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jeudi 1 novembre 2012

Prêtre maronite au Liban : les juifs complotent pour detruire la foi chretienne. C'est écrit dans les Protocoles des Sages de Sion.


MEMRI (via Elder of Ziyon) rapporte cette déclaration affligeante du père  Joseph Mouannès,  qui croit à la véracité du faux antisémite tsariste, "les Protocoles des Sages de Sion" qui a influencé Adolf Hitler et que l'Allemagne Nazie a diffusé dans le monde.

Ce livre fait partie des best-sellers au Moyen Orient avec "Mein Kampf". Le Moyen Orien est intoxiqué par la propagande nazie à un point inimaginable en occident. Ce prêtre est représentatif de la civilisation dont il est issu. Le Vatican devrait réagir dans ce genre d'opinion incompatible avec la religion professée par un catholique (les Maronites sont des Catholiques)  - d'autant plus après Vatican II.

Voici donc l'adaptation de l'interview:
Prêtre libanais Joseph Mouannès: "Les Protocoles des Sages de Sion" Appelent à détruire le christianisme" 
Ci-dessous des extraits d'une interview avec le prêtre  Libanais Maronite le Père Yousuf Mouannas, qui a été diffusé sur Al-Manar TV [La Chaîne du Hezballah du Liban] le 7 Octobre  2012. 
Père Joseph Mouannès : Les Protocoles des Sages de Sion, surtout à Bâle, comprenait une décision appelant à la destruction de la famille en général, de la famille chrétienne, de l'Église catholique, de Jésus-Christ, et de la croyance en une religion - en particulier la foi des chrétiens et des musulmans. Tout cela est dans Les Protocoles des Sages de Sion .

Mais qui est le père  Joseph Mouannès? Peut être ne s'agit-il que d'un obscur prêtre inculte?
Hélas , non.

C'est un ancien Recteur de l'Université Saint-Esprit de Kaslik au Liban (1998-2001) et un enseignant dans cette même université à la Faculté Pontificale de Théologie

Il est le secrétaire de La Commission Episcopale Pour les Moyens de Communication Sociale au Liban (C.E.M.C.S.) qui a été fondée par l’Assemblée des Patriarches et des Evêques Catholiques au Liban (A.P.E.C.L.) en 1968.
Voici un extrait de son statut et de son organigramme:

·      Elle œuvre au nom des Eglises Catholiques dans le Pays et collabore avec toutes les Eglises et Communautés chrétiennes aussi bien que les communautés musulmanes.
IV-        MEMBRES, BRANCHES ET RESPONSABLES
    1- Comité Central:      - Président: S.E. Mgr Bechara Rai, archevêque maronite de Jbeil.
         - Vice-Président: R.P. Elie Sader, Provincial de la Congrégation de Jésus Rédempteur.
         - Secrétaire:           R.P. Joseph Mouannès, O.L.M. 
    2- Le Centre Catholique d’Information  (C.C.I.) :
      -   Directeur: R.P. Abdo Abou Kassm.
-          M. Maurice Aboujaoudé: rédacteur en anglais.
-          M. Habib Chlouk, Dr. Antoine Matta, M. Saêd Elias et Mademoiselle   Rebecca Abou Nader : membres.                          
3- Presse écrite:
- Responsable: R.P. Joseph Mouannès, O.L.M.




mardi 2 octobre 2012

Mgr Béchara Raï patriarche Maronite : l'unique problème du moyen orient c'est Israël. Les chrétiens doivent defendre l'Islam.

Printemps Islamiste?  Guerre civile en Syrie avec plus de morts que n'ont fait TOUTES les guerres Arabo-Israéliennes confondues? Corruption ? Tribalisme? Retour de l'obscurantisme et de l’arriération du Moyen Age?

La seule solution à tout cela selon Mgr Raï, le Patriarche Maronite : l'établissement d'un état palestinien et le retour des réfugiés en Palestine [en fait en Israël] . Car l'unique problème des arabes qui s'aiment sans arrière pensée  est... l'existence d'Israël. Les arabes sont unis comme les doigts de la main, c'est bien connu, les dizaines de milliers de morts ne sont que le résultat d'un complot - sans doute sioniste.  C'est ce qu'insinue le - "que l'on essaie de disperser" - de la déclaration du Patriarche. Le complot de qui d'autre que des sionistes tant haïs par ce prélat qui se prétend porteur d'un message d'amour universel ?

Pardon , le Patriarche est porteur de la vérité sur... l'Islam! 

