "The Situation in the Middle East," UNSC resolution 1757, May 30, 2007.
[14] Al-Qabas (Kuwait), Sept. 30, 2010.
[15] Al-Diyar (Beirut), Dec. 13, 2009.
[16] Al-Khaleej (UAE), Sept. 27, 2010.
[17] Ariel Farrar-Wellman, Robert Frasco, "Saudi Arabia-Iran Relations," IranTracker, American Enterprise Institute, Washington, D.C., July 20, 2010.
[18] Al-Iraq News (Baghdad), Aug. 1, 2010.
[19] Al-Quds al-Arabi (London), July 31, 2010.
[20] Asharq al-Awsat (London), Sept. 6, 2010.
[21] LCCC (Lebanese-Canadian Coordinating Council) English Daily News Bulletin, Sept. 18, 2010.
[22] Asharq al-Awsat, July 25, 2010.
[23] Al-Akhbar (Beirut), July 26, 2010.
[24] Al-Nahar (Beirut), Oct. 4, 2010.
[25] Al-Hayat (London), Oct. 6, 2010.
[26] Al-Safir (Beirut), Oct. 5, 2010.
Middle East Quarterly
Hiver 2011, p. 65-71
Les développements récents au Liban ont montré que les conditions préalables à la restauration de sa souveraineté ne sont pas encore matérialisées. La disparition de la «Révolution du Cèdre» et la fragmentation de la "Coalition du 14 Mars" ont remis le pays à l'ère de la domination syrienne. La crise associée à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et la formation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) donnent encore une autre démonstration flagrante que le pays reste une victime de l'empiètement régional et que la loyauté de ses dirigeants restent aussi sectaires que jamais .
Tragédie et Espoir
Dans le contexte de l'intensification des tensions régionales, Assad veut récupérer la situation de prédominance régionale à travers la réparation des relations avec l'Arabie Saoudite-gravement endommagés suite à l'assassinat d'Hariri.
L'assassinat de Hariri dans une puissante explosion le 14 Février 2005, a choqué et attristé beaucoup de Libanais, en particulier les sunnites, qui ont vécu un sentiment de perte personnelle profonde. En dehors des Libanais, les arabes et les dirigeants du monde ont exprimé l'exaspération devant la mort prématurée d'une figure politique autonome dominante et self made man . La Place des Martyrs à Beyrouth, , où Hariri a été enterré en dehors de la mosquée al-Amin adjacente, est devenu un lieu de ralliement pour ceux qui pleurent l'ex-Premier ministre et d'autres qui voulaient exprimer leur consternation face à la présence militaire Syrienne au Liban pendant 29 ans. Les rassemblements quotidiens, la plupart du temps par les partisans de la "mouvement du futur", les Forces libanaises et le Parti phalangiste, donna bientôt naissance à ce qu'on a appelé la Révolution du Cèdre. Les pressions intérieures ont assuré la mise en œuvre de la résolution 1559 du Conseil de la sécurité de l'ONU de Septembre 2004, qui, entre autres, a demandé le retrait de toutes les troupes étrangères du Liban. [1] Couplé avec accusations généralisées sur le rôle de Damas dans l'assassinat, principalement émanant de la méfiance du président Bachar al-Assad aux connexions de Rafik Hariri avec l'Ouest et avec l'Arabie Saoudite couplée avec le mécontentement d'Hariri avec la pression syrienne de l'époque pour donner au président Emile Lahoud un troisième mandat-Ces accusations ont fait paniquer l'inexpérimentés politiquement président Assad.
La Syrie sort sans-gêne
Le gouvernement libanais-pro syrien d'Omar Karamé a rapidement présenté sa démission [2] et a été remplacé le 19 avril 2005, par un gouvernement d'union nationale provisoire chargée de superviser les élections nationales en un mois. Trois semaines après l'assassinat de Rafic Hariri, Assad a succombé à des pressions venant du Liban et de l'Ouest et a annoncé son intention de retirer les 16 000 troupes syriennes du Liban avant la fin du mois d'avril.
