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mardi 18 février 2014

Turquie: juges et procureurs perdent l'independance

Après une nuit de débats particulièrement houleux, une loi très controversée qui renforcera le contrôle du gouvernement sur l’affectation des magistrats a été adoptée, ce samedi 15 février, par le Parlement turc. L’opposition dénonce ce texte dont elle affirme qu’il sert à protéger le gouvernement, secoué par les affaires depuis deux mois. Le président de la République, Abdullah Gül, devra maintenant promulguer cette loi, qu’il avait discrètement critiquée.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Un nez cassé pour un député toujours hospitalisé, trois blessés légers en tout, c’est le bilan de cette nuit de débats virulents pour une loi finalement adoptée aux forceps. Le mois dernier déjà, l’examen de cette loi fort opportune en plein scandale de corruption visant le gouvernement avait été prétexte à de violentes bagarres au Parlement.

Car, en annulant les effets d’une réforme libérale votée en septembre 2012, juges et procureurs seront désormais sous la coupe directe du ministère de la Justice. Suite aux vives critiques de l’Union européenne, l’examen du texte avait été provisoirement mis en sommeil, mais le Premier ministre Recep Tayip Erdogan a finalement choisi de passer en force, retirant dans la nuit deux des articles les plus controversés de cette loi pour en finir au plus vite, mais dans la douleur. RFI

jeudi 8 août 2013

Turquie : Prison à Vie pour les chefs des laïques

On connaissait les procès de Moscou , désormais on connaîtra les procès d'Ankara:

Le général Basbug jugé coupable de complot contre le gouvernement

Trois élus d'opposition aussi condamnés à des peines de prison dans l'affaire  "Ergenekon", montée de toutes pièces par le gouvernement selon les laïques

Le général à la retraite Ilker Basbug, ancien chef d'état-major de l'armée turque, a été condamné lundi à la réclusion à perpétuité pour son implication dans le complot ultranationaliste Ergenekon destiné, selon le pouvoir issu de la mouvance islamiste, à renverser le gouvernement.
Prononçant le verdict pour les 275 accusés de ce procès qualifié de politique par les adversaires du gouvernement, les juges ont aussi condamné trois parlementaires d'opposition, issus du Parti républicain du peuple (CHP), à des peines allant de 12 à 35 ans de prison. Des dizaines d'autres condamnations à la prison ont été prononcées ainsi que 21 acquittements.
Symbole de la lutte contre les élites laïques engagée par le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, depuis son arrivée au pouvoir en 2002, l'affaire Ergenekon a ciblé non seulement la hiérarchie militaire mais aussi des responsables politiques, des universitaires et des journalistes.

Elle a débuté en 2007 avec la découverte d'une cache d'armes à Istanbul. Selon les procureurs, les accusés appartenaient à un réseau clandestin ultranationaliste impliqué dans des assassinats et des attentats à la bombe. Leur objectif, selon l'accusation, était de renverser le gouvernement en provoquant un coup d'Etat militaire.
Les partisans des accusés se sont élevés contre une "instrumentalisation politique" de la justice et ont dénoncé des charges inventées de toutes pièces afin de museler les tenants de la laïcité.
"Ceci est le procès d'Erdogan, son théâtre", a déclaré à Reuters le député d'opposition Umut Oran, du CHP. "Au XXIe siècle, dans un pays qui aspire à devenir membre de l'Union européenne, ce procès à l'évidence politique n'a aucun fondement juridique", a-t-il ajouté.   Les Echos

mercredi 24 juillet 2013

Un récit pour le Tisha Bé Av

J'ai adapté cette Mésaventure illustrant le Tisha Bé Av par Yossi Klein Halevi publiée par le Jerusalem Post.
C'est le Neuf du mois de Av, anniversaire funeste (équivalent du Vendredi Saint des Chrétiens) de la destruction du Temple de Jérusalem et de nombreux autres drames (l'expulsion des juifs de l'Espagne, par exemple) qui ont été infligés au peuple juif. Les rabbins ont attribué la cause de ces catastrophes à la dissension entre juifs et à leurs mauvais agissements, entre autres la médisance. De manière plus générale le judaïsme attribue TOUS les malheurs sur terre aux mauvais agissements des juifs, qui doivent être exemplaires pour sauver le monde, faire ramener le Messie et l'harmonie sur Terre.

iEngage: Une altercation dans le train léger de Jérusalem enseigne le prix difficile mais essentiel de la souveraineté juive: la nécessité de respecter la primauté des règles démocratiques dans l'espace public, même si cela peut restreindre les notions de la loi juive.