« les chrétiens du monde arabe se doivent de présenter au monde occidental la vérité à propos de l’islam"
Sous entendu , les chrétiens du monde arabe doivent défendre l'islam, en dire du bien. En être des prosélytes en somme.
  Mgr Raï , quand convertirez vous , quand irez vous en pèlerinage à la Mecque?!?


L'Orient le Jour
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a été reçu à l’ambassade du Liban à Budapest en présence du nonce apostolique en Hongrie Alberto Bottari et de personnalités diplomatiques arabes, dont l’ambassadeur palestinien.

Mgr Raï a déclaré que « les chrétiens du monde arabe se doivent de présenter au monde occidental la vérité à propos de l’islam, car les musulmans et les chrétiens d’Orient se connaissent et ont construit leur identité ensemble ».

« Nous, chrétiens et maronites, sommes soucieux de vivre dans la paix et l’amitié avec tous les peuples arabes, a affirmé le chef de l’Église maronite.


Le Liban a un rôle important à jouer à ce propos, pour ce qu’il propose comme diversité communautaire dans l’unité, et comme exemple de démocratie où les droits de l’homme et les libertés publiques sont respectés, à commencer par la liberté de religion.
De qui se moque Mgr Raï?!? L’unité?!? Au Liban?!?
Seule la menace des armes syriennes a arrêté la guerre civile libanaise. C'est parce qu'un seul parti - le Hezballah - est mieux armé et plus puissant que l'armée libanaise, qu'aucune autre communauté n'ose reprendre les hostilités. Le sud du pays est en réalité une enclave de l'Iran. Le gouvernement n'y exerce aucune autorité. Voilà pour l'unité.

Les parlementaires anti syriens sont tués les uns après les autres, leurs assassins gouvernent, quelle bel exemple de démocratie, de liberté!

Les Droits de l'Homme ne sont pas respectés au Liban : demandez aux bonnes (souvent chrétiennes , Mgr Raï...) qui se voient confisquer leur passeport PAR LA POLICE à l'arrivée dans le pays, qui sont maltraitées , réduites en esclavage, droit de cuissage inclus, demandez aux hommes suspectés d’homosexualité qui subissent des examens dégradants par des policiers fascisants. Demandez aux opposants syriens réfugiés  qui disparaissent ou qui sont remis sans plus de procès aux mains de la Gestapo syrienne. Ah, demandez surtout aux "frères"  palestiniens qui subissent un véritable apartheid  interdiction d'exercer des dizaines de professions, interdiction d'être propriétaires  interdiction de se faire naturaliser alors qu'ils sont nés sur le sol libanais de parents et de grands parents eux mêmes nés au Liban alors que tout autre arabe a le droit de demander la naturalisation.

La liberté de religion est respectée? J'y croirais complètement lorsqu'un juif pourra s'y promener avec la kippa et le reste et ...ne pas se faire lyncher.

Le Liban et le monde arabe sont porteurs d’un message culturel et d’un patrimoine que l’on essaie de disperser. Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde arabe le conduit à sa propre perte, à sa destruction et à la création de nouveaux conflits. L’affaire principale dans notre région reste le conflit israélo-palestinien et le conflit israélo-arabe, chose que les peuples arabes ne doivent pas oublier en se laissant aller vers de nouveaux conflits entre eux. »


Sur ce, le patriarche a appelé la communauté internationale à mettre en application la résolution de 1948 stipulant l’instauration d’un État palestinien et le retour des réfugiés en Palestine.

Là Mgr Raï termine sur un autre mensonge. La résolution de 1948 ne stipulait PAS l'instauration d'un état Palestinien. L'ONU n'a pas le droit de créer des états, c'est dans sa charte fondatrice. L'ONU n'a pas le droit de fixer des frontières. En 1948 l'ONU a proposé un plan de partition de la Palestine. Cette proposition de partition a été ACCEPTÉE par les Juifs et REFUSÉE à l'unanimité par les Arabes.

dimanche 11 mars 2012

Patriarche Maronite : La Syrie est la plus proche d’une démocratie !

 Le père Patrick Sabater tient un blog passionnant  (chrétiens d'orient) d'où est tiré l'article suivant avec mes commentaires sur une interview que le patriarche maronite Mgr Béchara Raï donne à Reuters et reprise par le journal libanais L'Orient le Jour du 5 mars 2012 (article désormais  réservé aux abonnés - hier il était en accès libre). Mgr Raï fait beaucoup de politique (d'apaisement et de soumission aux puissants) et peu de religion. Dommage !