Le 8 Mars, le Hezbollah a orchestré une manifestation pro-syrienne dans le centre de Beyrouth, qui a attiré environ 700 000 supporters,six jours plus tard la large coalition anti-syrienne avait répondu avec un-plus-gros rassemblement de plus d'un million dans le même quartier. Ces grands démonstrations de force ont donné naissance à deux formations politiques diamétralement opposés , la majorité anti-syrienne , la "Coalition du 14 Mars» et la pro-syrienne "coalition du 8 Mars." Comme le premier groupe a pris l'initiative et a poursuivi une position pugnace anti-syrienne , son rival s'est contenté de maintenir un profil bas tout en même temps en parlant des "sacrifices syrienne au Liban." [3] Les sunnites et les maronites Anti-Assad ont agressé dans leur colère des malheureux travailleurs syriens dans le pays. Beaucoup d'entre eux sont devenus "les victimes de crimes, y compris les passages à tabac, les vols qualifiés, la mise à feu des tentes où ils vivent [d], et même des assassinats." [4]
Les dirigeants de la Coalition du 14 Mars, en particulier le leader druze libanais, Walid Joumblatt, et Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, ont lancé une campagne de diffamation cinglante contre le régime syrien en général et le président Assad en particulier. Appelant Assad "le tyran de Damas», Joumblatt a déclaré: «Ce garçon contrôle de la vie des gens à Damas et il tue des gens libres au Liban. "Si le tribunal est entravé nous serons tous Nawaf [un druze qui a assassiné l'ancien président syrien Adib Chichakli. en 1964]. " [5]
Dans une de ses nombreuses attaques contre le régime syrien, Hariri a accusé Assad de faire infiltrer des extrémistes islamiques au Liban "afin de répandre le chaos et commettre des actes terroristes ciblant les officiers de l'armée et les civils." [6] S'dressant au peuple syrien, Hariri a dit: «Votre franchise et l'amour fraternel pour nous contraste avec la ruse du régime et de la tactique de la tromperie." [7] Il a décrit Qasr al-Muhajerin (palais présidentiel de Assad) comme Qasr al-Mutajerin («palais des marchands). [ 8]
Tribunal spécial pour le Liban
L'assassinat de Rafic Hariri a généré un bouleversement politique qui a secoué la communauté sunnite et gravement compromis l'accord Ta'if de 1989, qui avait terminé 15 ans de guerre civile du Liban.
Depuis, les auteurs de crimes politiques au Liban ont rarement été traduits en justice en raison de la faiblesse et l'inefficacité des systèmes policier et judiciaire du pays, le cabinet Karamé a succombé à la lourde pression du public , dirigé par la famille Hariri, et a décidé d'impliquer l'ONU dans l'enquête contre ceux qui ont planifié, financé et exécuté l'assassinat.
Une mission d'enquête des Nations Unies est arrivé au Liban pour les questions de fond, et le 7 avril 2005, le Conseil de sécurité a formé une Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies (UNIIIC) afin de sonder l'assassinat de l'ancien Premier ministre . [9]
Le rapport préliminaire de l'enquêteur des Nations Unies, Detlev Mehlis, en Octobre 2005 a fourni des preuves mettant en cause de hauts responsables syriens et libanais dans l'assassinat. [10] Deux mois plus tard, son rapport de suivi apportait un éclairage supplémentaire sur les auteurs possibles du crime, basé sur l'interrogatoire de nouveaux témoins, l'enquête sur la scène d'explosion, des conversations téléphoniques interceptées, et des dossiers de la sécurité intérieure des Forces libanaise . [11] Immédiatement après la publication du deuxième rapport, le gouvernement libanais a demandé à l'ONU une aide à l'établissement «d'un tribunal à caractère international pour juger les les auteurs présumés . " [12] Le 30 mai 2007, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1757 de mettre en place un Tribunal spécial pour le Liban dans le cadre de l'obligatoire chapitre VII [13] après que le gouvernement libanais divisé n'avait pas accordé son autorisation ni attribué un statut au tribunal. , les dirigeants syriens ont considéré le STL comme une violation de la souveraineté du pays, et le Hezbollah l'a condamné comme un complot sioniste. [14]
L'ascension de l'Iran et ses mandataires arabes
Pendant ce temps, les guerres américaines en Afghanistan (2001) et l'Irak (2003) créateur avaient débarrassé le patron du Hezbollah-la République islamique d'Iran de ses deux ennemis jurés, les talibans dans l'est et Saddam Hussein à l'ouest. Le bourbier qui a suivi dans les deux pays a effectivement mis fin de confinement de l'Iran, Téhéran permettant d'exercer un pouvoir suprême en Irak, en particulier par la majorité chiite au pouvoir , et d'établir une présence importante en Afghanistan, en particulier dans les zones non-Pachtounes. Le résultat indécis de la guerre de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah offre une plus grande impulsion à l'Iran pour la prééminence régionale comme en témoigne sa quête continue d'un programme nucléaire controversé au mépris des résolutions du Conseil de sécurité et de l'intensification des sanctions internationales.