Passagers du train léger de Jérusalem.  Photo: Shalom Hartman Institute

J'aime le nouveau train de Jérusalem. Lorsque les futurs visiteurs d'Israël me demandent ce qu'il faut faire ici, je leur dis: Prenez le train léger. J'explique que c'est un modèle de coexistence dans le style de Jérusalem. Juifs et Arabes, ultra-orthodoxe et Russes [chrétiens orthodoxes]: Tout le monde est entassé dans une proximité qui leur est pénible, mais ils en prennent leur partie et se consacrent à leurs affaires.

Mais pas toujours. Tard dans la nuit - c'est arrivé à la veille avant Ticha Bé Av [le neuf du mois de Av], le jour du jeûne commémorant la destruction du Temple et de Jérusalem - J'ai pris un des derniers trains du centre-ville vers la Colline française, mon quartier au nord de Jérusalem. Comme le train arrivait à mon arrêt, il y a eu des cris à l'arrière. Je ne pouvais pas dire ce qui se passait et nous sommes descendus.

Le groupe de l'arrière du train fit de même. Un jeune homme arborant une grande kippa tricotée s'est jeté sur un jeune homme arabe, et lui balançait des coups de pied. Une jeune femme qui accompagnait  le jeune homme arabe a crié en hébreu, "Laissez-nous tranquilles!"

L'arabe a essayé de se dégager. Sa principale préoccupation semblait être de protéger la jeune femme à côté de lui.

Je me suis interposé devant l'agresseur juif. «Calmez-vous," lui ai je dit.

"Comment puis-je me calmer?!?" At-il crié. "Il emmene notre soeur à son appartement pour la violer!"

Alors voilà de quoi il s'agissait. La protection de la pureté de la nation.

J'ai appelé la police. Nous sommes déjà en route, on m'a dit. Dépêchez-vous, j'ai dit, il pourrait y avoir effusion de sang.

Un groupe d'adolescents juifs, principalement des haredim, se sont rassemblés. «Laissez notre sœur tranquille!" A crié l'un d'eux.

Pendant ce temps plusieurs adolescents arabes se sont approchés, essayant de protéger le couple. Il y a eu bousculade.

Les haredim ont commencé à courir le couple. J'ai couru après eux. Quelqu'un pulvérisé Mace dans mon oeil.

La police est venue. Le couple s'éclipsa. Les jeunes hommes arabes se retirèrent à l'autre bout de la station. Un adolescent haredi les a montrés du doigt: «Ils ont attaqué un Juif!" at-il crié.

Les flics ont couru vers les jeunes Arabes. J'ai couru après eux. «Je suis un témoin!" Criai-je. «Ce sont les Juifs qui ont agressé un Arabe !"

Un des policiers s'est arrêté et m'a demandé si je pouvais identifier un des agresseurs.

J'ai vu le jeune homme avec la grande kippa tricotée qui avait commencé l'altércation. Il était maintenant calme et traversait la rue. On aurait dit juste un passant innocent. »Lui !« J'ai dit au flic.
-"Tu es sûr?"
-"A cent pour cent."

Le jeune homme a été menotté et amené pour que je l'identifie.
-"C'est lui," j'ai confirmé.

Il me regarda - un autre Juif avec une kippa - plus de mépris que de haine. Il avait essayé d'accomplir une mitsva, une obligation religieuse, et je l'avait trahi. "Kol hakavod," [félicitations] me dit-il ironiquement, bien fait. Puis il m'a maudit, ou peut-être m'a t-il menaçé: ". Vous avez perdu le monde à venir - et aussi ce monde"

"Je ne vais pas vous laisser faire un pogrom dans les rues de Jérusalem», répondis-je.

Mes rues.

J'ai été conduit à un poste de police pour faire une déposition. Dans la voiture, un policier - un Arabe, probablement un druze, m'a avoué: «Si vous n'aviez pas témoigné, nous aurions arrêté les Arabes. Dans la plupart de ces situations, ce sont d'habitude les minorités qui attaquent les Juifs. "

" Minorités " est l'hébreu politiquement correct pour "Arabes".