Dans une interview accordée hier à l’Agence Reuters, le chef de l’Église maronite, Mgr Béchara Raï, a longuement commenté les bouleversements arabes, exposant les craintes qu’ils font naître chez lui, notamment au niveau du dossier syrien. Mgr Raï a dit "avoir peur pour tout le monde", précisant que "l’état de guerre, la violence, les problèmes de sécurité et la crise économique frappent aussi bien les musulmans que les chrétiens, sachant que ces derniers en sont davantage affectés parce qu’ils sont moins nombreux".

Bien sûr Mgr Raï feint d'ignorer que la haine de nombreux musulmans pour tous ceux qui n'ont pas la même religion qu'eux est la cause principale des persécutions subies par les chrétiens - et par toutes les autres minorités religieuses...
Un contre-exemple est flagrant : les Alaouites sont une minorité en Syrie (12% de la population ?) ;  ils ne sont pas "affectés d'avantage" que les Sunnites qu'ils massacrent.


En réponse à une question, il s’est interrogé sur "l’utilité de la démocratie si elle doit générer des meurtres et une instabilité", mais en précisant : "Nous nous exprimons d’un point de vue ecclésiastique pour dire que c’est l’être humain qui donne un sens à tout."

Là encore , la démocratie ne génère PAS des meurtres et l'instabilité, c'est la haine, l'absence de freins moreaux et de forces de police.
Mgr Raï ne dit pas UN mot du massacre perpétré par le gouvernement syrien.

La Syrie n’est pas la seule dictature dans la région.
Estimant que c’est le conflit israélo-palestinien qui est "la principale cause de toutes les crises du Moyen-Orient", ainsi que les obstacles "internationaux" à son règlement, le patriarche a déploré la politique de deux poids, deux mesures appliquée au niveau international en faveur d’Israël.
Voyons, le "conflit israélo-palestinien" (alias Israël) est responsable : du massacre des syriens par Bachar Al Assad, de la guerre larvée sunnites/chiites en Iraq, de la guerre civile au Yemen, de la violente oppression des Shiites au Bahrein, de la guerre larvée de la Turquie contre les Kurdes, de la persécution des chrétiens en Iraq, celle des Coptes en Égypte, des conflits sectaires au Liban. Le "conflit israelo-palestinien" (Israël) a bon dos !
 "La Syrie est la plus proche d’une démocratie", a-t-il affirmé, tout en insistant : "Je ne veux pas qu’on me comprenne comme si je soutenais le régime syrien."
COMMENT doit-on le comprendre ?!?

"Nous ne nous opposons à aucun régime et nous n’en soutenons aucun dans le monde. Au Liban, nous avons trop souffert à cause du régime de Damas. Nous ne le défendons pas. Nous sommes seulement consternés de voir que la Syrie, qui essaie de progresser, est le théâtre de violences, de destructions et d’hostilités", a soutenu Mgr Raï, qui a dit ne pas redouter l’islam modéré.
La Syrie (alias Bachar Al Assad) essaie de progresser - en tuant plus d'opposants ?

"Nous craignons en revanche les groupes extrémistes qui ont recours à la violence", a-t-il observé, en affirmant redouter plus particulièrement, "en Syrie, une période de transition qui pourrait constituer une menace pour les chrétiens d’Orient".
Mais Mgr Raï ne craint pas le groupe extrémiste au pouvoir de Bashar Al Assad qui a recours à la violence !

Faisant état de "plans destructeurs établis dans le cadre des politiques internationales", Mgr Raï a jugé que ce sont "des États et non pas les peuples qui soutiennent financièrement, militairement et politiquement les mouvements intégristes".
Ah, les "plans destructeurs" (alias "le complot" sioniste et impérialiste américain ou de son laquais l'Arabie Saoudite - rayez la mention inutile), il ne manquait que cette figure imposée du politiquement correct du monde arabe. Bien sûr, des centaines de milliers protestent chaque semaine depuis un an, en se faisant tirer comme des lapins, uniquement parce qu'ils seraient télécommandés comme des zombies par des mystérieux "plans destructeurs" ! Affligeant !

mercredi 21 septembre 2011

Le Patriarche Maronite du Liban, Mgr Bechar Rai, s'aligne sur Damas et sur le HezbAllah

Daily Star Lebanon

Pour la prémiere fois le patriarche maronite du Liban a rendu visite dans le fief du HezbAllah , Baalbek-Hermel, où il avait été chaleureusement accueilli par un haut responsable du mouvement  chiite.

