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jeudi 1 mai 2014

La Turquie envoie des chars et 300 soldats en Syrie

Voici une affaire gravissime à plusieurs égards : 

-La Turquie, important membre de l'OTAN, a conspiré contre la paix pour agresser la Syrie grâce à une mise en scène - une attaque "False Flag" contre la Turquie.  Une fois la mise en scène divulguée sur internet, elle finit par y envoyer (le 23 avril ) des chars, 300 soldats et du matériel . Il s'agit, au minimum, d'une provocation, car cette invasion limitée n'a pas été coordonnée, comme elle aurait d^,  avec les autorités syriennes.

-Une guerre Syro-Turque, toujours possible suite à une attaque réelle ou mise en scène contre cette garnison  peut entraîner l'OTAN malgré lui dans une aventure imprévue.

-Des discussion au sommet de l'Etat turc, dans des locaux ultra sécurisés, entre un ministre et le chef du service des renseignements , ont été enregistrés à leur insu et diffusés sur internet. Tout secret, que ce soit de l'OTAN ou de la diplomatie occidentale , qui aurait été confié dans ce pays est en risque d'avoir été divulgué à des forces ennemies.



Le Contexte
La Tombe de Souleyman Shah, grand père d'Osman I, fondateur de l’empire Ottoman se trouve à 25 km de la frontière, est sous la souveraineté Turque selon les accords du pacte Franco-Turc de 1921 (Tout comme la Province de Hatay (Damiette) , attribuée par la décision de la SDN à la Syrie qui a été cédée à la Turquie par la France, puissance mandataire de la Syrie  ...)
 


              


Tombe de Suleyman Shah
Photo (modifiée) : Hurryet























Tombeau de Suleyman Shah  - un autre angle
Photo Turkye






Le détail : 

IRIB (agence d'information iranienne ) - des centaines de soldats turcs ont débarqué ce jeudi dans le nord de la Syrie à bord des véhicules blindés et de camions et ce sous prétexte de protéger le tombeau de Suleiman Shah, sultan ottoman enterré en Syrie !
Une vidéo met en scène l'arrivée des dizaines de véhicules militaires , des équipements de guerre dans cette localité syrienne qu'Erdogan prétend appartenir à la Turquie. le plus ridicule ce sont les déclarations d'Erdogan, cité par la presse turque, qui  affirme avoir envoyé ces forces en Syrie pour qu'elles appuient " les soldats turcs chargés de protéger le tombeau" !    ...12 véhicules blindés, 6 chars, 300 soldats et un camion bourré de denrées alimentaires ont débarqué dans cette localité syrienne en franchissant la zone Aïn al Arab et le pont Ghara Ghoueaq .
L'information a été confirmée par le journal turc Hurryet . Le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a présenté cette invasion limitée comme une "relève routinière de la garde", tandis que le Premier ministre Turc , Recep Tayyep Erdogan l'a qualifié "d'envoi d'aide à nos forces la bas, sans rapport avec les islamistes de l'Etat Islamique du Levant "

                                                           
Or depuis un mois une fuite démontrait la volonté des islamistes au pouvoir en Turquie de trouver un prétexte, un alibi, pour envoyer des chars et des munitions en Syrie. Il s'agit de l'enregistrement clandestin de conversations entre le ministre des Affaires étrangères , M. Davutoglu, son numéro 2 Feridun Sinirlioglu, le chef des services de renseignement (MIT) Hakan Fidan et un général de haut rang lors d'une réunion qui, selon la presse turque, s'est déroulée le 13 mars au ministère des Affaires étrangères à Ankara. Ils se proposaient de mettre en scène une provocation susceptible de justifier une riposte militaire turque en Syrie.

Sur cet enregistrement, la voix attribuée à M. Fidan propose d'envoyer "quatre hommes (en Syrie) pour lancer huit missiles dans un terrain vague" en Turquie. "Ce n'est pas un problème, une justification peut être fabriquée", ajoute le chef du MIT.  (La Dépêche du 28/3/2014)


Voici l'enregistrement :



Le réseau Voltaire a publié la traduction complète de l'enregistrement :

Ahmet Davutoğlu (ministre des Affaires étrangères) : Le Premier ministre a déclaré que, dans la conjoncture actuelle , cette attaque [de la tombe de Suleiman Shah] doit être considérée comme une opportunité pour nous.
Hakan Fidan (chef des services secrets) : Je vais envoyer quatre Syriens, si c’est ce qu’il faut. Je vais créer un casus belli en ordonnant une attaque de missiles contre la Turquie, nous pouvons également préparer une attaque sur la tombe de Suleiman Shah si nécessaire.
Feridun Sinirlioglu (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) : Notre sécurité nationale est devenue un outil pratique et peu cher de politique interieure.
Yaşar Güler (chef d’état-major adjoint) : C’est un casus belli. Je veux dire, ce que nous allons faire, c’est de créer un casus belli.
Ahmet Davutoğlu : [...] Que doit faire notre ministère des Affaires étrangères exactement ? Je ne parle pas de la chose. Il y a d’autres choses que nous sommes censés faire. Si nous nous décidons sur ce sujet nous devons informer les Nations Unies, le consulat du régime syrien à Istanbul, non ?
Feridun Sinirlioglu : Mais si nous décidons d’une opération, il faut créer un effet choquant. Je veux dire, si nous allons le faire. Je ne sais pas ce que nous allons faire, mais peu importe ce que nous décidons, je ne pense pas qu’il serait approprié d’aviser quiconque au préalable.
Ahmet Davutoğlu : D’accord, mais nous allons devoir en quelque sorte préparer. Pour éviter les courts-circuits en ce qui concerne le droit international. Je venais juste de réaliser quand je parlais au président [Abdullah Gül], si les chars turcs vont là-bas, cela signifie que nous sommes là-bas, dans tous les cas, non ?
Yaşar Güler : Cela signifie que nous y sommes, oui.
Ahmet Davutoğlu : Oui, mais il y a une différence entre y aller avec des avions et y aller avec des chars…
Yaşar Güler : Peut-être que nous pouvons dire au consulat général syrien que l’État Islamique en Irak et au Levant travaille actuellement aux côtés du régime, et que ce lieu est une terre turque. Nous devrions certainement …
Ahmet Davutoğlu : Mais nous avons déjà dit cela et adressé plusieurs notes diplomatiques.
Yaşar Güler : Pour la Syrie …
Feridun Sinirlioglu : C’est exact.
Ahmet Davutoğlu : Oui, nous les avons envoyé de nombreuses fois. Par conséquent, je voudrais savoir quelles sont les attentes du chef d’état-major envers notre ministère.
Yaşar Güler : Peut-être que son intention était de dire que, je ne sais pas vraiment, il a rencontré Monsieur Fidan
Hakan Fidan : Eh bien, il a mentionné cette partie mais nous ne sommes pas allés dans le détail.
Yaşar Güler : Peut-être que c’était ce qu’il voulait dire … une note diplomatique vers la Syrie ?
Hakan Fidan : Peut-être que le ministère des Affaires étrangères est affecté à la coordination …
Ahmet Davutoğlu : Je veux dire, je peux coordonner la diplomatie mais la guerre civile, l’armée …
Feridun Sinirlioglu : C’est ce que j’ai abordé. D’une part, la situation est différente. Une opération sur l’ÉIIL a des bases solides en droit international. Nous allons le dépeindre comme étant Al-Qaïda, il n’y a pas d’inquiétude si c’est une question concernant Al-Qaida. Et s’il s’agit de défendre la tombe de Suleiman Shah, c’est une question de protection de notre terre.