J'ai témoigné puis rentré à la maison. Il était deux heures, moins de 24 heures avant le  Ticha Be Av.

Voilà pour l'histoire. Aucune mention de l'incident n'est apparue dans les médias. C'était, après tout, un événement mineur. Personne n'a été grièvement blessé.

Mais peut-être que la vraie signification de cet événement est ailleurs. Ma confrontation avec le zélote juif était aussi un argument philosophique - et pas seulement un affrontement évident sur des perceptions radicalement différentes de l'éthique juive, mais les responsabilités imposées par la souveraineté juive.

Quand le jeune homme m'a dit en autant de mots que j'étais un traître à mon peuple, qu'il me reprochait de placer les normes démocratiques occidentales au dessus de sa compréhension de la loi juive. Non seulement l'ai-je dénoncé à la police, lui, un autre Juif - et certains des policiers n'étaient même pas juifs! - Mais en plus j'abandonnais une sœur en crise spirituelle.

Une conséquence inattendue du sionisme dans la création d'un État qui n'était pas seulement juif, mais démocratique,est qu'il imposait des limites nécessaires sur la solidarité juive. En tant qu'Israélien, j'ai la responsabilité non seulement de mes compatriotes juifs, mais aussi à mes concitoyens Israéliens, qu'ils soient juifs ou non. Et j'ai la responsabilité de ceux qui vivent parmi nous qui n'ont pas la citoyenneté israélienne, mais qui dépendent de l'équité des institutions de l'Etat. Parfois, ce sont des multiples niveaux de conflit de responsabilité.

Il y a un problème plus profond ici que la violence d'une frange fanatique. Une grande partie de la communauté orthodoxe n'ont pas encore intériorisé le prix fort, mais essentiel de la souveraineté juive. Ce prix est la nécessité de respecter la primauté des règles démocratiques dans l'espace public, même si cela signifie restreindre la façon dont sa notion de la loi juive devrait régir cet espace. Pour le jeune agresseur juif, la nécessité de «sauver» une jeune femme juive de son petit ami arabe était un impératif religieux primordial. On peut contester sa compréhension de la loi juive - et c'est un argument qui doit être vigoureusement engagé. Mais dans un sens, cet argument n'est pas pertinent: Dans les règles d'un espace public démocratique, le partenaire d'une jeune personne n'est l'affaire de personne d'autre que d'elle même.

Ignorer ces règles et le résultat, c'est l'anarchie. H'ourban habayit - la destruction du foyer national juif.

Les rues de Jérusalem semblent de plus en plus menacées par l'anarchie. Au cours de la même semaine que l'incident survenu à la gare French Hill, plusieurs soldats ultra-orthodoxes en uniforme ont été attaqués par des extrémistes haredim dans le quartier de Mea Shearim [Cent Portes], où les affiches comparent les haredim qui servent dans l'armée israélienne aux insectes. Comme s'achevait le jeûne du Ticha Be Av , un ultra-orthodoxe a été poignardé à plusieurs reprises devant la porte de Damas, vraisemblablement par des terroristes palestiniens.

Des luttes sur des multiples niveaux ont lieu pour que Jérusalem reste une ville sure, ouverte et pluraliste. Une ville qui appartient à tous ses résidents, pour les Juifs de toute confession religieuse et ceux sans aucune dénomination, pour ceux de toute confession qui l'aiment et qui la vénèrent. Mais quelque soit la fatigue qu'on sent à cause des pressions de la vie ici, je suis reconnaissant d'avoir le privilège d'être le gardien de Jérusalem, de prendre la responsabilité de l'avenir de cette ville, pour la qualité de notre espace public. C'est, après tout, c'est ce que cela signifie d'être un peuple souverain sur ses terres.

Yossi Klein Halevi est Senior Fellow et membre du groupe de recherche du projet iEngage de l'Institut Shalom Hartman. Il est l'auteur du livre à paraître, Like Dreamers: L'histoire des parachutistes israéliens qui ont réuni Jérusalem et divisé une nation (HarperCollins, Octobre 2013).

lundi 1 juillet 2013

La Turquie n'est pas une démocratie

CLAIRE BERLINSKI
Le gaz lacrymogène est un symptôme de la faiblesse de la démocratie de la Turquie
Spécial pour le Globe and Mail
Publié Samedi 29 juin 2013, 06:00 HAE
Dernière mise à jour Samedi 29 juin 2013, 06:00 HAE

J'habite à à Istanbul, à quelques pâtés de maison de la place Taksim et du parc Gezi . Je n'aurais jamais imaginé que le parc Gezi attirerait l'attention du monde entier à ce que les universitaires appellent les «déficits démocratiques» de la Turquie. Mais je n'ai jamais douté que quelque chose le ferait.