Le patriarche chiite Mgr Bechara Raï a réitéré son soutien à Bachar Al Assad par crainte du devenir des chretiens de la région si le "plan pour le Nouveau Moyen Orient qui est le démembrement  des pays arabes en mini états confessionnels" aboutissait.


 Mgr Bechara Raï a affirmé que le HezbAllah ne devait remettre ses armes à l'Etat qu'en cas de règlement global des conflits du Moyen Orient ce qui est la position officielle de ce mouvement.

mardi 13 septembre 2011

Le Patriarche Maronite Béchara Raï défend Bachar Al Assad

Depuis toujours les chefs religieux du moyen orient sont de facto des leaders bien temporels de leur communautés.  Mgr Béchara Raï, Patriarche Maronite du Liban ne fait pas exception à la régle: il fait de la politique comme les autres.


 Le Liban est vassal de la Syrie, les chrétiens ont été réduits à se soumettre et en tant que libanais et en tant que minorité religieuse depuis des siècles , les actes d’allégeance au Pouvoir relèvent d'un automatisme  Pavlovien.


En voici un exemple flagrant et choquant. Dira t-on plus tard de  Mgr Béchara Raï qu'il était " Le Patriarche d'Assad" comme on a pu dire (et je pense, injustement. Il n'a jamais prononcé quoi que ce soit d'équivalent)  de Pie  XII " le Pape d'Hitler"?

La Croix cite les propos du Patriarche Maronite Raï, qui a été reçu lundi par Nicolas Sarkozy et François Fillon. Après s’être entretenu, mercredi, avec le cardinal André Vingt-Trois, il a répondu aux questions des journalistes au siège parisien de la Conférence des évêques de France:

Le patriarche Raï s’est aussi montré très nuancé sur la révolte en cours en Syrie : « J’aimerais qu’on donne plus de chance à Bachar Al Assad », a-t-il confié sans détour, incitant à se garder « de lire la réalité orientale avec une vision occidentale » : « Assad a engagé une série de réformes, et il faut donner plus de chance au dialogue interne afin d’éviter la violence et la guerre. Il ne s’agit pas pour nous de soutenir le régime. Ce que nous craignons, c’est la transition… »

 
Naïm Darwish écrit dans le Courrier International :
"Saddam Hussein, qui a détruit son pays, a-t-il protégé les chrétiens ? Le régime égyptien, dont on a appris qu'il attisait les divisions confessionnelles, a-t-il servi les chrétiens ? Le régime syrien, qui a alimenté le chaos en Irak en provoquant la fuite de ses chrétiens et qui a empêché ceux du Liban de participer au pouvoir pendant sa tutelle [1976-1995], a-t-il fait du bien aux chrétiens ? Question plus grave : est-ce que la présence et le rôle des chrétiens dans certains pays étaient liés à l'injustice et à la répression exercées à l'encontre d'autres confessions ?"

mardi 15 mars 2011

Liban. Beshara Rai,71 ans, élu nouveau patriarche maronite

Le Télégramme
Mgr Beshara Rai a été élu ce mardi nouveau patriarche maronite du Liban, en remplacement du cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, 91 ans, qui avait annoncé en janvier sa démission après avoir dirigé l'Eglise pendant 25 ans, a-t-on appris de source ecclésiastique.

"Notre joie n'a pas de limites", a déclaré Mgr Boulos Nasrallah, membre de l'archidiocèse de Mgr Rai à Jbeil, au nord de Beyrouth, alors que les cloches sonnaient à travers le pays. A 71 ans, Mgr Rai succède à Mgr Sfeir à la tête de l'Eglise catholique maronite au Liban, la plus puissante du pays. Il est le 77e patriarche depuis l'arrivée des premiers disciples de Saint Maron au Liban en provenance de Syrie, il y a plus de 1.500 ans.

Sera t-il aussi courageux que Mgr Sfeir, à qui il succède, pour défendre l’indépendance de son pays vis à vis de la Syrie et de l'Iran?


voici une interview diffusée sur la chaine KTO où nous pouvons découvrir son visage:




Mgr Béchara Raï, nouveau Patriarche Maronite par KTOTV

vendredi 11 février 2011

Le général Aoun en pèlerinage en Syrie à Brad: un pas de plus vers un califat Iranien dans la région

L'orient le Jour 

Brad, où l'on célèbre désormais un culte étrange et inédit à saint Maron, est certainement le lieu de tous les paradoxes.