Yaşar Güler : Nous n’avons pas de problèmes avec cela.
Hakan Fidan : Quand cela va arriver, cela va provoquer un grand émoi interne. La frontière n’est pas sous contrôle …
Feridun Sinirlioglu : Je veux dire, oui, des attentats vont se produire bien sûr. Mais je me souviens de notre conversation d’il y a 3 ans …
Yaşar Güler : M. Fidan devrait recevoir de toute urgence du soutien et nous devons l’aider à fournir des armes et des munitions aux rebelles. Nous devons parler avec le ministre. Notre ministre de l’Intérieur, notre ministre de la Défense Nous avons besoin de parler à ce sujet et de parvenir à une résolution monsieur.
Ahmet Davutoğlu : Comment étions-nous arrivés à mettre nos forces spéciales en action quand il y a eu une menace dans le nord de l’Irak ? Nous aurions du faire pareil là-bas aussi. Nous aurions du former ces gars et envoyer des hommes. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons pas le faire, nous ne pouvons faire uniquement ce que la diplomatie…
Feridun Sinirlioglu : Je vous l’ai dit à l’époque, pour l’amour de Dieu, en général, vous savez comment nous avons réussi à avoir ces tanks là-bas, vous y étiez.
Yaşar Güler : Quoi, vous voulez dire nos affaires ?
Feridun Sinirlioglu : Oui, comment pensez-vous que nous ayons réussi à envoyer nos chars en Irak ? Comment ? Comment avions nous réussi à impliquer des forces spéciales et des troupes ? J’ai été impliqué dans cela. Permettez-moi d’être clair, il n’y avait pas de décision du gouvernement à ce sujet, nous avions réussi cela avec un seul ordre.
Yaşar Güler : Eh bien, je suis d’accord avec vous. Pour une chose, nous n’avons pas à discuter de cela. Mais il y a différentes choses que la Syrie peut faire dès maintenant.
Ahmet Davutoğlu : Général, la raison pour laquelle nous disons non à cette opération est parce que nous connaissons la capacité de ces hommes.
Yaşar Güler : Regardez, Monsieur, MKE (Mechanical and Chemical Industry Corporation) n’est elle pas aux ordres du ministre ? Monsieur, je veux dire, le Qatar est à la recherche de munitions pour les acheter en cash. En liquide. Alors, pourquoi ne le faisons nous pas ? C’est sur ordre de Monsieur le ministre…
Ahmet Davutoğlu : Mais il y a l’endroit, nous ne pouvons pas agir de façon intégrée, nous ne pouvons pas coordonner.
Yaşar Güler : Alors, notre Premier ministre peut convoquer le ministre de la Défense et Monsieur le ministre au même moment. Ensuite, il peut leur parler directement.
Ahmet Davutoğlu : Nous, M. Siniroğlu et moi, avons littéralement supplié Monsieur le Premier ministre pour obtenir une réunion privée, nous avons dit que les choses n’allaient pas si bien que cela.
Yaşar Güler : En outre, il n’a pas à être surchargé de réunions. Vous-même, Monsieur le ministre de la Défense, Monsieur le ministre de l’Intérieur et notre chef d’état-major, quatre d’entre vous suffisent. Il n’est pas nécessaire d’être une foule. Parce que, Monsieur, la nécessité principale c’est qu’il y ait des armes à feu et des munitions. Pas même des armes, principalement des munitions. Nous venons juste de parler à ce sujet, Monsieur. Disons que nous mettons en place une armée là-bas, d’un millier d’hommes. Si nous les engageons dans cette guerre sans leur fournir un minimum de 6 mois de munitions alors ils vont revenir nous voir au bout de deux mois.
Ahmet Davutoğlu : Ils sont déjà de retour.
Yaşar Güler : Ils vont revenir vers nous, Monsieur
Ahmet Davutoğlu : Ils ont venir de … Comment c’était ? Çobanbey [checkpoint près de la ville turque d’Elbeyli]
Yaşar Güler : Oui, en effet, Monsieur. Cette question ne peut pas rester un fardeau sur les épaules du seul Monsieur Fidan comme elle l’est actuellement. C’est inacceptable. Je veux dire, nous ne pouvons pas comprendre cela. Pourquoi ?
***
Ahmet Davutoğlu : Ce soir là, nous avions atteint une résolution. Et je pensais que les choses prenaient un tour pour le bien. Le notre…
Feridun Sinirlioglu : Nous avions émis la résolution du MGK [Conseil national de sécurité] le lendemain. Ensuite, nous avons parlé avec le général …
Ahmet Davutoğlu : Et les autres forces faisaient vraiment un bon suivi de notre faiblesse. Vous dites que vous allez capturer cet endroit, et que les hommes là-bas constituent un facteur de risque. Vous les faites se retirer. Vous capturez la place. Vous renforcez et y envoyez vos troupes à nouveau.
Yaşar Güler : Exactement, Monsieur. Vous avez absolument raison.
Ahmet Davutoğlu : Vraiment ? C’est ainsi que je l’interprète. Mais, après l’évacuation, ce n’est pas une nécessité militaire. C’est une toute autre chose.
***
Feridun Siniroğlu : Il y a quelques changements sérieux dans la géopolitique mondiale et régionale. Cela peut maintenant se propager à d’autres endroits. Vous l’avez dit vous-même aujourd’hui, et d’autres sont d’accord… Nous nous dirigeons vers un jeu différent maintenant. Nous devrions être en mesure de les voir [les changements]. Que l’ÉIIL et tout ce cirque, toutes ces organisations sont extrêmement ouvertes à la manipulation. Avoir une région composée d’organisations de même nature constitue un risque de sécurité vital pour nous. Et quand nous sommes allés pour la première fois en Irak du Nord, il y avait toujours le risque que le PKK fasse exploser l’endroit. Si l’on considère attentivement les risques et appuyons cela… Comme le général vient de dire…
Yaşar Güler : Monsieur, lorsque vous étiez à l’intérieur il y a un moment, nous avons discuté de tout cela. Ouvertement. Je veux dire, les forces armées sont un « outil » nécessaire pour vous à chaque tour.
Ahmet Davutoğlu : Bien sûr. Je dis toujours cela au Premier ministre, en votre absence, la même chose dans un jargon universitaire, vous ne pouvez pas rester dans ces terres sans hard power. Sans hard power, il ne peut y avoir de soft power.
Yaşar Güler : Monsieur,
Feridun Sinirlioglu : La sécurité nationale a été politisée. Je ne me souviens de rien de ce genre dans l’histoire politique turque. Elle est devenue une question de politique intérieure. Tous les entretiens que nous avons faits sur la défense de nos terres, sur notre sécurité à la frontière, sur nos terres revendiquées là-bas, ils sont tous devenus un outil commode et pas cher de politique intérieure.
Yaşar Güler : Exactement
Feridun Siniroğlu : Cela n’est jamais arrivé avant. Malheureusement, mais…
Yaşar Güler : Je veux dire, n’y aurait-il pas au moins l’un des partis de l’opposition qui vous soutiendrait sur un tel point de haute sécurité nationale ? Monsieur, est-ce un sens justifiable de la sécurité nationale ?
Feridun Sinirlioglu : Je ne me souviens même pas d’une telle période.
Yaşar Güler : Dans quel domaine pouvons-nous être unis, si ce n’est par une question de sécurité nationale d’une telle ampleur. Aucun.
Ahmet Davutoğlu : [...] Si seulement nous avions pris des mesures sérieuses à l’époque, même à l’été 2012.
Feridun Sinirlioglu : Ils étaient à leur plus bas en 2012
Ahmet Davutoğlu : Sur le plan interne, ils étaient exactement comme la Libye. Qui entre et sort du pouvoir n’est d’aucune importance pour nous. Mais certaines choses…
Yaşar Güler : Monsieur, pour éviter toute confusion, notre besoin en 2011 c’était des fusils et des munitions. En 2012, en 2013, et même aujourd’hui, c’est toujours le cas. Nous sommes exactement au même point. Nous avons absolument besoin de trouver cela et de sécuriser cet endroit.
Ahmet Davutoğlu : Les fusils et les munitions ne sont pas d’un grand besoin pour cet endroit.Parce que nous n’avons pas pu mettre le facteur humain en ordre…
Seconde partie
Hakan Fidan : Nous avons envoyés environ 2 000 camions chargés d’équipements.
Yaşar Güler : Je pense que les armes ne sont pas nécessaires là-bas. C’est ma propre opinion. Les munitions sont nécessaires. Oui Monsieur. Monsieur Hakan [Fidan] est ici. nous pouvons fournir un général. Monsieur Fidan lui même a demandé cela en premier. Nous disions que nous pouvions. Nous avions désigné un général et le général y était allé.