Ma proximité de Taksim assure que même si je préfère ignorer mon instinct de journaliste et de dormir une nuit complète, je n'ai pas d'autre choix que de suivre l'info là où elle va - car elle conduit à mon appartement. Lorsque la police attaque, la foule fuit dans ma rue, pourchassée par des flics et des gaz lacrymogènes. Comme tout le monde dans mon quartier, je suis maintenant en mesure de dire exactement quel agent lacrymogène est utilisé.

Cependant, le gaz lacrymogène n'est qu'un symptôme, la maladie, ce sont les «déficits démocratiques». L'idée communément admise est que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ne comprend pas la pleine signification de la «démocratie», puisqu'il estime qu'après avoir remporté plusieurs élections, il est maintenant un monarque. C'est idée est partiellement correcte.Mais les problèmes sont encore plus profonds , et même la mégalomanie de M. Erdogan n'est juste qu'un autre symptôme de cette maladie.

Considérez ceci: Dans quel genre de démocratie le premier ministre décide où construire un centre commercial, en particulier lorsque les tribunaux ont déjà stoppé le projet? Pour comprendre l'explosion du parc Gezi, vous devez appréhender les détails du "déficit démocratique"  de la Turquie.

 La façon la plus concise de les expliquer est de le faire comme Cem Toker, Le Secrétaire du  très minoritaire Parti démocratique libéral de la Turquie. Il m'a décrit ainsi les "déficits démocratiques" :  " La démocratie n'existe pas ici , sous aucune forme que ce soit, donc la démocratie n'a aucun problème en Turquie - un peu comme dans la phrase "sans voiture il n'y a aucun problème avec le moteur ".
Il exagère à peine.. Oui, la Turquie organise régulièrement des élections. Mais le reste des institutions que nous associons à la «démocratie» sont si faibles que tous ceux qui y vivent savaient que cette voiture allait s'écraser.

Aengus Collins , un observateur attentif de la Turquie, suggère une manière plus profonde à examiner cette question. Il utilise les  marqueurs d'une démocratie "de haute qualité" de Larry Diamond et Leonardo Morlino: la primauté du droit, la participation, la concurrence, la responsabilité verticale (de l'élu devant les électeurs) ,responsabilité horizontale ( entre pairs), la liberté, l'égalité et la satisfaction des besoins. Ces phrases peuvent sembler académiques, mais des gens qui vivent leur absence au quotidien , le chemin qui mène de ces termes au gaz lacrymogène est une ligne droite.

Derrière ces protestations il y a des griefs amers. Parmi les plus amers est le système dysfonctionnel  juridique turc - en particulier, l'utilisation par le gouvernement de celui-ci contre les opposants. M. Erdogan a mis en place des référendums constitutionnels qui lui permettent de remplir les tribunaux avec ses partisans, et  le recours aux tribunaux pour arrêter des médias hostiles pour des raisons techniques ou par la taxation punitive.Les tribunaux ont emprisonné des dissidents. Des challengers potentiellement dangereux ont fui le pays pour échapper à l'arrestation.

Quant à la «participation», elle aussi a été gravement compromise, en particulier pour la génération qui a grandi dans le sillage du coup d'Etat de 1980. Dans le passé très récent de la Turquie, les formes d'organisation, de réunion et de manifestation dont ont besoin les démocraties participatives saines n'ont pas seulement été découragées, mais ont déclenché des conséquences si terribles que les parents enseignent à leurs enfants qu'ils ne peuvent pas gagner, qu'il ne faut même pas essayer. Quiconque pense que cela a changé depuis que M. Erdogan est arrivé au pouvoir se trompe gravement: prenons le cas (parmi des milliers) des étudiants Ferhat Tüzer et Berna Yılmaz, arrêtés pour avoir affiché une banderole qui disait: «Nous voulons une éducation gratuite et nous l'obtiendrons. "
Ils ont été condamnés à 8 ans et 1/2.