L'influence du Hezbollah a également fait un bond à la suite de la guerre de 2006. Pendant la guerre, il a accusé le puis-Premier ministre libanais Fouad Siniora de collusion avec Israël, et en Novembre 2006, les cinq membres chiites du cabinet Siniora ont présenté leur démission pour protester de son intention de signer le projet de plan de l'ONU pour la création de la STL. En Décembre, le Hezbollah et ses alliés au sein du mouvement chiite Amal, en collaboration avec le mouvement de l'ancien président Michel Aoun le Courant Patriotique Libre a organisé une manifestation prolongée dans le centre de Beyrouth et a campé devant le bureau de M. Siniora pendant plusieurs semaines. En mai 2008, le Hezbollah a envahi l'ouest de Beyrouth et la forteresse de Joumblatt sur la montagne du Chouf, obligeant le gouvernement à revenir sur sa décision d'interdire les réseaux de communication fixes du Hezbollah et de chasser le chef chiite de l'aéroport international de Beyrouth.
Dans les territoires palestiniens, Damas et Téhéran ont utilisé leur influence pesante avec le Hamas pour faire échouer toutes les tentatives de parvenir à la réconciliation palestinienne, ce qui complique les négociations de paix israélo-palestinien, et donne à l'alliance irano-syrienne d'une arme de négociation supplémentaire dans la politique au Moyen-Orient.
Les gains régionaux de l'Iran ont également menacé la stabilité du Conseil de coopération du Golfe (CCG). La proximité géographique, la présence d'un grand nombre d'immigrants iraniens sur la rive arabe du Golfe, et l'incapacité apparente des pays du CCG à incorporer de façon adéquate leurs populations chiites dans le système politique et le tissu de la société ont offert à l'Iran une occasion unique de collaborer avec ces communautés au détriment de leurs homologues sunnites.
Au Koweït, les tensions sectaires ont monté à la suite de la montée de l'intégrisme sunnite avec les chiites qui ont des doutes quant à la capacité de la famille régnante pour assurer leur sécurité collective et personnelle. Les Chiites saoudiens sont encore essentiellement quiétiste même s'ils sont peu susceptibles de rester insensibles aux vents du changement qui soufflent dans les pays voisins, y compris une insurrection Huthi au Yémen.
En effet, les Saoudiens, qui pendant des années redoutaient un réveil chiite venant de l'est et au nord, récemment se sont trouvés aux prises avec une nouvelle menace venant du sud. Au cours de l'été 2009, les forces armées saoudiennes ont été entraînés dans une confrontation militaire difficile avec les autorités iraniennes soutenant les Huthis, qui ont occupé une série de lieux frontaliers avec l'Arabie saoudite. Couplé avec la menace permanente domestique d' al-Qaïda les problèmes de succession non résolus, l'élite dirigeante de l'Arabie saoudite a été confrontée à des problèmes sur tous les fronts.
Vengeance de la Syrie
Dans ce contexte de fortes tensions régionales, Assad essaye de récupérer la position dominante régionale pour son pays, réparer les relations avec l'Arabie saoudite-gravement endommagée suite à l'assassinat de Rafik Hariri par l'appui à Riyad dans sa lutte contre la Huthis et corriger tranquillement le déséquilibre des rapports de force de la Syrie avec l'Iran. Il a calculé que, tout comme la position affaiblie de la Syrie vis-à-vis de l'Iran provient d'une série de développements intempestifs (notamment l'exode syrienn du Liban), ainsi d'isolation croissante de Téhéran a augmenté son besoin de de Damas la pan-arabe , afin de légitimer ses empiétements régionaux. En outre, compte tenu de son emplacement stratégique, la Syrie a été vitale pour le maintien de la ligne de vie iranienne pour le Hezbollah.
La stratégie de Bachar cherche à imiter le rôle joué par son défunt père après le déclenchement de la guerre Iran-Irak en 1980. Alors, Hafez al-Assad avait convaincu les états nerveux du GCC qu'il allait utiliser ses bons offices auprès de Téhéran pour préserver leur intégrité territoriale et de prévenir tout debordement de la guerre sur leur territoire. Près de trente ans plus tard, conscient de la pénétration iranienne en Irak et ayant perdu confiance dans la capacité des États-Unis pour les protéger, les Saoudiens ont redécouvert les mérites du régime Assad.