Feridun Sinirlioğlu : Si nous voulons être pratique, le ministre de la Défense devrait signer pour le bien de la nation. Notre Premier ministre devrait donner l’ordre une fois de plus, clairement.
Ahmet Davutoğlu : En fait pour moi, cette nuit même…
Yaşar Güler : Monsieur, nous n’avons aucun problème pour ce soir.
Feridun Sinirlioğlu : L’ordre pour l’opération est déjà donné pour ce soir.
Yaşar Güler : Nous avons délivré l’ordre immédiat pour l’opération, peut être que Mr Fidan le sait aussi.
Ahmet Davutoğlu : Hakan, quelles sont les complications si nous décidons d’envoyer des chars ?
Hakan Fidan : Et bien, sans coordination, si nous considérons le rapport de force…
Yaşar Güler : C’est pourquoi nous demandons la coordination du MIT [services secrets] Monsieur le ministre.
Hakan Fidan : …sans la présence et la qualité d’hommes armés.
Yaşar Gülen : C’est pourquoi nous prenons la coordination du MIT pour un prérequis, Monsieur le ministre. À savoir, il n’y a rien cette nuit dont vous ayez à vous souciez Monsieur le ministre. Pas ce soir, pas plus tard. Mais nous devons régler ce problème à moyen terme.
Ahmet Davutoğlu : Je pense toujours optionnellement à cela, mais nous ne pouvons pas convaincre ces hommes. Nous les intégrerons, les renforceront avec des chars de l’intérieur. À partir de là, nous avons besoin de considérer les conditions de guerre —et entre cela et la déclaration de guerre—, nous faisons une opération.
Yaşar Güler : C’est un casus belli. Ce que nous ferons est une raison directe pour la guerre.
Hakan Fidan : Pas une raison pour faire la guerre avec la Syrie.
Yaşar Güler : Non, ces hommes…
Hakan Fidan : Là où je veux en venir c’est que nous savons que 2 + 2 = 4. Maintenant, si nous, là, cette chose-là ne signifie rien stratégiquement, si ce n’est l’image positive etc… Si nous voulons entrer en guerre, il faut le préparer et y aller. Je veux dire…
Yaşar Güler : C’est aussi ce que nous disons de puis le début.
Hakan Fidan : Ce que je ne peux pas accepter, c’est ça. Maintenant, nous considérons l’usage de la force, pour la tombe de Suleiman Shah, nous envisageons l’usage d’armes, ce qui veut dire, pour une portion de territoire de la taille de cette pièce, dix hectares de terrain, nous courrons le risque d’utiliser des armes, pour les 22 à 28 soldats là-bas. Bon, nous avons des milliers de kilomètres de frontières, et pourtant nous ne le risquons pas pour la vie de millions de personnes. Écoutez, ce n’est pas raisonnable. Laissez-moi dire cela. Si nous sommes sur le point d’utiliser des armes, laissez-nous le faire depuis le début. Si ces hommes sont une menace.
Feridun Sinirlioğlu : Bon, il y a une raison à cela…
Hakan Fidan : Utiliser cela comme une justification est une autre chose. L’autre est différente.
Yaşar Güler : Bien, notre ministre des Affaires étrangères ne pourra jamais trouver une raison à cette dernière, mais pour ça oui…
Hakan Fidan : Attendez, laissez moi vous dire ceci…
Ahmet Davutoğlu : Juste entre nous, le Premier ministre a dit que [attaquer la tombe] devrait aussi être considéré comme une opportunité dans cette conjoncture.
Hakan Fidan : Monsieur, regardez, si la justification —que nous pouvons— que je peux envoyer quatre hommes de l’autre côté et tirer huit missiles dans un territoire désert. Ce n’est pas un problème. Les justifications peuvent être créées. Le problème est qu’une telle volonté doit être invoquée. Nous formulons le souhait d’entrer dans une guerre, mais nous échouons dans le raisonnement.
Feridun Sinirlioğlu : Laissez-moi vous dire ceci, dix hectares de terrain. Dix hectares de terrain est une justification très valide concernant le droit international, de plus, en termes de légitimité, réaliser une telle opération contre l’ÉIIL, le monde entier sera derrière nous. Aucun doute la dessus.
Yaşar Güler : Non, nous n’avons aucun doute.
Feridun Sinirlioğlu : Non, je le dis à tout le monde. Sur ce point…
Yaşar Güler : Monsieur le ministre, nos forces sont prêtes depuis un an, en attente. Ce n’est pas une précaution que nous avons pris hier, ces hommes sont là depuis un an.
Hakan Fidan : Pourquoi sommes nous encore là à attendre pour la tombe de Suleyman Shah, je ne comprends pas.
Ahmet Davutoğlu : Nous avons fait, nous avons fait tout ce qui était diplomatiquement possible.
Feridun Sinirlioğlu : Nous avons besoin d’une justification, d’une bonne justification.
Hakan Fidan : Non, je peux fabriquer une justification, une justification n’est pas un problème.
Feridun Sinirlioğlu : Non, fabriquer une justification c’est autre chose, c’est une justification très solide.
Hakan Fidan : Si nécessaire nous pouvons aussi bien faire une attaque là-bas [sur la tombe], nous attaquons de manière préventive. Nous pouvons le faire, je veux dire, j’essaye de comprendre.
Feridun Sinirlioğlu : Nous aurions du faire cela avant, cela peut être fait bien sur. Nous pouvons le faire réaliser.
Hakan Fidan : Je veux dire, si nous sommes prêts à utiliser cela, en temps et lieu opportun, faisons le avec un but que nous déterminerons.
Ahmet Davutoğlu : Hakan, comme vous l’avez dit, si ce que vous entendez est un manque de stratégie dans la fabrication d’une justification, vous avez raison. Contre ces hommes…
un officier : Monsieur, sans que cela arrive…
Ahmet Davutoğlu : [...] Vous ne pouvez pas dire au secrétaire d’État américain : "Nous devons prendre des mesures fortes".
Hakan Fidan : Bien, Monsieur, ce que je veux dire c’est…
Ahmet Davutoğlu : Alors, il dira, vous n’avez jamais défendu votre propre terre. Nous avons eu beaucoup de conversation amicales, principalement avec Kerry et il me disait exactement cela, vous avez décidé de frapper et…
Yaşar Güler : Monsieur, nous l’avons fait, des centaines de fois, avec les États-Unis…
Feridun Sinirlioğlu : Bien, regardez, il y a trois jours, une chose s’est produite au bureau du chef d’état major, cette affaire a été soulevée et nous avons eu une rencontre de coordination. Je le vois pour la première fois. Les Américains…
Yaşar Güler : Non, nous l’avons fait régulièrement !
Feridun Sinirlioğlu : Non, non, les Américains durant cette rencontre ont distribué des plans pour la zone de non-survol. Pour la première fois. Tu savais cela ?
Hakan Fidan : Hmm, ce que je souligne c’est que, Monsieur, si nous sommes sur le point de prendre une telle décision pour une raison de cette sorte [la tombe], si nous sommes prêts à prendre cette décision.
Feridun Sinirlioğlu : Non, pas seulement Suleyman.
Hakan Fidan : J’affirme que, si nous somme prêts pour prendre cette décision, nous aurions déjà du la prendre. À cause de la menace et des avantages que nous avons. C’est pourquoi j’essaye de dire cela. [...]
Ahmet Davutoğlu : Oui, si nous avions pris cette décision sur une plus petite échelle, nous ne serions pas isolés comme aujourd’hui.
Yaşar Güler : Non attendez, nous avons pris cette décision.
Hakan Fidan : Mais elle n’a pas été mise en œuvre.
Yaşar Güler : Nous ne pouvons pas réaliser cette décision, nous sommes paralysés pour plusieurs raisons, c’est notre problème Monsieur le ministre. L’appareil de l’État ne fonctionne pas.
Ahmet Davutoğlu : Je n’accepte pas cela, laissez moi vous le dire clairement. [...], dans la tradition de l’État dans laquelle j’ai été élevé ; accepteriez-vous cela, dans le ministère des Affaires étrangères que des débats politiques causent des retards dans les processus… Actuellement, une telle chose ne serait pas légitime ! Tout le monde doit prendre ses responsabilités avec détermination. Si un ambassadeur déclare, Monsieur le ministre, on m’empêche de travailler, que faites vous ? Nous disons, prenez votre retraite et nous allons trouver quelqu’un d’autre pour faire cela, n’est ce pas ? C’est la manière dont je vois les choses. C’est comme ça que la démocratie fonctionne.
Yaşar Güler : Monsieur le ministre, vous avez totalement raison.
Ahmet Davutoğlu : Actuellement, l’État fonctionne uniquement à travers quelques agences et quelques personnes qui sont capables de prendre les bonnes décisions, ce que je fais.
Yaşar Güler : Non, nous n’allons pas reculer.
Ahmet Davutoğlu : Quoi qu’il en soit, passons de l’autre côté