«La Compétition» peut être le problème le plus difficile de tous. En Turquie , le seuil électoral de 10 pour cent assure qu'un parti qui a obtenu 9,9 pour cent du vote populaire n'aura aucune représentation à l'Assemblée nationale. La méthode d'Hondt, qui favorise les grands partis, est utilisée pour répartir les sièges entre les autres partis. Enfin, la Turquie utilise un système de liste fermée: les électeurs votent pour un parti plutôt que pour un candidat individuel. Cela permet de maintenir le pouvoir entre les mains des élites du parti; les électeurs individuels ne peuvent pas choisir - ou demander des comptes - à la personne qui les représente.

Quant à la liberté, l'emprisonnement et le harcèlement des journalistes est tellement omniprésent que c'est à peine s'ils y a besoin de l'Etat pour les censurer, ils le font d'eux-mêmes. Lorsque ces protestations ont commencé, les stations turques ont diffusé tout sauf des nouvelles à leur sujet: ils ont montré des documentaires sur des pingouins.

"La responsabilité verticale» décrit la manière dont les dirigeants élus sont tenus responsables de leurs décisions devant les électeurs; «la responsabilité horizontale» décrit la façon dont ils sont tenus responsables devant les autorités juridiques et constitutionnelles. Encore une fois, ne les cherchez pas non plus ici. Sans liberté de la presse, les électeurs ont peu d'informations permettant de juger de leurs élus. Cela a conduit à une grande méfiance vis à vis des journalistes,  illustrée par cette phrase d'un ami: «Peu nous importe quand on emprisonne des journalistes. On réagirait plus s'ils arrêtaient des prostituées. Au moins, elles rendent un service utile ».

L'avant-dernier refuge de la responsabilité horizontale, aussi imparfaite soit-elle, a disparu lors du référendum 2010 qui a modifié la composition des juridictions suprêmes de la nation, donnant à M. Erdogan le pouvoir de nommer des juristes fidèles. La dernière limite à son pouvoir était l'armée. Ses hauts responsables sont aujourd'hui en prison, condamnés sur la base d'éléments de preuve qui auraient été rejetés n'importe où sauf par un tribunal servile. Bien qu'aucune vraie démocratie n'est crée par un coup d'Etat militaire, l'électorat était devenue conditionnée à l'idée que, in extremis, les militaires allaient les protéger de leurs erreurs. Cela a  favorisé l'installation d'un électorat immature incapable de penser rigoureusement sur le vote et ses conséquences.

Il devrait maintenant être clair pourquoi il n'y a aucun moyen de maîtriser la corruption en Turquie. Les politiciens n'ont pas de motivation pour le faire. Sur le papier, la loi de la Turquie sur les partis politiques impose aux partis politiques de tenir une comptabilité de tous les revenus et les dépenses, mais elle ne les oblige pas à les publier. Donc, on n'a aucune idée d'où vient l'argent ni à quoi il été dépense - même si tout le monde sait qu'il vient d"endroits qu'il ne faudrait pas et qu'il va là où il ne devrait pas.

La Turquie n'était pas un paradis démocratique avant l'avènement du Parti de la Justice et du Développement (connu sous le nom AKP). Mais l'AKP a cyniquement réduit la démocratie aux élections et rien de plus. Sans surprise, beaucoup sont mécontents, en particulier parce que la hausse des revenus leur a permis, pour la première fois, de penser à des problèmes moins urgents que de simplement se nourrir.

Malheureusement, il est trop tard. M. Erdogan a consolidé son pouvoir au point que le résultat le plus probable de ces manifestations ne sera encore qu'un autre projet  indésirable de construction - la construction de nouvelles prisons. Des vagues d'arrestations ont lieu maintenant, alors même que le monde se rassure lui-même que les manifestations sont "en train de s’éteindre." Oui, ils sont en train de s’éteindre, mais d'une manière plus littérale que vous ne pourriez réaliser.

Claire Berlinski est une auteur pigiste qui vit à Istanbul. Elle est l'auteur de "There is No Alternative: Why Margaret Thatcher Matters."

samedi 27 avril 2013

Israël sécurisera les Mosquées et Monastères : 15 millions de shekels sont prévus pour la vidéo surveillance

C'est Arutz 7 qui donne cette info. Vous avez dit discrimination, apartheid?