L'ambassadeur d'Arabie Saoudite à Damas a confirmé le rétablissement des relations entre les deux pays suite à la visite du roi Abdallah à Damas en Octobre 2009, déclarant que "la communication régulière et les relations spéciales existant entre le gardien des lieux saints et le président Assad sont des exemples à imiter pour d'autres dirigeants arabes . " L'ambassadeur a ajouté que "les fruits des relations entre les deux pays sont distingués ... se reflétant positivement, en particulier en Irak et au Liban."
Walid Joumblatt, dont le père a été assassiné en 1977 par des libanais en fait par procuration au compte de la Syrie, ont rapidement compris les implications de l'entente naissante syro-saoudienne. Il s'est enfui de la Coalition du 14 Mars dirigée par Hariri peu de temps après les élections parlementaires de 2009 , a cessé de critiquer le régime syrien et ses alliés libanais, et même émis un «excuses sans ambiguïté à la Syrie», à la station satellite al-Jazeera TV .
Se rétracte sa critique au vitriol d'Assad, M. Joumblatt a expliqué que le langage de charretier qu'il avait utilisé pour décrire le président syrien était erroné, car il a parlé à l'impulsion du moment pendant les jours difficiles qui ont suivi l'assassinat de Hariri. [15] Il a suivi cette ligne en adoptant la position du Hezbollah au sujet d'une enquête internationale sur l'assassinat: «Je souhaite que la STL n'ait pas existé, et il vaut mieux pour la justice de dénoncer les faux témoins." [16]
Les excuses de Joumblatt à la Syrie et la volte-face de son parcours politique ont envoyé un message sans équivoque, mais qui donne à réfléchir à Hariri qui avait échoué à former un cabinet jusqu'à ce que le roi Abdallah d''Arabie Saoudite a intercédé en sa faveur auprès d'Assad. Ce n'est qu'après que Hariri ait reçu une invitation officielle à se rendre à Damas, cinq mois après que son Coalition du 14 Mars avait remporté une majorité parlementaire claire, que l'opposition a accepté de rejoindre son cabinet en Novembre 2009. Même alors, les Saoudiens ont continué à faire pression sur Hariri pour ceder aux demandes syriennes, affirmant qu'il y avait des limites claires à leur influence et que Riyad et Beyrouth doivent accepter un rôle plus important pour Damas dans les affaires de son petit voisin. [17]
Ces limites se sont manifestées tant au Liban et en Irak. Bien que les Saoudiens avaient soutenu les coalitions de Saad Hariri et l'ancien Premier ministre irakien Iyad Allaoui, aucun d'eux n'a réussi à former un cabinet sur la base de la majorité parlementaire qu'ils ont obtenu dans les urnes. Selon les paroles de M. Allaoui: «Il est illogique de s'attendre à des efforts de l'Arabie saoudite,de l'Egypte, de la Syrie réussissent à éliminer les obstacles sur la route de la formation du cabinet irakien." [18]
Les Saoudiens ont également rappelé à Hariri que l'arrivée à Beyrouth du roi Abdallah en Juillet 2010 à bord du même avion que le président syrien Assad avait pour but de souligner l'acquiescement de Riyad à al supériorité du rôle de Damas au Liban. [19] Dans un entretien avec le quotidien al-Sharq al- Awsat appartenant à l'Arabie Saoudite, Hariri s'est excusé auprès de la Syrie pour l'avoir accusé du meurtre de son père. "Accuser Damas de l'assassinat était une erreur, dit-il. "Les faux témoins ont induit en erreur l'enquête, et ils ont causé du tort à la Syrie et au Liban. [Ils] ont ruiné la relation entre les deux pays et politisé l'assassinat." [20] les concessions d'Hariri, aussi douloureuse qu'elles étaient, ne semblent pas satisfaire Assad, qui voulait rien de moins que la capitulation inconditionnelle du premier ministre.
En conséquence, en Octobre 2010, un tribunal syrien a émis des mandats d'arrêt contre trente-trois personnes, principalement des membres de l'équipe administrative de politique et Hariri, pour avoir prétendument induit en erreur l'enquête de Mehlis. Le général de Brigade Jamil al-Sayyed, ancien chef de la sécurité libanaise et un des plus grands hommes de la Syrie au Liban, qui avait déposé la plainte sous-jacente des mandats, est allé jusqu'à remettre en cause Hariri "à passer un test au détecteur de mensonge pour savoir s'il se tenait derrière les témoins qui ont donné un faux témoignage "qui a conduit à l'emprisonnement de Sayyed pendant quatre ans. [21] Compte tenu de ses liens étroits avec Assad, qui lui a donné un accueil personnalisé à chaque fois qu'il s'est rendu à Damas, il est inconcevable que Sayyed oserait un attentat contre M.Rafik Hariri sans le feu vert du président syrien.