vendredi 28 février 2014

Des enregistrements téléphoniques impliquent le Premier Ministre turc dans la corruption massive

EXPLOSIF ! Le journal turc ZAMAN lié à l'Imam Fetullah Gulen vient de publier les transcriptions des conversations entre le premier ministre Erdogan et son fils qui l'impliquent dans la corruption:


 Alors que la Turquie est actuellement secouée par des affaires d'écoutes de conversations téléphoniques entre le Premier ministre Erdogan et son fils, Zaman présente la version française de la retranscription audio des cinq conversations enregistrées.

Les enregistrements dateraient du 17 décembre 2013, jour où une importante enquête anticorruption a été lancée. On y entend une voix, censée être celle d'Erdogan, disant à son fils sur cinq enregistrements, de se débarrasser d'importantes sommes d'argent cachées aux domiciles de plusieurs proches.
Le Premier ministre, au début de la conversation, qui aurait été enregistrée sur ligne cryptée, parle à son fils, Bilal, de l'enquête et lui demande d'«écouler» l'argent en le distribuant à plusieurs hommes d'affaires.
L'authenticité de ces enregistrements n'a pas encore été vérifiée. Vers la fin, Bilal Erdogan dit à son père que lui et les autres ont «terminé ce qu'il leur avait demandé de faire», insinuant que la somme totale a été «écoulée».
Reza Zarrab et Ali Agaoglu sont deux importants hommes d'affaires en Turquie qui ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête anticorruption du 17 décembre dernier. Agaoglu et Zarrab ont été remis en liberté. Erdogan Bayraktari, Zafer Çaglayan et Muammer Güler sont trois ministres dont les fils ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête. Ils ont tous démissionné environ une semaine après l'enquête anticorruption. Sümeyye est la fille d'Erdogan. Faruk Kalyoncu et Mehmet Gür sont aussi des hommes d'affaires connus pour avoir des liens proches avec le Premier ministre.
Première conversation, 17 décembre 2013, 08h02
Recep Tayyip Erdogan  (RTE) : Tu es chez toi ?
Bilal Erdogan (fils) : Oui, papa.
RTE : Ce matin, [ils ont] lancé une enquête. Ali Agaoglu, Reza Zerrab, le fils d'Erdogan [Bayraktar, ancien ministre], le fils de Zafer [Çaglayan, ancien ministre], le fils de Muammer [Güler, ancien ministre], etc – leurs maisons sont en train d'être fouillées.
BE : Que dites-vous, papa ?
RTE : Je te dis que le fils de Muammer, le fils de Zafer, le fils d'Erdogan, Ali Agaoglu, Reza Zerrab, etc – ils sont en train de fouiller les maisons de 18 personnes pour une grosse histoire de corruption.
BE : D'accord.
RTE : OK ? Alors écoute-moi bien, tu dois te débarrasser de tout ce que tu as chez toi. OK ?
BE : De quoi dois-je me débarrasser papa ? [Je n'ai pas d'argent à moi.] C'est votre argent qu'il y a dans le coffre-fort.
RTE : C'est ce que je te dis. Je vais t'envoyer ta sœur (Sümeyye Erdogan). OK ?
BE : Vous allez envoyer qui ?
RTE : Ta sœur, je te dis.
BE : Ah ? OK.
RTE : Ensuite... Elle sait, OK. Parles-en à ton grand frère.
BE : Oui.
RTE : Fais ça… Parles-en avec ton oncle aussi. Il doit aussi s'en débarrasser... Parles-en avec ton oncle [maternel], il doit aussi...
BE : Qu'est-ce qu'on fait avec cet [argent], papa ? On le met où ?
RTE : Dans certains endroits spécifiques... Fais-le.
(On entend une voix de femme derrière lui qui dit «Berat»).
BE : Berat aussi en a -
RTE : C'est ce que je te dis. Maintenant, rassemblez-vous, va chercher ton oncle. Je ne sais pas si oncle Ziya en a également ? Parles-en aussi immédiatement à ton frère Burak.
BE : OK, papa. Vous voulez dire, Sümeyye, je parle de l'argent. Sümeyye me dira où mettre l'[argent] ?
RTE : Oui, c'est ça. Allez, fais-le, réfléchissez à ce que vous pouvez faire avec ton oncle.
BE : Sur ce qu'il faut faire ?
RTE : Oui, oui, on se rappelle bientôt, avant 10 heures. Parce que la question est...
BE : OK, papa.
RTE : OK ? Tiens-moi au courant.
BE : OK, papa.