TRADUCTION/

Les Mosquées obtiendront des millions pour la sécurité, pas les Synagogues
Des Mosquées et des Monastères seront dotées de millions de shekels pour leur sécurité; pour empêcher le vandalisme du groupe "Tag Ma-hir" (étiquette de prix). Rien n'est prévu pour les victimes juives de vandalisme.
Par Maayana Miskin
Publication: 23/04/2013, 16:09
Vandalisme - Grafitti Tag Mahir
Avec une faute d'orthographe grossière...manque la lettre "i"
Photo Flash 90

 Le ministère de l'Intérieur investira, selon la radio militaire Galei Tzahal, environ 15 millions de shekels (3.2 millions d'euros), pour proteger du vandalisme des mosquées et des monastères. Actuellement, il n'existe aucun plan visant à fournir une protection similaire aux lieux saints juifs .
Le ministre Gidon Saar aurait approuvé le financement pour améliorer la sécurité, entre autres par des caméras de sécurité, des dizaines de lieux de culte musulmans et chrétiens.

Parmi les bâtiments qui seront protégés figurent plusieurs qui ont été vandalisées dans le passé et d'autres qui n'ont jamais été vandalisés, mais qui sont considérés comme à risque en raison de leur emplacement. Ces derniers mois, plusieurs mosquées et monastères ont été dégradés par des graffitis ou d'une autre manière. Les dégradations sont généralement attribués à des nationalistes juifs, bien que trés peu des vandales ont été identifiés.

Le reflexe d'accuser les nationalistes juifs est parfois erronné: dans un cas, l'incendie de 6 véhicules attribué aux nationalistes du "Tag Mahir" a été commis par des Arabes comme l'avait démontrée l'enquête .

Sagi Keisler du Conseil Général de la région de Binyamin et de Samarie (Shomron) a demandé mardi si le ministre Saar prévoyait de proteger de manière similaire les lieux de culte juifs. Il a rappelé le récent vandalisme dans Mizpe Yericho , où un rouleau de la Torah avait été profané, comme preuve que les sites juifs sont ciblés eux aussi. Ces dernières années, des synagogues ont été la cible d'attaques à type d'incendies criminels à Jérusalem , Ramleh et ailleurs.

Keisler a également suggéré de mettre en place des caméras de sécurité aux carrefours pour empêcher les attaques par jet de rochers sur les automobilistes, et dans les exploitations agricoles pour aider à combattre le phénomène des vols et le vandalisme ciblant les agriculteurs juifs.

Il a demandé : «Si le ministre de l'Intérieur a réussi à obtenir une somme de 15 millions de shekels d'argent des contribuables provenant des habitants d'Israël, et des résidents juifs de Judée et de Samarie, afin de prendre soin de la propriété arabe, ne méritons-nous pas un investissement similaire dans la protection de notre corps et biens? ".

lundi 15 octobre 2012

Precheur islamiste israélien: l'Islam va conquérir le monde et le libérer de l'esclavage au sionisme


MEMRI nous livre cet extrait. On sent l'amour universel dans la voix de ce religieux...n'est ce pas?
Regardez la foule qui l'écoute et qui approuve, croyez vous vraiment qu'ils sont minoritaires chez eux?

Cet homme est citoyen d'Israël, il est libre d'aller et venir , il est libre de s'exprimer. Israël est vraiment une démocratie trop tolérante. L'incitation à la haine et à la violence sont un délit. Il devrait être jugé , interdit de prêche, son mouvement devrait être interdit et dissous.



Ci-dessous des extraits d'un discours de Raed Sallah, chef du Mouvement islamique en Israël, qui a été diffusé sur la chaîne Al-Jazeera le 21 Septembre 2012.

Raed Sallah : Nous offrons nos âmes et notre sang à toi, ô Prophète d'Allah. Quant à vous, vous les haineux, vous les nains, le petit peuple insolent - que ce soit en Amérique, en France ou au Danemark - écoutez-nous, afin que nous puissions vous montrer qui vous êtes vraiment.

Vous êtes esclaves du sionisme mondial. Vous êtes esclaves des protestants sionistes. Vous êtes esclaves de la haine des croisés.

Vous devez savoir que nous venons à vous avec la compassion de l'islam pour vous délivrer de l'ignominie de votre esclavage.