En effet, les préoccupations au sujet de mises en accusation de Damas par le STL semblent avoir disparu, sentant comme que l'affaire de assassinat de Rafic Hariri est sensiblement moins importante. Cela a à son tour laissé le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, craindre que Assad pourrait le laisser affronter le tsunami du tribunal spécial pour le Liban seul. " [22] Muhammad Raad, un parlementaire du Hezbollah , a exprimé la crainte de son organisation quand il a carrément dit au président libanais Michel Suleiman, «Nous n'avons pas d'agents qui peuvent passer quatre ans en prison, nous n'avons personne qui peut passer ne serait ce que quatre secondes en prison." [23]
C'est dans ce contexte que l'on devrait évaluer l'insistance d'Assad que Hariri dénonce le STL. Il est important pour Bachar de continuer à convaincre les Iraniens qu'il est en mesure d'obtenir des concessions des Saoudiens et de leurs alliés en Irak et au Liban, car autrement il pourrait perdre sa position auto-attribuée de conciliateur régional. De même, conformément à son nouveau rôle d'apaisement avec Damas et le Hezbollah, M. Joumblatt s'est porté volontaire pour prétendre qu '«il [était] pas besoin d'un tribunal qui mène aux effusions de sang." [24]
Hariri a déjà parcouru un long chemin à faire des concessions, et il est peu probable qu'il défie ses patrons d'Arabie Saoudite. Après tout, l'Irak et le Golfe Persique signifie beaucoup plus pour le roi Abdallah que d'accuser les assassins de Rafic Hariri. Les éléments essentiels sont en place pour régler l'impasse entre STL Hariri d'une part et Damas et le Hezbollah de l'autre. Compte tenu de la nature confessionnelle de la politique libanaise, tout doit être résolu sur la base du consensus, ce qui signifie un arrangement. L'activité en cours pour calmer la crise repose ainsi sur les moyens de trouver une formule qui satisfera le Hezbollah, tout en permettant de sauver la face du Mouvement du Futur et de Hariri.
Pour trouver la formule gagnante, les puissances régionales tentent la quadrature du cercle en ce qui concerne les principaux obstacles: 1) de la STL et les actes d'accusation à venir; 2) les mandats d'arrêt syriens, et 3) les charges de faux témoins.
Le compromis émergents semble consister en une annulation syrienne des mandats d'arrêt, couplé avec l'abandone par le Hezbollah des accusations de faux témoins, et Hariri critiquant l'affaiblissement par le rapport de l'ONU du Hezbollah qui est un «mouvement de résistance".
Le Premier ministre tentera très probablement d'éviter une dénonciation personnelle des actes d'accusation, mais ne va pas autoriser les fonctionnaires du gouvernement de coopérer avec la STL, donc effectivement cela rendra les actes d'accusation sans valeur. Comme Joumblatt a récemment suggéré, Hariri pourrait se contenter de trouver la vérité sur les assassins de son père sans les traduire en justice. Pendant ce temps, le Hezbollah peut continuer à dénoncer le STL et de prétendre qu'elle équivalait à rien de plus qu'une conspiration américano-israélienne. Cela permettra à toutes les parties au Liban pour interpréter les actes d'accusation lors de la publication, conformément à leurs intérêts sans rallumer la guerre civile.
Défaite de la bataille pour la souveraineté
Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré que la clé de la souveraineté du Liban reste dans la volonté de la Syrie pour échanger des missions diplomatiques avec son voisin. Lorsque en 2009 Damas a finalement accepté d'ouvrir une ambassade dans la capitale libanaise, Sarkozy se vantait que cette réalisation était de «son propre fait, et que ses politiques ont réussi." [25]
Sarkozy et les politiciens aux vues similaires à l'Ouest, , qui pensent que dialogue avec la Syrie qui va mettre fin à son isolement sera un incitatifs suffisant pour l'inciter à quitter le Liban, ont tout à fait tort. Damas semble avoir une fixation constitutionnelle sur son petit voisin. Désireux de bénéficier d'un statut de puissance régionale pour leur pays, les dirigeants syriens ont longtemps considéré le Liban comme partie intégrante et légitime de leur patrimoine.