Deuxième conversation, 11h17
BE : Papa, on s'est vus avec Hasan [frère], etc. Berat [frère], mon oncle, on est ensemble et on réfléchit à ce qu'on va faire. Berat a une autre idée. Il propose d'en donner une partie à Faruk [Kalyoncu] pour le faire fructifier comme vous en aviez discuté. On devrait faire ça ? C'est le seul moyen qu'on a pour régler ce problème.
RTE : C'est possible.
BE : OK. Pour l'autre partie, on a pensé qu'avec notre partenariat avec Mehmet Gür, on pourrait lui donner en lui disant «Garde-le, quand les projets se présenteront, tu peux utiliser cet [argent]». Comme ça, on pourra faire diminuer la somme pour la garder à un autre endroit.
RTE : OK, très bien, tant que c'est fait...
BE : OK.
RTE : Est-ce que Sümeyye est arrivée ?
BE : Elle est arrivée chez elle, elle va venir. OK, papa, on va régler ça aujourd'hui, si Dieu le veut. Vous avez autre chose à me dire ?
RTE : Ce serait bien si tu... si tu pouvais tout écouler.
BE : Oui, on va écouler [tout l'argent], si Dieu le veut.

Troisième conversation, 15h39
RTE : Tu as fait tout ce que je t'avais dit de faire ?
BE : On va finir ça dans la soirée. On a presque tout réglé. On a réglé la partie avec Berat, maintenant on va régler la partie avec Mehmet Gür et on fera le reste quand il fera nuit.
RTE :….
BE : Si Dieu le veut.
RTE : Qu'est-ce qu'a fait Sümeyye ?
BE : Elle a pris l'argent avec elle, on a parlé etc.
RTE : Est-ce qu'elle a réglé les deux affaires ?
BE : Je pense que oui, papa. Elle a dit qu'elle avait vidé les deux.
RTE : Les deux, tu dis ?
BE : Oui, elle a dit les deux, mais tu veux dire les deux choses, pas vrai ?
RTE : Peu importe. Ok, très bien.
BE : A quelle heure arrivez-vous ?
RTE : Vers minuit.
BE : Bon voyage.
RTE : Ne parlez pas par téléphone.

Quatrième conversation, 23h15
BE : Bonjour papa, je vous appelle pour... On a fait une grande partie du travail. Hmm, vous m'avez appelé, papa ?
RTE : Non. C'est toi qui m'as appelé.
BE : Il y a un numéro masqué qui m'a appelé.
RTE : Quand tu dis une 'grande partie du travail', ça veut dire que tu as tout réglé ?
BE : On ne s'est pas débarrassé de tout, papa. Je vais vous expliquer. On a encore 30 millions d'euros dont on n'a pas réussi à se débarrasser. Berat a pensé à quelque chose. Il y a encore 25 millions de dollars qu'Ahmet Çalik devrait recevoir. Ils disent de lui donner ça maintenant. Quand l'argent arrivera, on fera quelque chose, ils disent. Et avec le reste, on peut acheter un appartement à Sehrizar, il dit. Qu'en dis-tu, papa ?
RTE : ….
(Bruit de fond : Aïïïe.)
BE : Papa ?
RTE : Sümeyye est avec toi ?
BE : Oui. Vous voulez que je l'appelle ?
RTE : Non, j'ai entendu un bruit, c'est pour ça que je te demande.
BE : Hum, ce je veux dire, c'est qu'on peut transférer 25 millions de dollars à Çalik et acheter un appartement à Sehrizar avec l'argent qui reste.
RTE : Peu importe. Mais réglez ça.
BE : Est-ce qu'on devrait faire ça comme ça ?
RTE : OK, faites-le.
BE : Est-ce que vous voulez que tout l'argent disparaisse ou vous voulez en garder un peu pour vous ?
RTE : Non, ça ne peut pas rester là. Tu pourrais transférer le reste à l'autre endroit, avec Mehmet, tu pourrais le transférer là-bas..
BE : Oui, on leur a donné. On leur en a donné 20.
RTE : Pour l'amour de Dieu. D'abord, tu aurais dû le transférer. Ensuite tu aurais pu...
BE : On a pu leur donner ce montant pour l'instant, c'est déjà difficile, ça prend trop de place. On est en train d'en mettre une partie ailleurs. On en a donné une partie à Tunç, puis…
RTE : Est-ce que tu as tout transféré à Tunç ?
BE : (Sümeyye, tu peux venir ?) Où ça, papa ?
RTE : A Tunç, j'ai dit, est-ce que tu as tout transféré à Tunç ?
BE : Ils ont demandé, j'imagine, ils ont dit qu'ils pouvaient prendre 10 millions d'euros.
RTE : Peu importe. N'en parle pas comme ça.
BE : OK, on va régler ça comme ça.
RTE : OK, fais ça. Je ne pourrai pas venir ce soir, on va rester à Ankara.
BE : OK, on est en train de tout régler. Ne vous inquiétez pas.

Cinquième conversation, 18 décembre, 10h58
RTE : Je me demandais si tout allais bien, donc je t'ai appelé.
BE : Non, il n'y a aucun problème. On a fini ce que vous nous aviez dit de faire.
RTE : Tu t'es débarrassé de tout ?
BE : Complètement, je veux dire, comment dire ? J'avais l'argent de Samandira et de Maltepe [l'argent dans ses villas de Samandira et Maltepe], 730.000 dollars et 300.000 livres turques. Je vais m'occuper de ça aussi. On doit 1 million de livres turques à Faruk Isik [député AKP] ; Je vais lui donner ça et lui dire de transférer le reste à l'académie [peu clair.]
RTE : Ne parle pas ouvertement.
BE : Je ne devrais pas parler ?
RTE : Ne parle pas, OK ?
BE : OK, papa.
RTE : Je veux dire, ne garde rien sur toi, quoi que ce soit, Samandira ou autre... Envoie-le là où il doit être. Où est-ce que tu le gardes ?
BE : OK, papa, mais je pense qu'on est en train d'être surveillés.
RTE : Qu'est-ce que je te dis depuis le début !
BE : Mais est-ce que c'est l'équipe des gardes du corps ? Qui nous surveille, papa ?
RTE : Mon fils, tu es en train d'être enregistré.
BE : Mais il semblerait qu'ils surveillent aussi par vidéo.
RTE : C'est vrai. On a fait des choses au sein des services de sécurité d'Istanbul.


mardi 18 février 2014

Turquie: juges et procureurs perdent l'independance

Après une nuit de débats particulièrement houleux, une loi très controversée qui renforcera le contrôle du gouvernement sur l’affectation des magistrats a été adoptée, ce samedi 15 février, par le Parlement turc. L’opposition dénonce ce texte dont elle affirme qu’il sert à protéger le gouvernement, secoué par les affaires depuis deux mois. Le président de la République, Abdullah Gül, devra maintenant promulguer cette loi, qu’il avait discrètement critiquée.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Un nez cassé pour un député toujours hospitalisé, trois blessés légers en tout, c’est le bilan de cette nuit de débats virulents pour une loi finalement adoptée aux forceps. Le mois dernier déjà, l’examen de cette loi fort opportune en plein scandale de corruption visant le gouvernement avait été prétexte à de violentes bagarres au Parlement.