Vous devriez savoir que Muhammad est le prénom le plus populaire en Asie. Muhammad est le prénom le plus populaire en Afrique. Très vite, Muhammad deviendra le prénom le plus populaire en Europe.

[...]

Je dis, à vous qui abritez la haine envers le Messager d'Allah que d'ici peu Allah nous accordera la victoire sur vous. Ensuite, lorsque vous nous demanderez, terrifiés et effrayés, ce que nous allons faire de vous, nous vous dirons: Vous êtes libre de partir [geste de mépris avec la main], parce que notre but est de briser la soumission de votre esprit à l'entreprise de Herzl et de David Ben Gourion .

[...]

samedi 7 juillet 2012

Un parlementaire jordanien dégaine son pistolet lors d'un débat télévisé, banal !

Israel 7 Cette semaine, lors d'un houleux débat télévisé entre un parlementaire jordanien et un ex-parlementaire et militant, une rixe a éclaté et le parlementaire a pointé son pistolet sur ​​le militant devant les caméras.

Le parlementaire, Mohammed Shawabka (le chauve, sur la droite de l'image), débattait avec Mansour Sayf al-Din Murad, activiste politique et un ancien député. Murad soutient ouvertement le régime Syrien. Depuis le début de la révolution en Syrie, il est l'unique politicien jordanien à avoir rencontré le président Bachar al-Assad. Il continue d'emmener des délégations à Damas.

Shawabka a critiqué Murad, il l'a accusé d'être "un agent de la Syrie" et de propager des calomnies contre la Jordanie. En réponse, Murad a accusé Shawabka d'être "un agent du Mossad israélien" et d'acheter des votes.

En réponse aux accusations, Shawabka a ôté sa chaussure et l'a jetée à la figure de Murad, puis il a dégainé un pistolet, s'est levé et s'est dirigé vers Murad. Une bagarre a éclaté alors dans le studio entre les deux hommes, tandis que le journaliste essayait de les séparer.


Transcrit par un journal occidental anti-israélien de gauche cela donnerait : "Un débat animé a eu lieu aujourd'hui à la télévision nationale entre deux députés jordaniens. Bien que quelques mots rudes ont été échangés, la discussion politique représente le meilleur du nouvel esprit démocratique qui balaie le Moyen-Orient dans le cadre du printemps arabe... Pendant ce temps, dans l'État d'apartheid d'Israël, l'oppression colonialiste de la Palestine occupée se poursuit ..."

samedi 26 mai 2012

Égypte : un duel serré pour le second tour de la présidentielle



Prévu les 16 et 17 juin, le second tour de la présidentielle en Égypte devrait opposer le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, au dernier chef de gouvernement du président déchu Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq. 

L’annonce a été faite vendredi 25 mai par la confrérie islamiste, qui estime que son candidat a recueilli 25,3 % des suffrages contre 24 % pour son rival. Le grand quotidien indépendant, al-Masry al-Yom, leur attribuait respectivement 24,9 % et 24,5 % des voix. La commission électorale doit annoncer les résultats officiels du premier tour à partir de dimanche 27 mai.

C’est donc très certainement un duel serré qui se profile entre deux candidats, incarnant chacun deux destins opposés pour l’Égypte. 

mardi 17 avril 2012

Démocratie à l’Égyptienne : 10 candidats exclus sans explication

La junte militaire rebat les cartes électorales sans vergogne. Trois des dix candidats exclus sont en tête des sondages.  Voici de belles élections "libres" en perspective dans un pays qui s'enfonce dans le chaos et la crise économique.