Pour leur part, les Saoudiens sont soucieux de contenir divisions régionales entre chiites et sunnite et semblent prêts à abandonner la souveraineté du Liban à cette fin, compte tenu que le pays est "un prix de guerre nécessaire pour résoudre les crises régionales plus importantes pour eux." [ 26] De même, la position géostratégique du Liban offre un cadre idéal pour ses voisins proches et lointains à étendre leur influence régionale et de défier l'Occident et Israël, tout en profitant de cet état mou. Les Libanais ne ratent jamais une occasion de se plaindre que leurs voisins ne les laissent pas seuls. Mais le fait que les dirigeants sectaires du Liban ne savent pas comment faire de la politique sans avoir un sponsor étranger témoigne de la triste vérité que les racines de l'absence de souveraineté du pays sont principalement internes et sont ancrées dans son anachronisme, le système politique confessionnel.
[1] "The Situation in the Middle East," UNSC resolution 1559, Sept. 2, 2004.
[2] CNN News, Feb. 28, 2005.
[3] Voice of America, Mar. 8, 2005.
[4] Agence France-Presse, Mar. 14, 2008.
[5] Ya Libnan (Beirut), Dec. 28, 2006.
[6] The Daily Star (Beirut), Sept. 29, 2008.
[7] Al-Riyadh, Aug. 18, 2006.
[8] Ibid.
[9] "Report of the International Independent Investigation Commission Established Pursuant to Security Council Resolution 1595 (2005): Chronology of Events, Mid-2004-September 2005," (Mehlis report), United Nations, New York, p. ii.
[10] BBC News, Oct. 21, 2005.
[11] Ya Libnan, Dec. 20, 2005.
[12] "Handbook on the Special Tribunal for Lebanon," International Center for Transitional Justice, New York and Beirut, Apr. 10, 2008, p. 9.
[13] "The Situation in the Middle East," UNSC resolution 1757, May 30, 2007.
[14] Al-Qabas (Kuwait), Sept. 30, 2010.
[15] Al-Diyar (Beirut), Dec. 13, 2009.
[16] Al-Khaleej (UAE), Sept. 27, 2010.
[17] Ariel Farrar-Wellman, Robert Frasco, "Saudi Arabia-Iran Relations," IranTracker, American Enterprise Institute, Washington, D.C., July 20, 2010.
[18] Al-Iraq News (Baghdad), Aug. 1, 2010.
[19] Al-Quds al-Arabi (London), July 31, 2010.
[20] Asharq al-Awsat (London), Sept. 6, 2010.
[21] LCCC (Lebanese-Canadian Coordinating Council) English Daily News Bulletin, Sept. 18, 2010.
[22] Asharq al-Awsat, July 25, 2010.
[23] Al-Akhbar (Beirut), July 26, 2010.
[24] Al-Nahar (Beirut), Oct. 4, 2010.
[25] Al-Hayat (London), Oct. 6, 2010.
[26] Al-Safir (Beirut), Oct. 5, 2010.
lundi 13 décembre 2010
La fille d'un député chrétien libanais assassiné accuse: Les coupables deviennent des victimes, et les victimes, des coupables.
L'allusion à l'affaire dite des "faux témoins" dans l'assassinat Harriri est transparente. En effet la Syrie a émis des mandants d’arrêt internationaux contre plus de 30 témoins à charge au TSL (Tribunal Spécial pour le liban) contre le Hezbollah .
L'orient le Jour
À l'occasion de la cinquième commémoration de l'assassinat du député Gebran Tuéni, la famille Tuéni ainsi que celle du quotidien an-Nahar ont fait célébrer une messe, hier à midi, en la cathédrale Saint-Georges des grecs-orthodoxes, place de l'Étoile. La cérémonie était présidée par le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi.
La coalition du 14 Mars était largement représentée, ainsi que la grande famille journalistique, à côté d'une foule de parents et d'amis fidèles
Fouad Siniora représentait le Premier ministre Saad Hariri. Les ministres Élias Murr, Ziyad Baroud, Tarek Mitri, Boutros Harb, Michel Pharaon et Jean Oghassabian côtoyaient les députés Ammar Houri, Marwan Hamadé, Ziyad Kadri, Élie Aoun, Nabil de Freige, Nadim Gemayel, Dory Chamoun, Mohammad Kabbani, Georges Adwan et Ahmad Fatfat, pour ne citer que ceux-là. Étaient également présents Samir Frangié, Farès Souhaid, ainsi que Solange Gemayel, Joyce Gemayel, May Chidiac, Rose Choueiri, Eddy Abillama, Daoud Sayegh et Mohammad Baalbaki.
Après la messe, l'archevêque Élias Audi a prononcé une homélie, essentiellement placée sous le thème de la liberté.