Le chef du CPL (Courant Patriotique Libre-  mouvement d'Aoun) , bombardé aujourd'hui Grand Pontife des cérémonies à Brad, se targuait autrefois d'être le chantre de la laïcité, rejetant catégoriquement le titre réducteur de « général chrétien » dont voulait l'affubler à tout prix la presse internationale en 1989.
L'ultrasouverainiste de naguère, qui refusa à raison toutes les ingérences de toutes sortes dans les affaires internes, spécialement celle de Damas, se rend désormais au palais des Mouhajirine pour discuter des quotas de participation au sein du prochain cabinet. Il en avait d'ailleurs été de même à la veille de la formation du cabinet Hariri, fin 2009.

Celui qui avait mis en garde, à peine sorti de l'avion qui le ramenait de son exil parisien, contre un syndrome de Stockholm qui garderait les Libanais sous l'emprise et la fascination de leurs anciens ravisseurs syriens a malheureusement pris goût, semble-t-il, à se faire rappeler à l'ordre - qui plus est par son ancien ennemi juré et nouveau protecteur. Dès qu'il commence en effet à faire triomphalement monter les enchères, c'est ipso facto la convocation à la Sublime Porte qui suit, et un retour à un réalisme plus amer...

Ce n'est là qu'un petit exemple de la somme de contradictions - on pourrait en citer bien d'autres, comme la lutte féroce contre le féodalisme politique chez les autres et la pratique népotiste manifeste chez soi - qui jalonnent le parcours du chef du CPL.
Mais là n'est pas l'essentiel. Le plus grave, dans la démarche de Brad, ne concerne pas Michel Aoun, mais la communauté qu'il instrumentalise - mais saisit-il la portée réelle de ses actes ? - à des fins politiques et idéologiques.


Durant toute leur histoire, les maronites se sont distingués par leur territorialité. Le Liban est, pour eux, le foyer national par excellence, à l'image de ce qu'est l'Arménie aux arméniens ou la Petite Serbie aux Serbes. Les maronites ont été jusqu'au bout de la territorialisation en déployant tous leurs efforts, autour du patriarche Hoyek, pour créer l'entité libanaise. La volonté actuelle de leur créer une antenne spirituelle en dehors du territoire de leur identité nationale historique, et ce en jouant sur les mythes et les représentations religieuses de l'inconscient collectif, est non seulement inédite mais de plus folklorique et artificielle. Elle ne découle guère d'une volonté de redécouvrir un patrimoine spirituel quelconque. Elle cherche à combler une crainte au niveau de la psyché chrétienne en faisant miroiter l'image d'une soi-disant « reconnaissance » extraterritoriale de leur présence et de leur patrimoine.

Mais la réalité est plus dangereuse : il s'agit d'ancrer les maronites comme une minorité orientale supplémentaire dans le cadre d'une idéologie dominante, celle de l'alliance des minorités. Le fait que saint Maron a vécu jadis dans la Syrie romaine est une aubaine, puisque le lieu de culte concerné se trouve justement dans le territoire du régime qui distille depuis trois décennies cette idéologie dont le général Aoun est devenu aujourd'hui le porte-parole sur le plan chrétien.

Derrière l'initiative pseudospirituelle de Brad, il y a donc un intérêt politico-idéologique : celui de couper la communauté maronite de son ancrage territorial libanais, et de la diluer au contraire dans une culture de l'espace similaire à celle contre laquelle mettait en garde l'imam Mohammad Mahdi Chamseddine dans son Testament, celle qui a conduit une partie des chiites à rechercher un projet particulier et extraterritorial autour du wilayet el-faqih et de Téhéran. Il se trouve d'ailleurs que cette faction chiite particulière, le Hezbollah, est le partenaire du général Aoun dans son projet, au sein du fameux document d'entente de Mar Mikhaël.

Un retour aux sources n'est pas mauvais en soi. Une aspiration à l'universalité non plus. L'Exhortation apostolique et le synode ont tous les deux exprimé cette volonté maronite libanaise de rester attachés à leur identité - rendue possible grâce à la territorialisation libanaise, où réside leur patriarche - tout en évoluant, en réseau, dans leurs différents points de chute à travers le monde, et en Occident surtout. Mais le processus aounien est une perversion absolue de cet axe directeur : il œuvre, à l'opposé, à un ancrage politique à la Syrie, en utilisant le domaine religieux comme outil de persuasion, avec pour objectif ultime la consécration de l'alliance des minorités. Une alliance dont le visage se précise à la lumière des récents propos de Ali Akbar Salehi concernant un « nouveau Moyen-Orient islamique », au sein duquel les minorités, gouvernées par des ethnarques, seraient noyées au sein de l'espace impérial du wilayet el-faqih iranien.