 La commission électorale égyptienne a invalidé dix candidatures à la présidentielle sans préciser les raisons du rejet de leur candidature.
La nouvelle annoncée par le chef de la Commission électorale a fait l'effet d'une bombe en Égypte.
Dix candidatures à la présidentielle égyptienne et non des moindres ont été invalidées.
Parmi les candidatures rejetées, celle de l'ancien chef du renseignement Omar Suleiman, celle du responsable de la stratégie des Frères musulmans Khairat el-Shater et du prédicateur radical Hazem Abou Ismail.
Farouk Sultan, chef de la commission suprême à l'élection présidentielle, n'a pas donné les motifs du rejet de ces candidatures. Le candidat islamiste ultra-conservateur Hazem Abu Ismail, l'islamiste modéré Khairat el-Shater des Frères musulmans et l'ancien chef du renseignement Omar Souleimane ont été exclus de la présidentielle avec sept autres candidats samedi, pour des raisons d'ordre juridique.
Des représentants des trois candidats ont fait appel de la décision lundi, avant la date limite. La commission électorale devrait annoncer mardi quelles demandes d'appel elle examinera. La liste officielle des candidats sera rendue publique le 26 avril, moins d'un mois avant l'élection présidentielle, prévue les 23 et 24 mai.
La décision de disqualifier les candidats et la possibilité que la décision soit renversée en appel a injecté une dose d'incertitude dans la première élection présidentielle libre de l'histoire de l'Égypte, un peu plus d'un an après le renversement d'Hosni Moubarak, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 29 ans.
Plusieurs observateurs ont mis en doute l'indépendance de la commission, formée de juges nommés par l'ancien régime, et l'équité du processus électoral.

Seulement "plusieurs observateurs" ?!?  Et ils n'ont fait que "mettre en doute" l’indépendance de la commission ?!?

vendredi 3 février 2012

Index de la démocratie 2011 : les pays arabes toujours en queue de peloton, la France rétrogradée

Wikipedia / The Economist Index de la démocratie 2011

The Economist a calculé cet indice à partir de 60 critères différents et a réparti les 167 pays étudiés en 4 différents types de régime :
  • les démocraties : les pays qui ont un indice entre 8 et 10.
  • les démocraties imparfaites : les pays qui ont un indice entre 6 et 8.
  • les régimes hybrides : les pays qui ont un indice entre 4 et 6.
  • les régimes autoritaires : les pays qui ont un indice inférieur à 4.
 
L'indice de démocratie est basé sur cinq catégories de critères : 
  1. le processus électoral et le pluralisme, 
  2. les libertés civiles, 
  3. le fonctionnement du gouvernement, 
  4. la participation politique, 
  5. la culture politique. 
Elles sont interdépendantes et conçues comme un tout conceptuel cohérent ; les élections libres et justes, la liberté politique sont considérées comme des conditions sine qua non à l'idée de liberté politique. Sont également pris en compte les libertés d'expression, de religion, d'association, et le droit à un procès juste et équitable.

Aucun pays arabe n'entre dans la catégorie "démocratie imparfaite ( la France est classée démocratie imparfaite et passe du 24ème au 31 rang).
Israël passe de 38 à 37ème en démocratie imparfaite.


86Drapeau du Liban
 Liban
Asie5.82Régime hybride
87



93Flag of Palestine.svg Autorité palestinienneAsie5.44Régime hybride





104Drapeau du Pakistan PakistanAsie4.55Régime hybride





112Drapeau d'Irak IrakAsie4.00Régime hybride





114Drapeau du Koweït KoweïtAsie3.88Régime autoritaire
115Drapeau de Mauritanie MauritanieAfrique3.86Régime autoritaire
116Drapeau du Maroc MarocAfrique3.79Régime autoritaire
117Drapeau de Jordanie JordanieAsie3.74Régime autoritaire
118Drapeau d'Éthiopie ÉthiopieAfrique3.68Régime autoritaire




122Drapeau de Bahreïn BahreïnAsie3.49Régime autoritaire





125Drapeau d'Algérie AlgérieAfrique3.44Régime autoritaire
1



137Drapeau du Qatar QatarAsie3.09Régime autoritaire
138Drapeau d'Égypte ÉgypteAfrique3.07Régime autoritaire




143Drapeau d'Oman OmanAsie2.86Régime autoritaire





145Drapeau de Tunisie TunisieAfrique2.72Régime autoritaire





147Drapeau du Yémen YémenAsie2.64Régime autoritaire
148Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unisAsie2.52Régime autoritaire





150Drapeau d'Afghanistan AfghanistanAsie2.48Régime autoritaire
151Drapeau du Soudan SoudanAfrique2.42Régime autoritaire





153Drapeau de Syrie SyrieAsie2.31Régime autoritaire





158drapeau de la Libye LibyeAfrique1.94Régime autoritaire
159Drapeau d'Iran IranAsie1.94Régime autoritaire




161Drapeau d'Arabie saoudite Arabie saouditeAsie1.84Régime autoritaire





167Drapeau de Corée du Nord Corée du NordAsie1.08Régime autoritaire