S'adressant à la foule, et surtout à la famille proche du martyr, sa veuve Siham Tuéni, ses filles Nayla, Michèle, Nadia et Gabriella, et Mme Mirna Murr Abou Charaf, Mgr Audi a rappelé que le Christ est venu sur Terre pour libérer les hommes, et qu'Il leur a ainsi donné la grâce de pouvoir « faire des choix libres » et d'en assumer la responsabilité devant les hommes et devant Dieu.
« Le Christ nous a libérés de la mort par Sa résurrection, ainsi, l'homme a cessé d'être esclave de la peur. L'homme libre vit pleinement sa vie, il construit son avenir dans la foi et dans l'amour, en pleine connaissance du bon et du juste, pour que chacun autour de lui parvienne aussi à se libérer. »
Mgr Audi a poursuivi son propos, soulignant que « l'homme libre est un amoureux du droit, mais que l'amour du droit et de la vérité est source de douleur ; or c'est justement cette douleur qui anime l'homme libre et qui le pousse en avant, loin des petitesses du monde, des mensonges et de la médiocrité des hommes ».
Et l'archevêque d'affirmer : « Ainsi était Gebran, un homme épris de liberté et de droit, un homme qui n'a jamais cédé sur ses principes, ni accepté le compromis ni vendu sa conscience. Sa cause émanait d'une conviction profonde qui l'a mené jusqu'au martyre. Qu'importe, disait-il, seule la vérité libère, et nous continuerons à la dire. »
Mgr Audi a continué de brosser le portrait de Gebran Tuéni, un pacifiste convaincu dont la seule arme était la plume et une voix qui résonne. À l'instar des saints et des martyrs, Gebran s'est donné éperdument à son pays, mû par une sorte de « folie divine » qui a porté son action et qui a hâté son départ.
« Celui qui aime son pays à l'extrême, comme Gebran, a insisté Mgr Audi, ne peut que se donner entièrement à son pays. »
Il a ainsi conclu que la destinée du Liban, à l'image de celle de Gebran Tuéni, est d'être constamment « entaché de sang », mais que ce sort « honore le martyr autant qu'il honore son pays », un Liban que Gebran Tuéni a rêvé et voulu « paisible et libre ».
Michèle Tuéni a, à son tour, prononcé un discours aussi émouvant que fort, une sorte d'exercice de rhétorique dans lequel elle dénonce abus, traîtrises et autres dérives politiques.
En guise de réponse, elle a déclaré « sa honte » devant les martyrs, morts pour un pays que les vivants « s'attachent à détruire », avant de faire une sorte d'inventaire éloquent de certains « compagnons de lutte qui ont pris peur et qui conseillent à tous de tout oublier », et d'autres encore qui « ont suspendu leur combat », prétextant des impératifs de sécurité nationale, d'entente interne et de paix civile.
La jeune femme a ensuite cité ceux qu'elle a appelés « les martyrs vivants », « May, Élias, Marwan, accusés aujourd'hui de tous les torts, parce qu'on n'a pas réussi à les éliminer pour les faire taire », assurant fougueusement « qu'on n'y arrivera jamais ».
Enfin, elle a imploré son père de l'aider « à comprendre comment l'accusé devient celui qui accuse, le tueur innocent et la victime coupable ».
L'orient le Jour
À l'occasion de la cinquième commémoration de l'assassinat du député Gebran Tuéni, la famille Tuéni ainsi que celle du quotidien an-Nahar ont fait célébrer une messe, hier à midi, en la cathédrale Saint-Georges des grecs-orthodoxes, place de l'Étoile. La cérémonie était présidée par le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi.
La coalition du 14 Mars était largement représentée, ainsi que la grande famille journalistique, à côté d'une foule de parents et d'amis fidèles
Fouad Siniora représentait le Premier ministre Saad Hariri. Les ministres Élias Murr, Ziyad Baroud, Tarek Mitri, Boutros Harb, Michel Pharaon et Jean Oghassabian côtoyaient les députés Ammar Houri, Marwan Hamadé, Ziyad Kadri, Élie Aoun, Nabil de Freige, Nadim Gemayel, Dory Chamoun, Mohammad Kabbani, Georges Adwan et Ahmad Fatfat, pour ne citer que ceux-là. Étaient également présents Samir Frangié, Farès Souhaid, ainsi que Solange Gemayel, Joyce Gemayel, May Chidiac, Rose Choueiri, Eddy Abillama, Daoud Sayegh et Mohammad Baalbaki.