Car, en annulant les effets d’une réforme libérale votée en septembre 2012, juges et procureurs seront désormais sous la coupe directe du ministère de la Justice. Suite aux vives critiques de l’Union européenne, l’examen du texte avait été provisoirement mis en sommeil, mais le Premier ministre Recep Tayip Erdogan a finalement choisi de passer en force, retirant dans la nuit deux des articles les plus controversés de cette loi pour en finir au plus vite, mais dans la douleur. RFI

mercredi 29 janvier 2014

L'économie Turque dans la tourmente

 Libération :

La banque centrale turque est parvenue mercredi, au moins temporairement, à enrayer la dégringolade impressionnante de la livre en recourant à une hausse massive de ses taux d’intérêt, malgré l’avis contraire du gouvernement d’Ankara.
Dans la foulée de la décision de la banque, la devise turque (LT) a rebondi et s’échangeait en fin de matinée autour de 2,20 LT pour un dollar et de 3,00 LT pour un euro, contre respectivement 2,26 LT et 3,09 LT mardi.
 ...
A l’issue d’une réunion nocturne de son comité de politique monétaire, l’institution financière a augmenté son taux d’intérêt au jour le jour de 7,75 à 12% et son taux hebdomadaire repo de 4,4 à 10% pour contenir «l’impact négatif» de la chute de la livre «sur l’inflation et la stabilité macroéconomique».

Cette décision de la banque centrale turque a défié les recommandations du gouvernement, hostile à tout recours à l’arme des taux par crainte d’affecter la croissance et de creuser les déficits publics déjà élevés du pays (+ de 7%).

....

Depuis des semaines, les marchés attendaient une décision ferme de l’autorité monétaire pour mettre un terme à l’effondrement de la monnaie nationale, en retrait de plus de 30% depuis la mi-2013, qui pèse de plus en plus sur l’économie du pays.
La devise turque a atteint les cours planchers de 2,39 LT pour un doller et 3,27 LT lundi.

...

Le gouvernement a jusque-là persisté à maintenir sa prévision de croissance de 4% pour 2014, mais la plupart des analystes ont révisé les leurs à la baisse.
L’inflation constitue une autre source d’inquiétude. Le gouverneur de la banque centrale Erdem Basci a ainsi révisé à la hausse de sa prévision d’inflation pour l’année 2014, de 5,3% à 6,6%, proche des estimations de la plupart des analystes.


dimanche 19 janvier 2014

Lutte fratricide des islamistes, fin de l'hégémonie d'Erdogan en Turquie?

: © 2014 by National Review, Inc. Reprinted and translated by permission.

Alex Alexiev dans  "The National Review" analyse la situation politique en Turquie.
( lien )
Quelques points à retenir:
Gullen et Erdogan étaient alliés, ce sont des islamistes aussi  radicaux l'un que l'autre. Leur objectif final est le Caliphat. Ils se battent pour le pouvoir, Erdogan remet les militaires sur la scène politique. L'AKP se scinde, la corruption , les dénis de justice, les scandales et la violence policière, amoindriront considérablement le score de l'AKP aux elections à venir.



En Turquie les procès de grande envergure sont rarement dénoués d'intrigues politiques , mais  il est maintenant clair que la grande affaire de corruption impliquant plusieurs dizaines de personnes proches du sommet de l'élite au pouvoir , dont des membres de la coterie personnelle du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, pourrait bien marquer un tournant dans l'histoire turque moderne .

Les observateurs avisés s'accordent généralement sur ​​sa signification , mais un curieux silence des médias et des diplomates règne sur ces événements. Cela est compréhensible en partie parce que le scandale de corruption a mis à nu l' échec lamentable de la politique de l'administration Obama vis à vis Ankara - une politique fondée sur la pieuse hypothèse que la Turquie est une véritable démocratie islamique et un modèle à suivre pour les autres pays musulmans. Cet  espoir optimiste et délirant a conduit, en Mars 2009, Hillary Clinton, la Secrétaire d'Etat américaine, a faire l'éloge du gouvernement Erdogan pour avoir fait " d'énormes progrès dans la liberté d'expression, la liberté religieuse et les droits de l'homme ". La Turquie, en ce moment là, était au milieu de la plus importante campagne mondiale d'emprisonnement de journalistes .

Les révélations de l'enquête confirment, hors de tout doute possible, que notre allié de l'OTAN est devenu un allié des djihadistes en Syrie et un complice du régime de Téhéran . Juste cette semaine, le 14 Janvier , les unités de la police turque ont pérquisitionné les bureaux de la Fondation d'aide humanitaire turque de secours (IHH) - un groupe lié à des djihadistes syriens et , de par sa participation à l'infâme flottille de Gaza , connu pour être proche d'Erdogan . Parmi les personnes arrêtées il ya , dit-on deux principaux agents d'Al -Qaïda , dont un ancien détenu de Guantanamo Bay. Quelques heures après leur arrestation , les deux chefs de la police qui ont dirigé les raids ont été démis de leurs fonctions par le gouvernement de M. Erdogan: ce ne sont que les deux derniers qui s'ajoutent à plus de 500 fonctionnaires de police et procureurs qui ont virés depuis le debut de l'enquête anti-corruption.

L'événement est suffisant pour confirmer la forte sympathie d'Erdogan pour l'islamisme radical et le terrorisme djihadiste,  mais il saignale également un grave problème pour lui : La coalition derrière sa campagne d'islamisation pourrait se scinder en deux.

De façon inattendue, le 25 Décembre , le ministre de l'environnement et de l'urbanisme , Erdogan Bayraktar , a été contraint de démissionner. Il a désigné directement le Premier ministre , affirmant que c'était Erdogan lui-même qui avait  "ordonné tous ces projets de construction qui sont remis en cause par l'enquête. "

Erdogan , en colère, comme à son habitude a nié toutes les accusations et a accusé des «conspirateurs externes » et leurs  "sous-traitants locaux"  tous dans le cadre d'un sisinstre complot anti-turc.

Ce sont les "sous-traitants " qui présentent le problème le plus épineux pour Erdogan , car contrairement aux «conspirateurs externes », ils sont bien réels , puissants , et sur ​​le sentier de la guerre . Les observateurs de la scène politique turque ont compris depuis longtemps que le mouvement Fethullah Gülen joue un rôle crucial en tant que partenaire fiable de l'AKP dans l'islamisation constante du pays . Il était également de notorieté publique en Turquie , mais pas en Occident , que les disciples de Gülen ont une énorme présence dans les organes de sécurité , le système de la justice , et dans la police. Selon des diplomates américains , dès 2006 , 80 pour cent des postes supérieurs de la police ont été remplis par les partisans de Gülen . Ils ont joué un rôle dominant dans les réalisations clés Erdogan, telles que la mise au pas de l'armée , la réduction de la liberté d'expression , et la répression brutale des protestations du parc de Gezi de cet été.