Là où l'Exhortation apostolique visait à former des citoyens ouverts sur le monde, l'objectif du pèlerinage de Brad, s'il finit par rentrer dans les coutumes, sera de consacrer le statut des maronites comme celui d'une minorité recluse sur elle-même dans la peur et toujours à la recherche d'un protecteur providentiel.

jeudi 20 janvier 2011

Le Patriarche maronite du Liban, Nasrallah Sfeir, aurait présenté sa démission au pape

Jérusalem Religions
La concomitance de la chute du gouvernement et de l’annonce d’une démission du patriarche maronite a été très mal reçue par l’opinion. Une source autorisée, proche de Bkerké, a fait le point pour « L’Orient-Le Jour ».
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a-t-il « démissionné » ? C’est ce qu’a affirmé hier l’Agence nationale d’information (ANI-officielle) dans une dépêche qui affirmait : « Après une rencontre avec Mgr Nasrallah Boutros Sfeir, le ministre Boutros Harb a annoncé que le patriarche avait présenté sa démission au Saint-Siège, lui demandant de le décharger de ses fonctions. »
« Le Vatican n’a pas encore tranché », a ajouté l’agence, sans élaborer. La veille, le quotidien al-Chark avait publié une nouvelle en ce sens, qui avait été démentie par le patriarcat maronite. Hier, et avant que M. Harb ne se prononce, l’évêque maronite du Batroun, Boulos Émile Saadé, avait démenti aussi la nouvelle, estimant que « sa diffusion par certains organes de presse vise à créer une confusion entre le religieux et le politique ».
Qu’en est-il au juste ? Selon une source autorisée proche du patriarcat maronite, le patriarche Sfeir a effectivement fait part au pape Benoît XVI, au cours de son dernier séjour à Rome, il y a quelques semaines, de son intention de se démettre de ses charges. Au Liban, il l’aurait annoncée aux membres du synode des évêques maronites, sous le sceau de la confidentialité. Il ne pouvait prévoir que le bruit parviendrait jusqu’à la presse, et surtout qu’il coïnciderait avec la chute du gouvernement. Selon la source citée, « il ne faut pas se perdre en conjectures et se laisser aller à des spéculations qui ne servent ni les intérêts des chrétiens, les maronites en particulier, ni ceux des Libanais. Le patriarche Sfeir continuera de tenir la barre du navire, en sage timonier, jusqu’au moment où le Saint-Père dira son mot.
« La décision du patriarche Sfeir de remettre le flambeau à un successeur, après 25 ans de règne patriarcal dans les circonstances les plus délicates qu’ait connues de son histoire, et nonobstant le fait qu’elle ait été formulée verbalement ou par écrit, ou des deux manières, ne prendra sa forme définitive qu’après son acceptation par le pape, qui pourrait y surseoir provisoirement. Ce qui s’est passé est assimilable à une déclaration formelle d’intention. Le Vatican n’y est strictement pour rien. Aucune proposition, aucune suggestion n’a été formulée en ce sens par le Saint-Siège. » En privé, des sources proches du patriarche affirment que le chef de l’Église maronite a atteint l’âge de 90 ans, et que, malgré son étonnante forme et sa clairvoyance intellectuelle, il s’agit là d’un « seuil psychologique » dont il a décidé qu’il fallait tenir compte.
Ces mêmes sources ajoutent que le patriarche a été excédé par le carriérisme de certains évêques qui, tout en faisant son éloge, manifestaient à son égard une certaine impatience. C’est ainsi qu’il a été plus gêné que flatté de l’annonce qu’un jubilé sacerdotal, épiscopal et patriarcal lui était préparé pour mai prochain, à l’occasion de son anniversaire.
Le cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, âgé de 90 ans, est à la tête de l’Église maronite depuis 1986. Il est le 76e patriarchemaronite depuis l’arrivée des premiers disciples de saint Maron au Liban, il y a plus de 1 500 ans. Au-delà de son leadership religieux, il a joué un rôle considérable dans la vie politique du Liban. C’est notamment à son appel en 2000 que le mouvement opposé à l’hégémonie de la Syrie, alors puissance de tutelle depuis trois décennies au Liban, a commencé à prendre de l’ampleur, jusqu’au retrait des troupes syriennes en 2005, dans la foulée de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Source : Par Fady NOUN, L’Orient-Le Jour, 17/1/2011