Après la messe, l'archevêque Élias Audi a prononcé une homélie, essentiellement placée sous le thème de la liberté.
S'adressant à la foule, et surtout à la famille proche du martyr, sa veuve Siham Tuéni, ses filles Nayla, Michèle, Nadia et Gabriella, et Mme Mirna Murr Abou Charaf, Mgr Audi a rappelé que le Christ est venu sur Terre pour libérer les hommes, et qu'Il leur a ainsi donné la grâce de pouvoir « faire des choix libres » et d'en assumer la responsabilité devant les hommes et devant Dieu.
« Le Christ nous a libérés de la mort par Sa résurrection, ainsi, l'homme a cessé d'être esclave de la peur. L'homme libre vit pleinement sa vie, il construit son avenir dans la foi et dans l'amour, en pleine connaissance du bon et du juste, pour que chacun autour de lui parvienne aussi à se libérer. »
Mgr Audi a poursuivi son propos, soulignant que « l'homme libre est un amoureux du droit, mais que l'amour du droit et de la vérité est source de douleur ; or c'est justement cette douleur qui anime l'homme libre et qui le pousse en avant, loin des petitesses du monde, des mensonges et de la médiocrité des hommes ».
Et l'archevêque d'affirmer : « Ainsi était Gebran, un homme épris de liberté et de droit, un homme qui n'a jamais cédé sur ses principes, ni accepté le compromis ni vendu sa conscience. Sa cause émanait d'une conviction profonde qui l'a mené jusqu'au martyre. Qu'importe, disait-il, seule la vérité libère, et nous continuerons à la dire. »
Mgr Audi a continué de brosser le portrait de Gebran Tuéni, un pacifiste convaincu dont la seule arme était la plume et une voix qui résonne. À l'instar des saints et des martyrs, Gebran s'est donné éperdument à son pays, mû par une sorte de « folie divine » qui a porté son action et qui a hâté son départ.
« Celui qui aime son pays à l'extrême, comme Gebran, a insisté Mgr Audi, ne peut que se donner entièrement à son pays. »
Il a ainsi conclu que la destinée du Liban, à l'image de celle de Gebran Tuéni, est d'être constamment « entaché de sang », mais que ce sort « honore le martyr autant qu'il honore son pays », un Liban que Gebran Tuéni a rêvé et voulu « paisible et libre ».
Michèle Tuéni a, à son tour, prononcé un discours aussi émouvant que fort, une sorte d'exercice de rhétorique dans lequel elle dénonce abus, traîtrises et autres dérives politiques.
En guise de réponse, elle a déclaré « sa honte » devant les martyrs, morts pour un pays que les vivants « s'attachent à détruire », avant de faire une sorte d'inventaire éloquent de certains « compagnons de lutte qui ont pris peur et qui conseillent à tous de tout oublier », et d'autres encore qui « ont suspendu leur combat », prétextant des impératifs de sécurité nationale, d'entente interne et de paix civile.
La jeune femme a ensuite cité ceux qu'elle a appelés « les martyrs vivants », « May, Élias, Marwan, accusés aujourd'hui de tous les torts, parce qu'on n'a pas réussi à les éliminer pour les faire taire », assurant fougueusement « qu'on n'y arrivera jamais ».
Enfin, elle a imploré son père de l'aider « à comprendre comment l'accusé devient celui qui accuse, le tueur innocent et la victime coupable ».
Démission de la porte-parole du Tribunal spécial pour le Liban: menaces du Hezbollah contre elle ou contre sa famille?
L'orient le jour
La porte-parole du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), Fatima Issawi, a présenté hier sa démission « pour des motifs professionnels ». Dans un communiqué, Mme Issawi s'est toutefois abstenue de donner de plus amples détails sur les raisons de sa démission, se contentant d'affirmer que son expérience au sein du TSL a été marquée « par de multiples défis et un certain nombre d'enseignements ». « J'espère que ma démission ainsi que toutes les démissions précédentes seront une occasion pour le TSL de développer et d'améliorer sa gestion », a-t-elle souligné.
La porte-parole du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), Fatima Issawi, a présenté hier sa démission « pour des motifs professionnels ». Dans un communiqué, Mme Issawi s'est toutefois abstenue de donner de plus amples détails sur les raisons de sa démission, se contentant d'affirmer que son expérience au sein du TSL a été marquée « par de multiples défis et un certain nombre d'enseignements ». « J'espère que ma démission ainsi que toutes les démissions précédentes seront une occasion pour le TSL de développer et d'améliorer sa gestion », a-t-elle souligné.
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