Et pourtant, en Occident, la plupart des commentaires en cours sur la Turquie dresse une fausse image , politiquement correcte du mouvement Gülen . Un récent édito du Wall Street Journal l'a décrit comme " un groupe opaque d'inspiration soufie, connu pour sa piété islamique . " En fait , il n'y a rien d'opaque sur les intentions des Gulenistes , ni pratiquent- ils le soufisme ,qui est une mystique , ésotérique , une pratique apolitique et pacifique de l'islam qui encourage la dévotion à la recherche d'une connaissance personnelle de Dieu . Au lieu de cela , le mouvement Gulen s'apparente à une religion moderne tels que la Scientologie qui exige un dévouement total et une obéissance absolue au " maître enseignant . « Il prêche une version radicale de l'islam et vise à détruire l'ordre laïque en Turquie et finalement, au-delà. Il est facile de voir tout cela si l'on va derrière la façade soigneusement entretenue du mouvement , avec son verbiage pieux du dialogue interreligieux , la paix et l'illumination islamique , et qu'on examine directement les écrits de Gülen qui renseignent sur l'idéologie de son mouvement .


Par exemple, dans un livre décrivant l'excellence de Mahomet comme commandant militaire, le maître explique que la bellicosité islamique envers les infidèles est en fait une forme de compassion envers eux, car c'est en étant simplement des non croyants qu'ils commettent des injustices. Ce type de  « compassion » justifie évidemment les conquêtes musulmanes et l'élimination des infidèles.
"Il incombe", écrit Gulen, "à ceux qui croient en un seul Dieu et qui l'adorent fidèlement d'assurer la justice dans le monde. L'Islam appelle cette responsabilité: djihâd."

Il n'y a aucun doute quant à l'objectif ultime du jihad que désire Gulen: "Il cherche à transmettre le Message de l'Islam à tous les êtres humains dans le monde et d'établir un modèle de communauté islamique dans le monde entier". Les djihadistes moins sophistiqués appellent cela simplement : "le califat".
Gülen est également tout à fait explicite au sujet de la tactique a employer par ses disciples, en leur instruisant dans les communications internes, comment s'infiltrer dans le gouvernement: « Avec la patience de l'araignée, nous étendons notre toile et attendons que les gens s'y prennent. » Instruit-il dans une vidéo du mouvement de 1999. Et il conseille: « attendez, jusqu'à ce que vous ayez obtenu le contrôle de toute la puissance de l'État... ”

Donc le mouvement de Gulenist n'est guère moins radical que l'AKP d'Erdogan, mais la brouille entre les deux groupes est réele. C'est encore plus flagrant depuis la décision d'Erdogan de fermer les milliers de d'écoles privées lucratives, appelées dershane en turc, qui préparent les étudiants aux examens d'admissions à l'Université. Le mouvement Gülen est censé contrôler 75 % de ces écoles, au nombre de 3 100 écoles , qui emploient 100 000 Turcs et qui éduquent 2 millions d'étudiants à la fois. Elles représentent des opportunités énormes pour le recrutement et l'endoctrinement pour le mouvement de Gulen et sont aussi, avec les frais de scolarité de plus de 11 000 $ par an, une énorme source de revenus.

La guerre entre les deux camps islamistes porte donc beaucoup moins sur l'idéologie, comme l'insinuent de nombreux experts occidentaux, que pour le pouvoir et l'argent. C'est plus comme un réglement de comptes entre deux parrains de la Mafia qu'une rivalité entre deux différentes sectes de l'Islam. Les enjeux sont particulièrement importants pour Erdogan : c'est lui en fait, la véritable cible de la lutte contre la corruption lancée par leq Gülenistes, et il y a plus qu'un noyau de vérité lorsqu'il à qualifié les inculpations de : « tentative d'assassinat politique ».

On oublie souvent que, comme l'a noté Michael Rubin, l'universitaire de l'American Enterprise Institute, Erdogan fait toujours l'objet d'une douzaine d'enquêtes sur la corruption pendant son mandat de maire d'Istanbul — ces enquêtes ont été suspendues en raison de l'immunité parlementaire, mais pourraient rapidement être rouvertes une fois qu'il n'est plus au pouvoir. La perspective de faire face à des peines d'emprisonnement pour corruption expliquerait au moins partiellement sa volonté d'utiliser toutes sortes méthodes extrajudiciaires dures et inconstitutionnelles contre la Gülenistes.

L'enjeu n'est pas moindre pour Gülen. Les purges de grande envergure d'Erdogan contre les meilleurs policiers et fonctionnaires de la justice ont déjà affaibli le mouvement, avant même le déclnchement du deuxième assaut massif, largement attendu, contre les membres du mouvement et de la fermeture de ses écoles de préparation. Dans le cas où on serait tenté de sympathiser avec des cibles d'Erdogan, il convient de rappeler que ce sont les Gülenistes qui étaient les procureurs voyous  et les policiers qui ont envoyé des centaines de journalistes et de militaires en prison sur des fausses accusations dans les affaires Ergenekon et Sledgehammer et qui ont reprimé en 2013  les paisibles protestations du parc Gezi avec une brutalité sans précédent.

Une tournure nouvelle et importante au conflit : quelques jours avant la fin de 2013, le haut conseiller politique du premier ministre, Yalcin Akdogan, a accusé le mouvement Gülen de soutenir les procès des conspirations « Ergenekon » et « Sledgehammer », qui a envoyé en prison des centaines d'officiers et d'anciens combattants, ainsi que de nombreux journalistes et civils, sur des accusations complètement fausses. Seulement trois jours plus tard, dans son premier acte ouvertement politique depuis longtemps, l'armée a déposé une plainte pénale pour un nouveau procès de ces officiers, affirmant qu'ils avaient été déclarés coupables avec des preuves fabriquées et manipulées. Il s'agit sans aucun doute un geste de l'AKP conçu pour gagner le soutien des militaires, rares sont ceux, en Turquie, qui ont oublié le soutien enthousiaste d'Erdogan lors des procés Ergenekon et Sledgehammer et son soutien pour les simulacres de procés qui ont envoyé les « conspirateurs » militaires à la prison.

Si nous sommes encore à un stade précoce dans cette lutte, deux conclusions pourraient déjà être tirées en toute sécurité : avec une grande faille maintenant béante au sein de l'AKP entre les partisans d'Erdogan et de Gulen, il est très improbable qu'a l'avenir le parti n'obtienne  un vote approchant  

de loin la moitié des voix qu'il a obtenu lors des dernières élections, ce qui lui a donné un niveau de force politique sans précédent dans l'histoire turque moderne. Erdogan a désormais peu d'espoir de transformer la Turquie en une République présidentielle et lui-même à sa tête pendant une autre décennie ou deux. Deuxièmement et c'est peut-être encore plus important, avec l'exonération de l'establishment militaire qui apparemment n'est juste qu'une question de temps maintenat, le scandale de la corruption et les abus antérieurs du pouvoir judiciaire pourraient faire des dommages durables à l'idéologie islamiste en Turquie.
— Alex Alexiev est senior fellow à l'évaluation du renseignement et du Strategy Center à Washington, D.C

vendredi 10 janvier 2014

La Turquie veut contrôler et censurer internet

Un projet de loi  permettra aux autorités de limiter l'accès à Internet et de suivre toutes les actions des personnes en ligne et de conserver ces registres pendant deux ans, selon le quotidien turc Hürriyet. via Elder Of Ziyon

Trois articles sur l'utilisation d'Internet ont été discrètement inclus dans un vaste projet de loi sur la politique sociale et les familles par le  Ministère de la structure organisationnelle et les responsabilités, a révélé hier Yalçın Doğan, un chroniqueur du quotidien Hürriyet.

Le projet de loi permettra aux fonctionnaires de limiter plus facilement des mots-clés , ce qui signifie l'accès à des vidéos sur des sites de partage vidéo tels que YouTube qui comprennent des mots-clés jugés problématiques par les autorités turques et qui seront ainsi bloqués.

Les dossiers Internet de tous les individus, y compris des détails sur les sites qu'ils ont visités, où les mots qu'ils ont recherchée sur le web ainsi que toute leur activité sur les sites de réseaux sociaux, seront conservés pendant un ou deux ans, selon le projet de loi.

Les fournisseurs Web seront également obligés de devenir membres d'un nouveau syndicat Internet qui doit être formé sous le contrôle du gouvernement.

Le projet de loi vise à "protéger la famille, les enfants et les jeunes à partir d'éléments sur l'Internet qui encouragent la toxicomanie, la violence sexuelle et le suicide ", selon le quotidien Hürriyet.

jeudi 2 janvier 2014

Turquie: fin de partie économique , politique et géo politique

L’éminent économiste et analyste géo- politique , David P Goldman,dans PJMedia a écrit cette analyse de la situation en Turquie que je vous adapte ici:

La fin de la Caverne aux merveilles d'Erdogan: Je-Vous-L'avais-Bien-Dit 
27 décembre 2013 - 02:09

La Turquie s'écroule. La coalition islamiste entre le parti AKP de Tayyip Erdogan et la nébuleuse islamiste autour de Fetullah Güllen , qui a écrasé l'armée laïque et l'establishment politique, a volé en éclats. Les Gulenistes, qui prédominent dans les forces de sécurité, ont arrêté les fils des plus importants ministres du gouvernement pour avoir aidé l'Iran à blanchir de l'argent et contourner les sanctions et dix membres du cabinet de M. Erdogan ont démissionné. La monnaie de la Turquie est en chute libre, et ce n'est que le début des problèmes du pays: presque deux cinquièmes de la dette des entreprises sont en devises étrangères, de sorte que le coût de la dette augmente à chaque fois que la livre turque recule. Les actions turques se sont écroulées (et ont baissé de 5% supplémentaires en valeur-dollars en début de séance vendredi). Comme l'illustrent les graphiques ci-dessous, c'en est fini du miracle économique de la Turquie.

Il ya deux ans j'ai prédit un effondrement économique de la Turquie. Le Miracle économique tant vanté de M. Erdogan provient principalement de l'immense expansion du crédit pour alimenter un boom de l'importation, ce qui laisse le pays avec un déficit de 7% du PIB de la balance courante (environ le même que celui de la Grèce avant la faillite) et une montagne croissante de dette extérieure à court terme.

Les Etats du Golfe ont continué à financer la facture des importations de M. Erdogan, manifestement parce qu'ils voulaient maintenir à flot un pouvoir sunnite comme contrepoids à l'Iran. Peut-être qu'ils ont eu assez du double jeu de la Turquie avec les Perses. Et les investisseurs crédules continuaient a acheter des actions turques. J'ai réitéré mon avertissement que la Turquie allait imploser à intervalles réguliers, par exemple ici . C'est fini.

La Turquie est une économie au mieux, médiocre, avec des travailleurs peu instruits, sans capacité de haute technologie, et des marchés en contraction en Europe déprimée et dans un monde arabe instable. Son avenir économique pourrait bien être de devenir dépendante de la Chine, tandis que s'etend vers le Bosphore la ligne ferroviaire à grande vitesse , la "Nouvelle Route de la Soie".

Pendant les dix dernières années, que n'avons nous pas entendu, ad nauseam, sur le «modèle turc» de «démocratie musulmane». L'administration de George W. Bush avait courtisé Erdogan, avant même qu'il ne devienne premier ministre, et Obama a fait des pieds et des mains pour faire d'Erdogan son principal ami dans la politique étrangère. J'ai ridiculisé cette notion pendant des années, par exemple dans cet  édito de 2010 pour Tablet .

Cette notion  de "modèle turc"était erronée depuis le début. La Turquie n'était pas en mesure de devenir une puissance économique de quelque nature que ce soit: il manquait le personnel et les compétences pour en faire quelque chose de mieux qu'une  industrie manufacturière de moyenne technologie. Ses islamistes n'ont jamais été des démocrates. Le pire de tout, est que sa démographie est aussi mauvaise que celle de l'Europe. Les Turcs ethniques ont un taux de fécondité proche de 1,5 enfants par famille, tandis que la minorité kurde a quatre enfants par famille. Dans une génération , la moitié des jeunes hommes seront issus de familles où le la première langue est le kurde.

Tableau forUSD / TRY (TRY = X)
Taux de change Livre Turque / Dollar USA
Jan 2012 à Jan 2014

pouriShares Graphique MSCI Turquie (TUR)
Valeur cumulée des actions turques
en bas : volume des échanges en millions de $
Source: Yahoo
Notre establishment [américain] de la politique étrangère, démocrate comme républicain, était tellement épris de la notion de démocratie musulmane qu'il prenait la dictature naissante de M. Erdogan et son économie à type de bulle financière pour l'objet de son désir. En Juin 2012, par exemple, David Ignatius du Washington Post s'est vanté que l'amitié d'Obama pour Erdogan avait "payé de gros dividendes". Dixit Ignatius:
Tandis que le président Barack Obama cherchait son chemin dans la politique étrangère au cours de ses premiers mois au pouvoir, il a décidé de développer une amitié avec le Premier ministre turc, le déterminé Recep Tayyip Erdogan. Au cours de la dernière année, cet investissement en Turquie a commencé à payer des grosses dividendes - ancrant la politique des Etats-Unis dans une région qui semble parfois à la dérive.
L'influence de M. Erdogan était évidente cette semaine tandis qu'il avait organisé une réunion à Istanbul du Forum économique mondial qui a célébré la stabilité du «modèle turc» de la démocratie musulmane face à la tourmente du printemps arabe. Un panneau portait le titre lyrique:  "la Turquie comme source d'inspiration."
Maintenant que la fumée de haschisch s'est dissipée, la Caverne aux Merveilles d'Erdogan s'est transformée en un bac à sable, et l’establishment de la politique étrangère américaine,  n'a rien d'autre qu'une migraine à montrer pour les années d'adulation de ce prétentieux d'Anatolie.

Tandis que la Turquie décroche et s'écaille en parallèle avec la Libye, l'Egypte, le Liban, la Syrie et l'Irak, nous devons conclure que, depuis le départ, l'ensemble du projet qui était de ramener la stabilité dans le monde musulman, n'était qu'un rêve au coin du narguilé. A part l'État d'Israël et quelques monarchies sunnites qui survivent grâce à leur richesse pétrolière, nous assistons à l'effritement du Moyen-Orient. 

Le mieux que nous puissions faire est de nous isoler des retombées.